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Huit chefs de chœur qui donnent un souffle nouveau à la liturgie

Paul Couturier, chef du choeur Adorate, à l'église Notre-Dame de l'Assomption de Chéroy (89).

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Marthe Taillée - publié le 29/12/25
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Ils ont à peine 22 ans, ils sont passionnés. Un peu partout dans les diocèses de France, émergent de nouveaux chefs de chœurs qui entendent redonner un souffle nouveau à la musique sacrée et à la liturgie dans les églises.

Alliant souci d’exigence et esprit fraternel, ces jeunes chefs animés d’une foi profonde, portent tous en eux le désir de conduire, par la beauté du chant sacré, les âmes à Dieu. Formés en conservatoire, en académie musicale ou en manécanterie, la plupart ont appris le grégorien, et remettent la liturgie au goût du jour en puisant dans ce trésor inestimable laissé par l’Église à travers les siècles. Tous portent en eux le désir de transmettre leur passion aux fidèles, et aussi aux plus jeunes en dirigeant par exemple des maîtrises d’enfants. En voici quelques figures, parmi la trentaine de jeunes chefs œuvrant aujourd’hui à Paris et dans toute la France. 

1LOUIS-MARIE GAUTIER

Louis-Marie Gautier

À 20 ans, Louis-Marie Gautier suit des cours de direction de chœur, d'orgue et d'écriture au conservatoire à Angers où il a grandi. En parallèle, il est en 3e année de musicologie à l’Université catholique de l’Ouest, et élève du Chœur grégorien de Paris.

Passionné par la musique sacrée et l’histoire de la liturgie de l’Église, il en transmet les trésors aux 25 chanteurs du chœur Ad Caelum qu’il a créée en 2020. "On chante mieux une œuvre quand on comprend pourquoi elle a été écrite. La musique est un art que Dieu nous a donné. Le chanteur doit l’utiliser comme un outil, et prendre possession de son talent pour booster sa foi et se mettre au service de l'Église. Donc pour ça, il faut se former" résume le jeune chef qui entend aussi "faire connaître la musique sacrée au public par les concerts" .

Il se destine à devenir musicien professionnel et aimerait former des chanteurs de tous âges. "Le renouveau liturgique passe par la formation des enfants et les maîtrises. C’est aussi une formidable formation humaine à tous les niveaux", indique Louis-Marie qui à travers de désir de transmission, se sent "redevable" de ce tout ce qu’il a reçu. 

2MARIE TRANVOUEZ

Marie Tranvouez

Marie Tranvouez a créé le chœur Triforium en 2019. Pour cette violoniste et chef de chœur de formation, l’apprentissage au long cours est fondamental pour offrir de la qualité. "Nous formons nos choristes en technique vocale ou en déchiffrage" explique cette bretonne originaire de Sainte-Anne-d’Auray, qui n’exige pas d’audition pour intégrer le chœur. À la tête d’une trentaine d’étudiants et de jeunes professionnels, elle s’émerveille de leur progression, mais aussi de leur cheminement spirituel. "C’est beau de voir des choristes, dont certains ne sont pas baptisés, s’investir, progresser et prendre confiance en eux. C'est une aventure humaine passionnante !" observe la maestria, qui souhaite aussi transmettre son amour de la musique sacrée au public.

"On essaie de relier les concerts, une dizaine par an, au calendrier liturgique. Dans le cadre d'une messe, le but est de remettre la musique sacrée dans sa vocation première qui est de conduire à Dieu" indique Marie, qui propose un répertoire diversifié et a remis au jour des cantiques bretons.

3MATHILDE KOHN

Mathilde Kohn.

Jeune mariée, Mathilde Kohn a découvert la passion du chant par le biais des écoles maîtrisiennes d’Angers et Rennes. Cette ancienne étudiante à l’ICES de la Roche-sur-Yon s’est formée en direction de chœur et en grégorien. Aujourd’hui, elle dirige plusieurs ensembles parmi lesquels les Petits chanteurs de Rueil qu’elle a créé il y a sept ans, et qui accueille les enfants à partir de 3 ans. "Plus tard, ils créeront leur chœur à leur tour" espère Mathilde qui se destinait à être institutrice et souhaite transmettre sa passion. Elle a récemment étoffé les pupitres avec un chœur de parents, donnant aux Petits chanteurs une dimension chaleureuse et familiale.

Car pour Mathilde, "tout le monde est capable de chanter, l’être humain est fait pour louer". "Le renouveau liturgique passe par la diversité : de Glorious au Grégorien en passant par les motets à quatre voix. Il ne faut pas s'enfermer dans un répertoire mais s’enrichir de différents styles, pour rejoindre toutes les sensibilités" analyse-t-elle. Dans cette optique, elle dépoussière avec les enfants les cantiques d’autrefois. "S’ils sont bien composés, dans une vraie recherche liturgique, on ne s’en lasse pas. En y apportant un joli phrasé, ils sont même très beaux !" sourit la jeune femme qui voit la liturgie comme un trésor que l’Église a entre les mains depuis des siècles. D’ailleurs, elle enseigne la technique vocale aux séminaristes. "Si les prêtres sont sensibles au chant, les messes seront belles, et si les messes sont belles, les églises se rempliront."

4PAUL COUTURIER

Paul Couturier

À 21 ans, Paul Couturier est en 3e année de médecine à Lille après une reconversion à la suite d’études d’ingénieur. Après deux ans comme Petits Chanteurs à la Croix de Bois, il a poursuivi sa scolarité à l’Académie Musicale de Liesse jusqu’au baccalauréat. Il a créé le Chœur Adorate ! en 2024. L’ensemble d’un très bon niveau, qui donne des concerts et anime des messes dans la région lilloise, se compose de 19 choristes et de huit instrumentistes. "Je leur dis que même si le travail est exigeant, on le fait pour Jésus" explique Paul, qui propose à chaque concert une pièce grégorienne afin de "renouer avec la tradition liturgique".

