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[HOMÉLIE] Comment les bergers reçurent la grâce de la paix

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L'adoration des bergers, James Tissot.

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Jean-Xavier Salefran - publié le 31/12/25
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Vice-recteur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, don Jean-Xavier Salefran commente les lectures de la solennité de Marie, Mère de Dieu. Les bergers, qui reçurent les premiers l’annonce de la naissance de Jésus, sont nos devanciers. Suivons-les car ils nous dévoilent l’itinéraire qui conduit à recevoir la bénédiction de la paix.

Le 1er janvier est traditionnellement le jour où l’on s’échange les meilleurs vœux pour l’année qui commence. En guise de vœux, la liturgie nous fait entendre l’antique bénédiction que les prêtres, fils d’Aaron, prononçaient sur le peuple élu : "Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix" ! (Nb 6, 24-26) La bénédiction de l’ancienne alliance annonçait la révélation du visage du Seigneur qui seul donnerait la paix véritable. Cette promesse avait fait se lever dans le cœur des justes une espérance invincible. Désormais ils attendaient l’accomplissement de la promesse en priant avec le psalmiste : "Que ton visage s’illumine pour nous" (Ps 66). 

Hâte des bergers et hâte de Marie

Ce sont de simples bergers qui reçurent les premiers l’annonce de la bonne nouvelle de la part de l’ange du Seigneur. Ils sont donc nos devanciers. Suivons-les car ils nous dévoilent l’itinéraire qui conduit à recevoir la bénédiction de la paix. Tout d’abord, ils "se hâtèrent" d’aller à Bethléem. Les bergers sortent de leur torpeur nocturne, de leurs préoccupations, de leurs rêveries. Ils quittent leurs pauvres gîtes et même leurs habitudes pour se rendre à Bethléem. La Révélation est un don de Dieu mais elle appelle un mouvement de notre part, une recherche fervente. Elle suppose de quitter ses habitudes et parfois son confort pour aller voir ce que l’on ne connait pas. 

Comme les bergers, nous sommes invités à nous tourner ensemble vers la crèche pour que la paix règne non seulement dans nos cœurs mais aussi entre nous.

Cette hâte des bergers fait penser à l’empressement de la Vierge Marie enceinte qui va rejoindre sa cousine Élisabeth. La venue du Seigneur introduit dans le cœur des hommes un nouvel élan que l’on appelle la grâce. Celui qui accueille la Révélation fait l’expérience d’une vie nouvelle. La paix commence à poindre lorsque l’on accueille avec docilité la grâce divine.

Trésor de la contemplation silencieuse

Puis, les bergers "découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire" (Lc 2, 16). Les bergers ne commencent pas parler mais par regarder. La grâce qui les a faits se lever leur donne maintenant de contempler. Ils ne regardent pas seulement avec les yeux du corps mais avec les yeux de la foi. Ils reconnaissent dans cet enfant le Sauveur annoncé par les anges et promis par les prophètes. Nous pouvons être surpris que l’évangile mentionne à ce moment-là Marie et Joseph. Pourtant, le souvenir de cette jeune mère et de Joseph est demeuré dans la mémoire des bergers. La paix de l’Enfant rayonnait sur leurs visages. 

Les bergers nous enseignent la valeur de la contemplation silencieuse. À leur suite, les mages venus d’Orient découvriront l’enfant et sa mère. Ils se prosterneront devant lui avant de lui offrir ce qu’ils ont de plus beau. Avec eux, notre regard émerveillé devient adoration. Depuis 2000 ans, nous ne cessons de découvrir le trésor qui est dans l’évangile. Ce trésor est une personne, Jésus-Christ, le prince de la paix. En le contemplant, nous recevons sa paix. Comme les bergers, nous sommes invités à nous tourner ensemble vers la crèche pour que la paix règne non seulement dans nos cœurs mais aussi entre nous.

Dans la louange et l’action de grâce

Enfin, les bergers repartirent en glorifiant et en louant Dieu "pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu" (Lc 2, 19). C’est la troisième étape de leur itinéraire. L’adoration se prolonge dans la louange et l’action de grâce. L’expérience des bergers ne risque pas de sombrer dans l’oubli mais demeure vivante dans leurs mémoires. Ils peuvent donc retourner à leurs troupeaux sans craindre de perdre la paix. Ils la conserveront dans la mesure où ils chanteront ensemble la louange du Dieu fait homme. 

Au début de cette nouvelle année, confions à la Vierge Marie, Mère de Dieu, l’intention de la paix. En cette Journée mondiale pour la paix, demandons qu’en nous tournant résolument vers le Christ, nous soyons des artisans de paix dans nos familles et dans le monde.

Lectures de la solennité de Marie, Mère de Dieu :

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