"Notre mission est simple : conduire les saints plus près de vous, où que vous soyez." Affichant un large sourire, Anthony Di Mauro, jeune américain vivant à Washington, se montre particulièrement enthousiaste ce 8 novembre : à l’occasion de la journée mondiale de la vénération des reliques, il lance les débuts de son grand projet baptisé "The relic project" (le projet des reliques). Le but ? Retrouver et faire l’inventaire des milliers de reliques dispersées dans le monde, pour mieux les faire connaître et raffermir la dévotion des fidèles pour les grands saints qui ont jalonné l’histoire. Un projet ambitieux, que le jeune homme porte avec humilité.
Son aventure est partie d’une situation personnelle, vécue il y a près de cinq ans : "Après avoir découvert une relique cachée dans ma paroisse natale, quelque chose s'est éveillé en moi, confie-t-il au journal américain National Catholic Register. J'ai commencé à en chercher d'autres dans mon diocèse, pour finalement réaliser combien de trésors sacrés étaient cachés ou non répertoriés." Ce jeu de piste le mène rapidement à cette réflexion : "L'Église a besoin d'une base de données complète sur les reliques, afin que nous puissions vraiment savoir ce que nous possédons, où elles se trouvent et comment les fidèles peuvent bénéficier de ces trésors qui se trouvent parmi eux."
Des reliques de la vie
Cette nouvelle base de données a été créée dans la lignée du travail de saint Carlo Acutis, patron du projet, autour des miracles eucharistiques. Missionnaire, ce projet vise à faire connaître le catholicisme au plus grand nombre, "par la documentation, l’authentification et le partage de reliques sacrées". Concrètement, cette carte interactive, qui répertorie pour l’heure 600 reliques, permet aux utilisateurs d’explorer les reliques par saint, lieu ou catégorie, en cliquant sur un endroit ciblé de la carte. Sur leur site, les fondateurs du projet rappellent ce qu’est une relique et la manière dont est vérifiée leur authenticité.
Son projet, titanesque, relève avant tout d’un besoin spirituel, que le jeune homme considère comme en voie de disparition. "Nous aspirons à permettre à l’Église dans son ensemble de grandir en sagesse et en piété à travers les saints, et ainsi d’approfondir notre adoration de Dieu." Les reliques sont pour lui "un rappel vivant que le ciel est plus proche que nous le pensons". "Ces petits fragments — des os, des tissus, un morceau de l'habit d'un saint — ne sont pas des reliques de la mort, mais de la vie." Problème : "De nombreuses reliques à travers le monde sont cachées ou mal comprises", estime-t-il. "Certaines n'ont pas de traces écrites, d'autres sont entreposées, et d'autres encore risquent d'être perdues à jamais. L'Église nous a transmis cette tradition sacrée depuis 2.000 ans, mais nous risquons de la perdre de vue." En effet, entre dispersions de milliers de petits fragments dans le monde, falsification et revente de ces objets il y a quelques siècles, l’Église ne dispose pas à l’heure actuelle d’un outil qui lui dise avec précision combien il existe de reliques et où elles se trouvent.
La vénération des reliques est une démarche très ancienne. D’abord limitée au Christ, aux instruments de sa Passion et aux premiers martyrs, elle s’est rapidement étendue à tous ceux à qui l’on attribuait des miracles. Aujourd’hui, les fidèles se déplacent en nombre pour les vénérer. "Les saints ne sont pas des figures éloignées du passé. Ils sont les compagnons de notre voyage dans la foi", rappelle Anthony Di Mauro, très enthousiaste. "Notre initiative est plus qu’un projet, elle est un mouvement."

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