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Pourquoi le siège de la Commission européenne s’appelle le Berlaymont ? 

Siège de la Commission Européenne, à Bruxelles.

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Bérengère de Portzamparc - publié le 28/12/25
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Situé dans le quartier européen de Bruxelles, l’immense bâtiment en forme de croix qui héberge la Commission européenne s’appelle le Berlaymont. Une référence chrétienne en hommage aux Dames du Berlaymont, religieuses dédiées à l’éducation, qui fêtent cette année leur 400 ans d’existence, malgré les nombreux soubresauts de l'histoire.

Que l’on soit bruxellois ou touriste de passage, difficile de passer à côté du quartier européen, situé à l’Est de la capitale belge où se trouvent les quatre grandes institutions européennes: le Parlement européen, le Conseil européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne, elle-même abritée dans un immense bâtiment en forme de croix, baptisé le Berlaymont. Construit en 1967 par les architectes Lucien De Vestel, Jean Gilson et André et Jean Polak, sa forme interpelle, tout comme son nom, qui est le fruit d’une longue histoire de femmes religieuses : les dames du Berlaymont. 

C’est en effet sur ce site, que se trouvait jusqu’à son expropriation pour cause “d’Europe”, l’école des dames du Berlaymont. Pour justifier ce départ contraint, il a alors été promis que le lieu garderait une trace de leur passage, en donnant son nom à ce bâtiment moderne où siègent aujourd’hui les 27 membres de la Commission européenne dont la présidente, Ursula Von Der Leyen. 

Une longue histoire d’expropriation

Fondé en 1625 par la comtesse Marguerite de Lalaing, épouse du comte Florent de Berlaymont, les Dames du Berlaymont sont un ordre de chanoinesses, dédiées à l’éducation des jeunes filles. Marguerite de Berlaymont a une grande foi, et a reçu une très bonne éducation. Elle s'attriste donc de voir le peu d’attention portée à l’éducation des jeunes filles plus nécessiteuses et décide de leur consacrer sa fortune et son temps en créant cet ordre de chanoinesses éducatrices. "Je suis navrée et toute marrye de voir l'éducation des jeunes damoyselles en sy fascheux estat", écrit-elle ainsi à l’époque. Comme elle est propriétaire d’un grand terrain tout près de la Grand-Place de Bruxelles, elle décide d’y faire bâtir un monastère et une école, puis elle recrute des religieuses, qui vont devenir enseignantes.

Un siècle et demi passe, et voilà la Révolution française, avec son lot de destructions et de terreur. Le couvent des Dames du Berlaymont est saccagé, les religieuses se réfugient dans un quartier plus haut dans la ville. Mais voilà que quelques décennies plus tard, il est décidé de construire dans ce quartier l'immense Palais de Justice. Nouvelle expulsion pour les Dames du Berlaymont qui s'éloignent à l’est de la ville, rue de la Loi, où il y a encore de grandes étendues de champs, de quoi vivre tranquille au bon air de la campagne ! Las, la ville ne cesse de grossir, et cette fois c’est toute l’Europe qui décide de s’y implanter ! Nouvelle négociation avec l’Etat belge qui propose tout de même une solution: un terrain en échange dans le domaine d'Argenteuil à Waterloo et la promesse que le tout nouveau bâtiment européen portera leur nom en souvenir de leur bâtiment… rasé ! 

Être utile à tous, ne nuire à personne

Depuis les années 60, le centre scolaire du Berlaymont est désormais implanté sur plusieurs hectares dans le domaine d'Argenteuil, situé à la lisière de la forêt de Soignes, sur la commune de Waterloo. Devenu un établissement mixte dans les années 90, il accueille près de 2.000 élèves et 53 nationalités. Si la vie des bâtiments semble désormais assurée, tout comme l'enseignement qui y reste réputé, l’ordre des chanoinesses des Dames du Berlaymont ne s’y trouve plus, et des laïcs ont pris leur suite, gardant toutefois la devise de l’ordre "être utile à tous, ne nuire à personne". Et pour fêter dignement les 400 ans de ces Dames du Berlyamont (1625-2025), les professeurs et les équipes de direction ont organisé tout au long de l’année des expositions, des animations et même un son et lumière sur les murs de l’école en novembre dernier. Une année dédiée pour faire acte de mémoire et de reconnaissance à ces religieuses qui ont traversé les siècles et les aléas de l’histoire, restant toujours fidèles à leur vocation tournée vers Dieu et l’éducation des jeunes. Un bel exemple à suivre pour l’Europe toute entière. 

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