En cette année 2025 marquée par l’élection de Léon XIV, la papauté s’est retrouvée au centre de l’attention mondiale. Parmi les nombreuses personnalités reçues par le premier pape originaire des États-Unis se trouvent des figures inattendues, traduisant l’émergence d’une “<em>Pope culture</em>” pleinement inscrite dans les nouveaux codes de la communication.
“Je suis votre fan depuis San Remo ! Et mon secrétaire est votre plus grand fan, si ce n’est du monde, au moins de l’Amérique latine !”. Recevoir de tels compliments aussi spontanés de la part d’un souverain pontife n’est pas banal... Reçue en audience privée le 12 novembre, la chanteuse italienne Laura Pausini n’a pas caché sa surprise et son émotion devant l’enthousiasme inattendu de Léon XIV, qui apprécie cette artiste populaire depuis sa prestation au festival de San Remo en 1993. Très connue en Europe, la chanteuse est aussi une grande star en Amérique latine, et notamment au Pérou. Elle a rappelé au pape américano-péruvien que son premier concert à Lima remontait à l’an 2000.
Venue présenter au Pape sa chanson Fratello sole e sorella luna (‘Frère Soleil et Soeur Lune’), inspirée du Cantique des créatures de saint François d’Assise, Laura Pausini s’est sentie “super bénie” de vivre cette rencontre chaleureuse et presque familiale avec le Pape, qui a veillé à ce que son secrétaire puisse prendre une photo avec elle. La diffusion sur les réseaux sociaux d’une photo ancienne du père Edgard Rymaycuna Inga portant un tee-shirt à l’effigie de la star italienne lors de l’un des ses concerts au Pérou a contribué à faire connaître au grand public ce sobre et discret prêtre né en 1989, récemment érigé au rang de “Monseigneur”.
Toujours dans le domaine musical, le Pape a assisté avec enthousiasme au concert pour les pauvres organisé dans la salle Paul VI du Vatican le 6 décembre dernier, lors duquel on l’a vu battre la mesure sur les mélodies du crooner canadien Michael Bublé. Dans un tout autre style, il a aussi assisté ce vendredi au concert mené par le chef d’orchestre italien Riccardo Muti, lauréat 2025 du prix Ratzinger, qu’il lui a remis en mains propres.
Léon XIV n’avait en revanche pas assisté personnellement au spectaculaire show organisé en septembre dernier sur la place Saint-Pierre sur le thème “Grace for the World”, avec drones, effets spéciaux et présences de stars internationales, parmi lesquelles Andrea Bocelli, Pharrell Williams, John Legend, Jennifer Hudson ou encore la sulfureuse chanteuse colombienne Karol G. Ce concert sponsorisé et diffusé par Disney Plus a suscité quelques polémiques quant au risque de faire perdre au Vatican son caractère sacré, et l’absence personnelle du Pape a pu être comprise comme une prise de distance par rapport à cet évènement organisé la veille de son 70e anniversaire, mais programmé sous le pontificat de François.
En revanche, l’audience du Pape avec le monde du cinéma, le 15 novembre, lui a permis de saluer de nombreuses figures internationales, comme les actrices Monica Bellucci et Cate Blanchett ou les réalisateurs Spike Lee et George Miller.
Pour sa part, le comédien italien Roberto Benigni, dont le film La vie est belle a été cité par Léon XIV comme l’un de ses films préférés, a pu présenter directement au Pape son spectacle sur saint Pierre, Pietro - Un uomo nel vento (‘Pierre, un homme dans le vent’), qu’ils ont visionné ensemble. D’autres célébrités internationales, comme l’actrice américaine Zoe Saldana ou la mannequin britannique Naomi Campbell, ont salué le Pape à l’occasion d’audiences générales.
Un pape qui aime le sport et les sportifs
Le goût du Pape pour le sport est bien connu et documenté. Léon s’est notamment montré chaleureux et ravi de saluer les coureurs du Giro d’Italia de passage au Vatican le 1er juin. Parmi eux, le Colombien Nairo Quintana s’est spontanément arrêté pour lui demander une bénédiction. Le Pape a également reçu les joueurs du Napoli après leur victoire au championnat d’Italie.
Mais ses véritables passions sont le baseball et surtout le tennis, dont il a repris cet automne une pratique régulière, presque chaque mardi à Castel Gandolfo. Lors de sa première rencontre avec la presse internationale, le 12 mai, un journaliste lui a proposé de participer à un match de tennis de bienfaisance en faisant venir Andre Agassi… “Bonne idée, à condition que vous m’ameniez pas Sinner”, a répondu le Pape avec humour. Son propos faisait référence au sens du mot “sinner”, qui signifie “pécheur” en anglais.
Deux jours plus tard, le vrai Jannik Sinner est devenu l’une des premières personnalités reçues en audience privée par le nouveau pontife. Ravi de se voir offrir une raquette du numéro un mondial, le Pape s’est montré amusé par une proposition de quelques échanges de balle : “À Wimbledon, on me laisserait jouer !”, a-t-il répondu dans une allusion à sa tenue blanche, avant de se raviser sagement au regard du mobilier du salon dans lequel se tenait la rencontre. “On va casser quelque chose ici ! Mieux vaut ne pas le faire”, a-t-il réagi. Un signe que Léon XIV est un fan enthousiaste, certes, mais pas au point de rompre la quiétude du petit territoire dont il a la charge.












