Dans tous les foyers, janvier arrive avec sa routine habituelle : l’un va jeter le sapin de Noël, l’autre finit de nettoyer les effusions du réveillon... Ces tâches s’installent dans des habitudes bien ancrées, parfois même accompagnées de formules toutes faites : "Peux-tu m’aider avec ça ?", "Je l’ai fait pour toi.", "Peux-tu t’occuper des devoirs ce soir ?".
Le problème, ce ne sont pas les corvées. Des corvées, il y en a toujours. C'est la grammaire. Et son poids dans nos petites phrases du quotidien. Mais peut-être existe-t-il une autre manière de tourner ces formulations ? Un changement radical et libérateur. De nombreuses actions traditionnellement adressées à son conjoint sont, en réalité, destinées à l’ensemble de la famille : la petite communauté vivante que le Catéchisme appelle "l'Église domestique", dont chaque membre du foyer fait partie.
Le choix du bon pronom
Border les enfants, réviser les tables de multiplication, sortir les poubelles, préchauffer le four : rien de tout cela n’est fait pour figurer sur une liste. Ce ne sont pas des faveurs déposées sur un compte "mariage", mais des responsabilités partagées du foyer, qui appartiennent aux deux conjoints à parts égales. Ce changement de perspective est important, surtout au début de l’année, période où le stress de la reprise du travail et de l’école, après les vacances, a tendance à révéler les petites failles dans une relation. Les couples qui, d'ordinaire, vivent une relation harmonieuse peuvent se surprendre à tenir des comptes en silence : qui en fait le plus, qui est le plus épuisé etc.
Ce changement peut commencer par le choix du bon pronom. La question : "Peux-tu m'aider avec telle ou telle chose ?" peut être remplacée par : "Que puis-je faire pour nous ?", non pas pour faire preuve d'esprit, mais en reconnaissant sincèrement que la vie de famille est partagée. Cette formule témoigne d'un partenariat, et non d'une performance, ou d'une accumulation de mérites domestiques. Cela dissipe l'idée qu'un conjoint empiète sur le domaine de l'autre en tant que bénévole occasionnel.
Le mariage, communion des personnes
Les philosophes ont toujours souligné que le langage façonne l'imagination, et que l'imagination façonne les relations. Pour les catholiques, cette évolution s'inscrit pleinement dans la conception chrétienne du mariage comme communion des personnes, un partenariat orienté vers le bien des époux et des enfants qui leur sont confiés. Lorsque le foyer devient "notre œuvre" plutôt que "ton œuvre" ou "mon œuvre", les tâches quotidiennes prennent une dimension plus riche : elles contribuent à l'édification continue d'une culture familiale. Cela enseigne aussi aux enfants une vérité essentielle. Lorsqu'ils entendent "Aidons la famille à faire la vaisselle" au lieu de "Aidons maman", ils comprennent que la responsabilité n'est pas un fardeau et que prendre soin des autres n'est pas une faveur.
Alors, en ce début d’année, pourquoi ne pas changer le langage utilisé à la maison ? Troquer le "toi" et le "moi" contre un "nous" plus authentique. Cela ne fera pas disparaître comme par magie le désordre sur le plan de travail, ni les jouets prêts à être rangés à minuit, mais peut transformer l'atmosphère et l'enthousiasme avec lesquels les tâches sont accomplies. Le mois de janvier et ses résolutions invitent chaque foyer à reconnaître que tout est à vivre ensemble.

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