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On connaît le titre de la première encyclique de Léon XIV

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Léon XIV répondant aux questions des journalistes dans l'avion, 2 décembre 2025.

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Hortense Leger - avec I.Media - publié le 29/12/25
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Le bruit court depuis octobre que Léon XIV s’apprêterait à sortir la première encyclique de son pontificat sous le nom de Magnifica Humanitas ("Magnifique Humanité"). Un texte qui devrait aborder la dignité humaine à l’ère de l’intelligence artificielle et des mutations sociales contemporaines : un écho à peine voilé à la lettre Rerum novarum du pape Léon XIII, publiée en 1891.

Une publication très attendue. Depuis l’été 2025, le pape Léon XIV travaillerait à la rédaction d’une première encyclique. Son nom ? Magnifica Humanitas ("Magnifique humanité"), un texte qui s’inscrirait dans la lignée de Rerum novarum, encyclique du pape Léon XIII  (1878-1903) ayant posé les bases de la Doctrine sociale de l’Eglise. Interrogé en novembre 2025, le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, a annoncé que le document ne porterait pas seulement sur l’intelligence artificielle, une thématique qui intéresse particulièrement Léon XIV, "mais sur la situation générale de la société". Le cardinal a affirmé s’attendre à ce que le document soit publié "prochainement".

La dignité humaine 

Le titre probable de cette encyclique, qui peut se traduire par "Magnifique humanité", évoque indéniablement la notion de dignité humaine qui demeure "magnifique" même lorsque la technique tend à la menacer ou la réduire. Sa compréhension nécessite une clé d’interprétation : celle du nom choisi par le pape actuel, "Léon XIV". Il s’agit d’une référence directe à Léon XIII, pape de la fin du XIXème siècle. Son pontificat a particulièrement été marqué par la publication de l’encyclique Rerum Novarum.

Celle-ci résonne comme un coup de tonnerre, lorsqu’elle est publiée en 1891, puisqu’elle traite d’un thème particulièrement brûlant pour l’époque : la question ouvrière. Léon XIII y décrit un monde remodelé par des "progrès remarquables dans les arts et de nouvelles méthodes industrielles", caractérisé par une concentration des richesses, une pauvreté généralisée et des monopoles. Il y énonce des principes pour concilier le conflit entre capital et travail : le droit de propriété comme principe naturel, un salaire juste, le repos les jours fériés, la protection des plus vulnérables etc. Ce conflit résonne d’une autre manière, plus d’un siècle après. Aujourd’hui s’opposent la force humaine et celle de la machine, au cœur même du travail. Une question dont se saisit régulièrement le pape depuis le début de son pontificat. 

"Une certaine perte [...] du sens de l’humain"

Lors de la deuxième Conférence sur l’intelligence artificielle (IA), l’éthique et la gouvernance d’entreprise,  le 20 juin 2025, Léon XIV avait publié un message à l’endroit des leaders du secteur, décideurs politiques et chercheurs internationaux. Il s’y était notamment inquiété des conséquences de l’intelligence artificielle sur le développement neurologique des jeunes. Reconnaissant le "potentiel extraordinaire" d’un "produit exceptionnel du génie humain", il avait aussi exprimé sa préoccupation au sujet des conséquences de l’IA sur le "développement intellectuel et neurologique" des enfants et des jeunes. "Notre jeunesse doit être aidée et non pas entravée dans son cheminement vers la maturité et la véritable responsabilité", avait-il insisté. 

 "[Il faut] préserver la dignité inviolable de chaque être humain."

Plus globalement, Léon XIV se fait l’écho, depuis le début de son pontificat, de son prédécesseur le pape François, pour diagnostiquer "une certaine perte [...] du sens de l’humain" dans les sociétés. Soulignant que l’IA est "avant tout un outil", il s’inquiète de "son utilisation abusive à des fins égoïstes, au détriment d’autrui, voire pire, pour attiser les conflits et l’agression". Léon XIV engage à "reconnaître et respecter ce qui est proprement humain". Le critère éthique supérieur, selon le Pape, doit être de "préserver la dignité inviolable de chaque être humain et respecter les richesses culturelles et spirituelles ainsi que la diversité des peuples du monde".

Il est ainsi plausible, dans cette première encyclique, que le Pape souligne la primauté de la conscience et de la responsabilité personnelle : face à des systèmes opaques, le chrétien est appelé à pratiquer la vérité, la transparence, la justice sociale et à rejeter toute instrumentalisation de l'humain.          

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