Né au Royaume-Uni, le concept de dry january ("janvier sobre") est désormais assez bien installé en France. Mais le mois de janvier est aussi le celui de la manifestation de Dieu à l’Épiphanie. Alors, en ce début d’année civile, pourquoi ne pas faire briller sa lumière, révélée à Noël, autour de soi ?
"Soyez sobres", conseille saint Pierre à ses disciples dans sa première lettre, très en avance sur son temps. Depuis quelques années, en effet, la France voit naître une campagne de santé publique venu du Royaume-Uni, le fameux dry january ou "janvier sobre", souvent traduit "défi de janvier". Les associations, à défaut des pouvoirs publics, invitent ainsi, le premier mois de l’année civile, à ne pas consommer d’alcool. Une manière de rappeler que celui-ci tue presque 30.000 personnes par an dans l’Hexagone, et de se remettre de la soirée de la Saint-Sylvestre, synonyme d’immodération semble-t-il.
"Soyez sobres" donc. Mais le mois de janvier est surtout, si l’on s’attache à la liturgie, celui de l’Épiphanie, principale solennité qui, le premier dimanche, donne la tonalité des jours qui suivent. Et qu’est-ce que cette fête, sinon la contemplation des mages, "des hommes en recherche de la lumière véritable qui peut guider nos vies" selon l’expression du pape Benoît XVI en 2011 ? En eux, l’Église perçoit que l’humanité tout entière, au-delà de l’Israël de Dieu, a soif de clarté : "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière" (Is 9, 1) annonce le prophète Isaïe dans la première lecture de la messe de la nuit de Noël. En eux, les fidèles comprennent que la lumière n’est pas la brillance fugace d’une étoile mais qu’elle se niche dans la faiblesse dans laquelle, seule, s’exprime l’amour. En eux, tout homme est appelé à suivre un nouveau chemin, détourné de lui-même mais transformé de l’intérieur par la rencontre avec le Verbe.
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L’illumination d’une grande découverte
"La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée" développe l’apôtre Jean dans le prologue de son évangile qui est lu à la messe du jour de Noël. Après être parvenus à la crèche grâce à l’étoile, les mages ont dû repartir sans ce guide éclatant. Ils étaient en revanche lumineux comme on l’est lorsque l’on a découvert quelque chose d’important : eurêka, dit-on à l’école d’Archimède, ce que les dessinateurs de bandes dessinées, avec pertinence, représentent par une ampoule allumée. Eurêka se sont peut-être exclamés les savants orientaux, heureux de comprendre l’incompréhensible, heureux d’avoir suivi leur raison et de revenir chez eux avec la foi. À leur école, le premier mois de l’année ne peut-il pas être un brightjanuary, un "janvier lumineux" ? Un mois durant lequel, après avoir saisi devant la crèche combien l’obscurité du cœur est transfigurée par le Dieu sauveur, comment le Prince de la paix transforme ce monde par sa vulnérabilité, chacun porte aux autres, porte en lui et sur son visage la clarté divine. "Fais briller en nos cœurs la splendeur de ta gloire, demande ainsi le missel dans la collecte de la messe de la veille au soir de l’Épiphanie, nous pourrons ainsi traverser les ténèbres de ce monde et parvenir à la lumière éternelle du ciel, notre patrie". Et la prière après la communion d’ajouter : "que l’étoile de justice brille toujours en nos esprits". "Pour que tous les peuples soient illuminés du mystère du salut" (préface), il faut bien que ceux qui l’ont découvert en rayonnent.












