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Pour l’année qui vient, souhaitons-nous la fidélité

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Xavier Patier - publié le 30/12/25
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À contre-courant du monde et de ses modes illusoires, la fidélité est un témoignage d’espérance qui sauve nos âmes. Comme exemples de ces cœurs fidèles, l’écrivain Xavier Patier donne l’amour des époux et celui des prêtres qui prêchent dans la nuit.

Dans un conte florentin du XVe siècle, un démon obtient la permission d’aller passer une année sur terre. Là, il se marie, mais au bout de quelques semaines il s’écrie : "J’en ai assez ! Je retourne en enfer." Il fallait Julien Green pour citer cette histoire. Green avait besoin de se persuader que le mariage était infernal, lui qui se savait condamné à vivre un autre enfer que celui du mariage. Derrière chaque mot d’ironie sur le couple, nous trouvons toujours une immense aspiration au bonheur. La vérité, n’en déplaise au conte florentin, est que le mariage est le paradis. Il a été inventé avant la Chute. Il y a même des théologiens pour expliquer qu’il est la seule institution de l’Eden à avoir survécu à la Chute.

Ils se tenaient la main

Comme le paradis, l’amour commence sur terre et c’est pourquoi il est le paradis même dans la souffrance qu’il apporte, car cette souffrance sur la terre est la préparation du Ciel. Au Ciel, toute notre vie regardée en perspective nous semblera composée de souvenirs heureux parce que nos souvenirs, même les plus cruels, nous les verrons enfin comme une préparation à la rencontre définitive avec l’amour de Dieu.

La fidélité tient bon quand le monde vacille. Elle tient bon non pas en serrant les dents, mais en ouvrant son cœur. La foi professée dans la nuit est encore plus belle.

Observons les vieux couples chrétiens : ils nous montrent Dieu. J’en ai remarqué un à la messe de minuit dans notre église de campagne, petite église remplie comme elle ne l’était pas ces dernières années. Immobiles, à peine inclinés l’un vers l’autre, les deux époux écoutaient ensemble la divine liturgie. En regardant de plus près, on voyait qu’ils se tenaient la main. Proches, différents, amoureux : ce que Dieu avait uni, quarante années de vie commune ne l’avaient pas séparé. On avait envie de leur dire, comme dans la parabole : "C’est bien, bons serviteurs, vous avez été fidèles en peu de chose, le Christ va bientôt vous en confier beaucoup, entrez dans la joie de votre maître." Ils auraient sans doute répondu : "La joie de notre maître, nous y sommes déjà."

La fidélité conjugale, cette fidélité en peu de choses — qui en certaines heures auront été en réalité beaucoup de choses — est un signe de Dieu. À ceux qui doutent, Dieu donne le signe des couples fidèles. Au plus profond de la souffrance, la joie des mariés ne s’éteint jamais.

Plus forte que le temps

Pour l’année qui vient, souhaitons-nous la fidélité. Ce n’est pas une vertu à la mode, la fidélité. On ne cesse de nous inciter à changer d’abonnement téléphonique, de fournisseur Internet, de compagnie d’assurance, de banque, de paroisse ou de voiture, et l’on s’étonnerait que la fidélité spirituelle ou conjugale ne soit moquée ? La fidélité est plus forte que le temps et notre époque a déjà capitulé devant le temps. Le malentendu est total.

La fidélité tient bon quand le monde vacille. Elle tient bon non pas en serrant les dents, mais en ouvrant son cœur. La foi professée dans la nuit est encore plus belle. J’ai une admiration profonde pour ces prêtres qui, dans leurs heures de désert et de tristesse, sont capables de mettre de l’espérance dans leur homélie. Ce martyre quotidien insoupçonné est un trésor qui sauve nos âmes. Ces prêtres fidèles recevront le centuple, quand bientôt le Christ les prendra dans ses bras.

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