Campagne de Carême 2026
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C’est un événement exceptionnel qui a eu lieu au Liban du 16 au 23 décembre. Pendant 170 heures ininterrompues, soit 7 jours au total, un récital continu de chants de Noël s’est tenu sur la scène du théâtre du Collège des Sacrés-Cœurs, située dans la ville montagneuse de Kfardebian, à 50 kms au nord-est de Beyrouth. Objectif affiché : inscrire le Liban dans le Livre Guinness des Records de la plus jolie des manières, en transmettant le message de joie et d'espérance de tout un peuple, qui relève toujours la tête, en chantant.
Moins de 20 secondes entre deux chorales
Cet incroyable pari a germé il y a trois ans dans l’esprit de Sandra Akiki, professeure de musique et de théâtre, également cheffe de chœur, qui confie à la presse locale avoir eu au départ "une inspiration divine". Pour mener à bien ce projet, elle va alors s’entourer de proches, d’étudiants très motivés et obtenir le patronage de l’Église maronite, qui va également s'impliquer pour la réussite du projet, appelé "Singing Emmanuel". Car un record au Guinness book ne s'improvise pas et demande plusieurs règles à suivre. À commencer par la présence obligatoire et continue d’au moins 12 spectateurs dans la salle, pendant toutes ces heures de chant. C’est ainsi que tous les diocèses se sont mobilisés pour assurer des "tours de garde" et des roulements afin que la salle ne reste jamais vide pendant les sept jours consécutifs de l'événement. Une autre règle stricte qui a demandé pas mal de volonté, d'organisation et d'endurance de la part des choristes, chaque hymne chanté ne doit pas durer moins de deux minutes et l'intervalle entre chaque chanson ne doit pas dépasser les 20 secondes ! Au total, ce sont ainsi près de 135 chorales et quelque 200 musiciens qui se sont mobilisés de façon remarquable, soit autant de rites, de langues, de cultures diverses, pour réussir tous ensemble cet incroyable record du monde. Avec une mécanique lourde en coulisses: son, lumière, rotation des musiciens, résistance physique. Tout a fonctionné sans relâche, notamment le public, conquis, qui est resté fidèle et nombreux tout au long de l’aventure.
Liban, pays de joie
Mais pourquoi donc se lancer dans tel défi ? Quand on l'interroge, Sandra Akiki, l'organisatrice, aime rappeler tout d’abord la déclaration du pape Léon XIV, qui a dit, lors de sa venue au Liban que "ce pays n’était pas seulement un pays de divisions, mais aussi un pays de joie". Mais au-delà du record, cet incroyable récital est également un plaidoyer pour la musique elle-même. "Au Liban, la musique est rarement valorisée", explique encore Sandra Akiki. "On la réduit souvent à un divertissement". Ce marathon entend contester cette vision. "Nous montrons au monde qui nous sommes réellement. Le Liban n’est pas seulement un pays de guerres et d’obscurité. C’est aussi un pays de joie, de musique et d’art". Si le Guinness book des records n’a pas encore donné sa validation - cela demande quelques semaines — une chose est sûre, dans le cœur de tous les Libanais, le pari est réussi haut la main et le message est bien passé : joie, espérance, unité et musique riment ensemble.









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