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Tandis que certaines églises sont profanées, fermées, ou abandonnées, d’autres, parfois à l’inverse, renaissent. Et ce par le travail patient de fidèles et de leurs prêtres convaincus que la beauté n’est pas un luxe, mais une nécessité spirituelle, et que l’âme a besoin de beauté. À Bouillé-Loretz, l’église Saint-Pierre-ès-Liens, au sud de Saumur, est de celles-là.
En 2016, un incendie ravage l’édifice. Le choc est immense. Mais aux côtés de son curé, l’abbé Christian Métais, une association se mobilise, la paroisse se rassemble, la municipalité s’engage, les donateurs répondent présents. Sept ans plus tard, l’église rouvre ses portes. Restaurée en profondeur et magnifiée, rendue au culte en 2023, elle se tient désormais lumineuse, plus belle encore qu’avant l’épreuve. La voute du chœur entièrement démontée sera reconstruite à l’identique, les lustres en pampilles de cristal permettent aux regards de s’élever… "Beau est votre nom, nous c’est notre programme !", résume, enthousiaste le président de l’association paroissiale à l’archevêque de Poitiers, Mgr Jérôme Beau, venu bénir le nouveau vitrail. À cette occasion, l’archevêque expliquait que cette œuvre de verre permet de "passer de la superficialité du visible à la réalité de l’invisible".
Un beau motif d’espérance
"C’est un beau motif d’espérance pour cette église qui, il y a plus de deux ans a retrouvé sa mission de maison de famille spirituelle", se réjouit l’abbé Christian Métais. Un an après le réveil de l’orgue, et deux ans après la réouverture de l’édifice, sa paroisse est à nouveau dans la joie, et pour cause. Ce 27 décembre, les fidèles étaient conviés à la bénédiction du vitrail, le premier d’une série de six baies historiées, confiées aux ateliers France Vitrail, du Mans, pour redonner de la lumière au chœur et à la nef de l’église. Cette baie raconte l’arrivée, en 1792, des reliques de saint Léonard à Bouillé-Loretz. En pleine tourmente révolutionnaire, l’abbaye voisine où elles étaient conservées est confisquée comme bien national. La vénération devient impossible. Le conseil municipal s’en émeut et s’accorde avec le curé d’alors pour faire transférer les reliques dans l’église paroissiale, afin qu’elles demeurent offertes à la dévotion populaire. Depuis plus de deux cents ans, elles y sont honorées. Au-dessus de ces reliques et de la statue du saint, la baie nouvellement installée vient graver dans la lumière cet acte de foi et d’unité hautement symbolique : le prêtre et le maire, main dans la main au chevet du patrimoine cultuel.

Après la scène de la translation des reliques de saint Léonard, deux autres baies sont déjà annoncées : l’une représentant saint Michel, l’autre le sacre de Charles VII en présence de Jeanne d’Arc. Dans le chœur, deux vitraux supplémentaires prendront place : l’un rendra hommage aux pompiers qui sauvèrent l’église des flammes; sur l’autre figurera l’ouverture de la Porte sainte par saint Jean-Paul II, rappelant que cette humble église de campagne, dédiée à Saint-Pierre-ès-Liens, demeure liée à Rome. Enfin, une baie évoquera le miracle reconnu de Lourdes d’Alice Couteault, partie mourante de Bouillé-Loretz et revenue guérie, et son époux converti.
Resplendir de la lumière du Seigneur
"Nos églises rurales sont bien des églises vivantes, lieux de culte et d’action de grâce qui rassemblent les gens d’un village autour d’un message de foi et d’espérance, confie Mgr Beau à Aleteia. L’attachement d’une commune à son église et à son vitrail montre cette belle dimension spirituelle et cette attente du Seigneur qu’il peut y avoir dans notre société". Une foi rurale, capable de transformer l’épreuve en lumière, le malheur en fécondité. Car la renaissance de Bouillé-Loretz ne s’arrête pas aux vitraux et les projets sont nombreux : une bibliothèque musicale destinée aux étudiants organistes verra prochainement le jour, un vitrail sera restauré dans une église voisine, ainsi que des croix de chemin, grâce à un partenariat avec SOS Calvaires, enfin, une chaire, semblable à celle qui existait autrefois, sera réinstallée.
Au terme de cette lumineuse journée, Mgr Beau souligne : "réparer une église, c’est aussi bien l’architecture que la sainteté de chaque fidèle, et les deux vont de pair !" exhortant finalement les paroissiens à être chacun des "vitraux du Seigneur et resplendir de Sa lumière pour le monde d’aujourd’hui".









