"Mon seul objectif était de lui prendre son arme et de l'empêcher de tuer des êtres humains, des innocents". Deux semaines après l'attentat de la plage de Bondi en Australie, Ahmed al Ahmed, l'un des héros qui s'est opposé aux assaillants, a témoigné avec humilité sur son geste dans un entretien accordé le 29 décembre à la chaîne américaine CBS.
Le 14 décembre, alors que de nombreux Juifs fêtent Hanoukka sur la plage de Bondi à Sydney, deux terroristes, un père et son fils lourdement armés ouvrent le feu, faisant au moins 15 morts et une quarantaine de blessés. Face à l'horreur, plusieurs personnes s'interposent courageusement pour tenter d'empêcher le massacre, parmi lesquelles ce propriétaire d'un bureau de tabac, père de deux enfants, d'origine syrienne.
Les images de vidéo surveillance qui ont depuis fait le tour du monde le montrent, arrivant sur le côté et sautant sur Sajid Akram, le père du second terroriste. "J'ai sauté dans son dos, je l'ai maintenu avec ma main droite, et je l'ai averti en lui disant: 'Lâche ton arme, arrête ce que tu es en train de faire', tout est allé très vite", détaille-t-il à CBS. "Et émotionnellement, je ressentais une force intérieure, dans mon corps, dans ma tête… Je ne voulais pas voir des gens se faire tuer sous mes yeux, je ne voulais pas entendre son arme, je ne voulais pas voir des gens crier et supplier, appeler à l'aide. C'était mon âme qui me demandait d'agir". Parvenant à prendre le dessus sur Sajid Akram, il se saisit de l'arme et parvient à le mettre en joue, faisant reculer l'assaillant. Cela ne l'empêche pas de recevoir cinq balles, tirées par Naveed Akram de plus loin. Hospitalisé, ses jours ne sont pas hors de danger, mais il a dû subir plusieurs opérations. Une cagnotte en ligne a permis de récolter près de deux millions de dollars pour lui venir en aide. "L'ai-je mérité ?", questionnait-il reconnaissant.
Le geste courageux de ce père de famille a ému le monde entier. "Ahmed a fait preuve du courage et des valeurs que nous recherchons en Australie" a ainsi déclaré le ministre de l'Intérieur Tony Burke. Loin d'en tirer une quelconque gloire, Ahmed al Ahmed regrette de n'avoir pu faire davantage. "Je sais que j'ai sauvé beaucoup de vies, mais je suis désolé pour celles qui ont été perdues", a-t-il ajouté.








