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Le premier songe de Joseph, une nuit qui changea le cours du Salut

Le songe de Saint Joseph, Philippe de Champaigne, 1643

Le songe de Saint Joseph, Philippe de Champaigne, 1643

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Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 27/12/25
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Le début de l’Evangile de Matthieu livre un songe, celui de Joseph,  déterminant pour l’Histoire sainte et l’annonce de la naissance de Jésus…

Alors que Marie avait été accordée en mariage à Joseph, ce dernier apprit que sa future épouse était enceinte, une situation intolérable et punissable à l’époque de la peine de mort. Mais, précise la Bible, Joseph était un homme pieux et ne souhaitait pas dénoncer Marie publiquement. Aussi avait-il décidé de la renvoyer en secret afin de ne pas attenter à sa vie. C’est alors qu’un ange survint en songe au charpentier qui lui fit cette incroyable annonce : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" (Mt 1,20-21). Ce fut le premier songe de Joseph, un songe ô combien déterminant…

L’homme qui songe

Ainsi que le souligna le pape François lors de l’une de ses dernières catéchèses (26/01/25), Joseph est un homme qui songe. Cette référence n’est pas innocente à l’époque de la Bible, pas plus que ne l’est ce rappel du Pape François, car c’est effectivement souvent en songe que Dieu se révèle aux hommes afin de leur délivrer un message, et le Pape de souligner : "Le songe symbolise la vie spirituelle de chacun de nous, cet espace intérieur, que chacun est appelé à cultiver et à garder, où Dieu se manifeste et souvent nous parle". Le premier songe de Joseph offre une réponse à la peur et au dilemme qui assaillaient ce saint homme : comment respecter la loi enjoignant de lapider toute femme adultère tout en protégeant la vie de celle qu’il aimait ? Le Seigneur apparaissant en songe par un ange à Joseph lève toute crainte. En prenant Marie pour femme, Joseph non seulement ne viole pas la Loi, mais au contraire s’inscrit dans le projet divin. Le songe ouvre pour Joseph, ainsi que pour chacun d’entre nous aujourd’hui, la connaissance des chemins de Dieu…

L’acceptation

Si l’annonce faite à Marie est bien connue et a donné lieu à d’innombrables œuvres d’art, notamment la célèbre pièce de théâtre éponyme de Paul Claudel, celle faite à Joseph est quelque peu demeurée dans le domaine des arts plus confidentielle, à l’image de la personnalité du charpentier. Joseph apparaît, en effet, dans les évangiles comme un homme juste, discret et qui ne pose pas de question. Par la suite, les récits évangéliques ne nous laisseront guère plus d’informations, Joseph acceptant le dessein divin et prendra en charge l’enfant en tant que père adoptif. Le peintre Philippe de Champaigne au XVIIe siècle a parfaitement saisi cet abandon et humilité sur cette toile intitulée Le songe de saint Joseph de 1642 et actuellement conservée à la National Gallery. L’artiste y représente le saint homme endormi et déchaussé, ses outils de travail à ses pieds. En un total abandon, Joseph accueille dans son songe la parole divine transmise par l’ange ; un ange qui lui indique de sa main gauche - pointant le ciel - d’où provient l’injonction et de sa main droite la direction qu’il aura à suivre, celle qui consistera à protéger l’Enfant jusqu’à ce qu’Il puisse délivrer au monde le message du salut éternel…

Le songe de Saint Joseph, Philippe de Champaigne, 1643
Le songe de Saint Joseph, Philippe de Champaigne, 1643

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