Chaque concert se termine par un quart d’heure d’adoration. "J'explique aux gens que les paroles qu'ils viennent d'entendre sont tournées vers Dieu" raconte le maestro. Il arrive que des gens se convertissent. "La musique n'est qu'un outil pour élever l'âme. Elle fait partie de mon équilibre de vie", confie Paul. Ce "goût du beau et de la perfection", il le doit à l’Académie musicale de Liesse qui a forgé l’homme exigeant et passionné qu’il est devenu aujourd’hui. 

5PAUL THEUERKAUFF

Paul Theuerkauff

Paul Theuerkauff, 25 ans, vit à Bordeaux, d’où il est originaire. Chef de chœur, organiste, compositeur, il est élève en "Pôle supérieur" de Paris- Boulogne en direction de chœur et d’orchestre, dans le but de devenir musicien professionnel.

Il s’est formé au conservatoire de Bordeaux, et aux États-Unis pendant deux ans. Une formation déterminante pour Paul à double-titre : ce fils de parents athées qui "a toujours eu la foi" a décidé à son retour de recevoir la confirmation dans l’Église catholique, conviction dont il n’a "jamais douté". Par ailleurs, marqué par la liturgie anglicane enracinée dans l’histoire (célébrations chantées en polyphonie, grégorien…) et "qui n’a pas connu la rupture de Vatican II", il a aujourd’hui à cœur de redonner des couleurs à la liturgie dans nos églises françaises. Paul a créé Le Chœur du Chapeau Rouge, un ensemble féminin semi-professionnel proposant de la musique sacrée, et le Quatuor liturgique composé de quatre choristes dont lui-même assure la voix de ténor. Soucieux de transmettre aux plus jeunes la richesse de la liturgie, il donne des cours de technique vocale aux enfants de la maîtrise de Bordeaux.

6ROGATIEN DESPAIGNE

Rogatien Despaigne

Chef de chœur, organiste, diplômé en chant grégorien, Rogatien Despaigne est en classe de direction de chœur au "Pôle Supérieur" de Paris-Boulogne dans le but de devenir chef de chœur professionnel. Ce jeune marié de 25 ans originaire de Bougival (78) a créé le chœur Ephata en 2017. Un ensemble de 40 choristes, étudiants ou jeunes professionnels, dotés d’un très bon niveau musical.

Le chœur "chante" des messes une fois par mois et donne régulièrement des concerts. "L’objectif est de partager notre passion et de diffuser au plus grand nombre la richesse du répertoire choral et de la musique sacrée" indique Rogatien. "Nous mettons aussi la musique au service de la liturgie, en rendant grâce à Dieu pour les immenses compositeurs qu’il nous a donnés et les dons de nos voix" complète le jeune maestro qui dirige également plusieurs maîtrises d’enfants à Paris et alentour. "J’espère leur donner le goût de la musique et de l'héritage spirituel, et tout ce qu'il véhicule".

7AUGUSTIN DECLERCQ

Augustin Declercq

Étudiant de 22 ans, Augustin Declercq a grandi à Paris. Il a commencé la musique par le piano et le chant en maîtrise. Cet ancien élève de l’Institut de Philosophie Comparée (IPC) a créé le chœur De Cælo en septembre 2024. L’ensemble, qui comprend actuellement 50 choristes, est accompagné d’un orchestre à dimension variable selon le répertoire. Il répète chaque semaine à Notre-Dame du Travail dans le but de donner des concerts.

Accompagné d’une pianiste et d’un professeur de technique vocale et de solfège, le jeune chef poursuit trois objectifs : "musical, liturgique et amical". Le chœur participe à l’animation de quelques messes ainsi que des "veillées du travail" dans la paroisse qui l’accueille. Pour porter ces projets, Augustin se forme au conservatoire et continue les cours à l’IPC, car selon lui, "la philosophie guide toutes les expériences". Touche à tout, passionné de sport, de bricolage, de littérature et de voyages, il s’est récemment inscrit en formation de boulangerie pour élargir son expérience dans un autre type d’art, afin de pouvoir transmettre plus tard ce qu’il a reçu en créant un projet d’éducation intégrale.

8CELESTIN VANNEUFVILLE

Célestin Vanneufville

Organiste, chef de chœur, Célestin Vanneufville étudie la direction de chœur à Paris. En dehors des cours, ce musicien originaire de la Somme qui a suivi toute sa scolarité à l’Académie Musicale de Liesse, est organiste à l’église Sainte-Marie des Batignolles et assure des remplacements dans d'autres églises parisiennes. Il a créé le chœur Gabriel Fauré en 2024. Ce chœur, issu du chœur de la Madeleine (8e) qu’il dirigeait auparavant, comprend une vingtaine de choristes étudiants et jeunes professionnels. L’ensemble "chante" quatre à cinq messes par an en région parisienne, et donne six concerts par an. 

Pour Célestin, 20 ans, le but de ce chœur et de "renouer avec le répertoire sacré du chant choral, avec les grands compositeurs comme Bach ou Mozart. Et de servir la liturgie". Avec "exigence et pédagogie", il y voit aussi un "objectif de formation et de faire grandir les chanteurs". Célestin veille à ce que tous se sentent investis. "Chacun est important et a sa place dans un chœur" insiste celui qui n’hésite pas à "organiser un dîner convivial de temps en temps".

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