Voilà maintenant plusieurs semaines que le monde agricole est en crise et s’oppose aux décisions du gouvernement quant à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie bovine. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, encore une quinzaine de barrages d’agriculteurs sont implantés, sur plusieurs routes et autoroutes de France, notamment dans le sud-ouest, avec encore près de 140 personnes mobilisées.
Alors en ce mercredi 24 décembre au soir, des messes de Noël ont ainsi été organisées sur plusieurs barrages en France. Ce fut le cas notamment dans le Sud-Ouest, à Cestas, au sud de Bordeaux, où un réveillon de Noël "façon auberge espagnole", a attiré entre 80 à 90 personnes, dans la nuit de mercredi à jeudi, selon les responsables locaux de la Coordination rurale. Sur ce barrage de l’A63, les manifestants se sont ainsi retrouvés sous le pont de l’échangeur d’autoroute, entre barnums, planchas, réchauds à gaz et crèche illuminée. "Une messe a été célébrée à 20h30, suivie de notre petit réveillon. Tout s'est bien passé", a déclaré à l'AFP Jean-Paul Ayres, le porte-parole du syndicat dans le département. Ce fut "un moment de chaleur humaine" fait "de solidarité, de partage, de soutien, mais aussi de fatigue (...) après des jours et des nuits à tenir", a-t-il encore indiqué dans un communiqué. Autre lieu, autre messe, sur le barrage de Carbonne, au sud de Toulouse. Sur l'A64, à 21 heures toujours ce mercredi 24 décembre au soir, la messe a rassemblé près de 300 personnes sous une grande tente de 40 mètres de long, montée pour l’occasion. En plus des agriculteurs, de nombreux habitants des environs, étaient venus les rejoindre pour leur apporter leur soutien, et participer avec eux à la messe de Noël.
72 vaches abattues le 23 décembre
Depuis le début de l'épidémie dans l'est de la France cet été, l'État tente de contenir la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie qui touche les vaches, en se basant sur "trois piliers": l'abattage systématique d'un troupeau dès la détection d'un cas, la vaccination et la restriction de mouvements. Une gestion fortement contestée par une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième syndicat agricole), qui rejettent cette stratégie d'abattage des troupeaux entiers au moindre cas détecté. Mardi 23 décembre dernier, 72 vaches ont été abattues après un nouveau cas dans le village pyrénéen de Juzet-d'Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur de DNC remontait au 15 décembre.
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