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Sabrina Gunnell : “J’ai à cœur d’unifier mon art et ma foi”

8 min de lecture
Sabrina-Gunnell

Crédit : Sabrina Gunnell

Sabrina Gunnell.

"Depuis que je suis petite, je baigne dans la danse et le théâtre", confie à Aleteia Sabrina Gunnell. "Ce n’est pas possible d’avoir tout ça dans mon cœur sans qu’il y ait un plan de Dieu derrière". Depuis son enfance, Sabrina Gunnell a un cœur brûlant et a soif de Dieu. Ses parents ne l’emmènent pas à la messe, mais quand elle découvre Paray-le-Monial, elle découvre une Église vivante : sa vie est chamboulée.

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Durant de nombreuses années, Sabrina Gunnell est comédienne. Mais il n’est pas toujours évident, dans le milieu artistique, de témoigner de sa foi. "J’ai à cœur d’unifier mon art et ma foi", raconte-t-elle à Aleteia. Elle explique comment sa rencontre avec Steven J. Gunnell (son mari) va chambouler sa vie et sa carrière. Ensemble, ils vont créer une société de production, Krea Film Makers Production, dont la vocation est l’annonce du beau, du bien et du bon pour le monde d’aujourd’hui. Ils ont réalisé ensemble le film Sacré-Cœur qui cumule plus de 450.000 entrées. 

Aleteia : Comment avez-vous rencontré Dieu ?
Sabrina Gunnell : Dieu a toujours été présent dans ma vie. Je suis fille unique jusqu’à l’âge de mes 12 ans et je parlais déjà à Dieu quotidiennement. J’ai demandé le baptême à l’âge de 10 ans. J’ai été foudroyée. J’ai fait ma première communion en même temps mais ça a été ma première et dernière communion car en tant qu’enfant, je n’allais pas à la messe seule. Un ami de mon papa brésilien venait souvent nous visiter en France avec sa femme et il tannait mes parents depuis longtemps pour que je sois baptisée. J’ai grandi à Neuilly-sur-Seine et je me souviens très bien du jour de mon baptême à l’église Saint-Jacques. Cet ami de mon père est devenu mon parrain. Puis s’ensuit une période de désert. Je n’étais pas nourrie spirituellement. Je continuais à prier mais c’était une prière très solitaire. J’avais soif de plus. L’été 2005, je découvre Paray-le-Monial, grâce à un ami. J’y découvre une Église vivante. Je découvre un monde. Je découvre l’adoration du Saint-Sacrement. Je rencontre plein de jeunes croyants. Je réalise que je ne suis pas seule. Je repars avec une vingtaine de livres pour me nourrir. À la suite de Paray-le-Monial, je fais ma première prière de demande. Je n’avais jamais rien demandé à Dieu auparavant. Je voulais trouver un sens à ma carrière artistique, je voulais unifier mon art et mon âme : “Seigneur, montre-moi le chemin” puis je demande également “Donne-moi un mari chrétien”. Je rencontre Steven quelques mois plus tard, il est ma prière exaucée !

En quoi la rencontre avec Steven chamboule-t-elle votre vie ?
Il est le signe réel de Dieu dans ma vie. C’est fou, je demande à Dieu un mari chrétien et quelques mois plus tard je rencontre Steven ! À l’époque, j’étais jeune comédienne et j’avais à cœur d’unifier ma vie de foi et ma vie de comédienne. J’avais vu Steven dans une émission où il parlait de son rôle du Christ. Je découvrais quelqu’un qui faisait de la musique et parlait de sa foi très simplement. Tout de suite, j’ai voulu le rencontrer pour savoir comment je pouvais écrire quelque chose qui avait du sens. Et c’est le début d’une belle histoire d’amour et d’une vie ancrée en Dieu. Un mois après notre rencontre, je fais découvrir à Steven Paray-le-Monial.

Sabrina et Steven J. Gunnell
Sabrina et Steven J. Gunnell.

Nous nous marions rapidement et les enfants arrivent vite. Le début de notre mariage est rude. Nous enchaînons les clips pour Anuncio, le Congrès Mission puis crescendo les projets s’accélèrent, nous faisons notre premier long métrage. Nous demandons à Dieu ce qu’il attend de nous. Nous sommes les artisans de Dieu. C’est l’Esprit Saint qui nous inspire. C’est une reconversion quotidienne. Nous grandissons dans la foi l’un et l’autre à travers nos films. Nous créons notre boîte de production pour proposer des films qui ont du sens. Aujourd’hui, nous en sommes à notre neuvième long-documentaire ! Grâce à Steven, j’ai réussi à aligner ma foi avec mes talents artistiques.

