Derrière chaque église propre, chaque autel fleuri, chaque prière silencieuse, il y a eux : ces héros du quotidien. Journaliste, collaboratrice d’Aleteia et auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité, Bénédicte de Saint-Germain publie un ouvrage sur “Le club des saints minuscules”, ces gens que nous croisons tous les jours, dans l’église ou dans notre quartier, et auxquels nous ne pensons pas. Le sacristain qui balaie le parvis tous les matins, la dame qui fleurit l’autel, la célibataire qui cuisine pour les prêtres, la vieille dame qui prie pour les autres, autant de vies, de gestes discrets, que personne ne voit, et qui, grâce à ce livre, vont apporter au lecteur un autre regard, une source de gratitude et pourquoi pas l’envie d’appartenir à son tour au club !
Aleteia : Comment vous est venue l’idée d’écrire sur ces personnes qui s’engagent pourtant si discrètement ?
Bénédicte de Saint-Germain : Par mon métier de journaliste, je rencontre tous les jours des personnes intéressantes, aux vies riches et inspirantes, mais je les interroge sur une question précise, un “angle” comme on dit dans notre métier. Et souvent, cela me frustre, car ils m’ont raconté tant d’autres belles choses, sur leur vie, leurs engagements, que j’aimerais en dire plus. Alors, souvent, en rentrant de l’interview, après avoir rendu l’article, je continuais à écrire pour moi, afin de garder une trace et de faire un portrait plus complet de ces rencontres. Et puis, lors d’un déjeuner professionnel, je croise un éditeur du Cerf qui me confie son souhait d’écrire un jour sur les gens qui rendent des services gratuitement. “J’ai ce qu’il te faut!” lui dis-je alors, et je lui ai proposé une trentaine de portraits.
Ces "saint minuscules" nous montrent la beauté de ces gestes gratuits, auxquels personne ne pense, et qui sont pourtant si précieux.
Que nous disent-ils, ces gens qui portent l’Église discrètement et pourquoi on ne les voit pas ?
Ils nous montrent la beauté de ces gestes gratuits, auxquels personne ne pense, et qui sont pourtant si précieux. Je m’inclus dans cet oubli, par exemple quand j’étais jeune maman, à la messe, je donnais des biscuits pour tenir mes enfants sages, je repartais soulagée si cela avait été le cas, sans penser une seconde à la personne qui derrière moi allait ramasser toutes les miettes ! Et pourtant, le dimanche d’après, l’église était toujours bien propre. Qui pense à remercier ceux qui sont montés au grenier dans le froid, chercher les caisses, les descendre, installer les personnages ou aller chercher le feuillage en forêt ? Ou encore ceux qui allument les 150 bougies à 6 heures du matin pour les messes de l’aurore qui attirent de plus en plus de croyants tant cela nous porte ?
Quels messages nous enseignent-ils ces saints du quotidien ?
Leur présence est à contre-courant de la société et pourtant c’est elle qui rayonne. Ils font des actes gratuits, quand tout est consommation, agissent dans le temps long et en profondeur, alors qu’on vit dans l'immédiateté et l'éphémère, et ils sont fidèles alors qu’on nous pousse à laisser de côté quand on aime plus. Voilà la définition de ces saints minuscules, ces saints du quotidien, et ce sont eux qui nous montrent le chemin du Bon Dieu. C’est pour cela que je voulais les faire connaître. Cela pose aussi une question: le sens du service est-il toujours autant partagé aujourd'hui ? Est-ce que les jeunes, les débordés, s'investiront à leur tour dans ces petits services discrets à l’église ? Sans doute une bonne question à se poser en famille lors du déjeuner de Noël !
Pratique :