Avez-vous des routines de prière ?
Je commence ma journée par un signe de croix. Au fil de la journée, je récite des dizaines de chapelet. Malgré mon hyperactivité, j’arrive néanmoins à me poser lorsque je suis à la messe ou devant le Saint-Sacrement. Nous avons plusieurs coins prières chez nous ainsi qu’un prie-Dieu depuis peu ce qui peut favoriser également la prière spontanée.

Priez-vous les saints ?
Oui, nous avons un mur des saints à la maison : saint Charles de Foucauld, sainte Thérèse de Lisieux, sainte Rita, sainte Marguerite-Marie, sans oublier la Très Sainte Vierge Marie et Saint Joseph (qui ne nous a pas encore exaucés dans notre recherche d’un appartement plus spacieux!)… À chaque phase de la vie, un saint nous accompagne. Par exemple, mon mari s’est converti à l’église Sainte-Rita à Nice et nos fiançailles ont eu lieu au même endroit. Puis, nous nous sommes mariés civilement le 1er octobre - jour de la sainte Thérèse et à l’église le 1er mai - jour de la Saint Joseph et du mois de Marie ! Nous prions également pour ceux qui sont peut-être déjà dans les mains du Seigneur - les défunts de nos familles et le bébé que nous avons perdu. Nous aimons aussi prier pour des personnes qui pourraient devenir saintes comme Gaspard Clermont (décédé à 3 ans et demi) et Claire-Emérentienne (porteuse de trisomie).

Croyez-vous en la Providence ?
Oui profondément. Je suis émerveillée au quotidien. Je vois Dieu partout. Je suis attentive à tout ce qu’il se passe, je repère les “clins Dieu” comme on dit, puis je discerne.

Vous avez deux enfants, est-ce important pour vous de leur transmettre la foi ?
Complètement. J’ai d’abord beaucoup lu et suivi des formations à distance au Collège des Bernardins. Puis je me suis formée à la Catéchèse du Bon Pasteur pour pouvoir ensuite transmettre à mes enfants. Je réalise que me former pour mes enfants m’enrichit aussi énormément. C’est un super moment privilégié avec eux.

Vous travaillez depuis la maison et vous êtes votre propre patron avec votre mari, comment arrivez-vous à concilier vie professionnelle et vie familiale ?
Je trouve justement que ça a un côté très pratique. En effet, je bosse depuis la maison et je pouvais ainsi avoir mes bébés près de moi. Ce n’est pas toujours facile pour Steven de séparer la vie professionnelle de la vie personnelle. Pour moi, c’est simple de jongler de l’un à l’autre. Quand les enfants étaient petits, je profitais de la journée pour écrire mes scénarios et pendant les vacances scolaires, nous partions en tournée en famille pour les interviews etc. Pendant l’année scolaire, je pouvais aller les chercher à 16h30 tous les jours à l’école et m’occuper d’eux jusqu’au soir. Je commençais alors ma deuxième journée. J’étais à 100% avec eux. J’arrivais à bien cloisonner. Et comme mon langage de l’amour ce sont les moments de qualité et que j’ai un côté mère poule, j’étais ravie de m’occuper d’eux, d’être présente pour les devoirs, l’histoire du soir… J’aimais prévoir un programme le week-end rempli de visites, d’activités… Maintenant, ils sont plus grands, mais je continue à dégager du temps pour eux. 

Notre métier est de l’ordre de la mission, nous travaillons pour Dieu.

C’est génial, notre métier est de l’ordre de la mission, nous travaillons pour Dieu, avec Dieu, au gré de la Providence.  Nous faisons, avec mon mari, les films que nous aurions adoré voir adolescents. Nous prions ensemble, c’est indispensable. Impossible de faire la mission sans prière. Le plus exigeant pour notre couple c’est d’arriver à prendre du temps à deux sans parler du boulot. C’est encore plus vital pour moi car j’adore les moments de qualité (même si Steven me dit qu’on se voit déjà toute la journée!).

Quelle serait votre devise ?
Bien évidemment la dévotion de Marguerite-Marie au Sacré-Cœur de Jésus : "Jésus, rends mon cœur semblable au Tien". Et saint Jean : "Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire." (Jn 15-5).