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À Noël, l’espérance ne fait que commencer !

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Michel Martin-Prével, cb - publié le 21/12/25
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<em>Chaque semaine de l’Avent, le père Michel Martin-Prével, prêtre de la Communauté des Béatitudes, propose une réflexion sur la vertu d’espérance.</em>

L’Avent ne prépare pas seulement à Noël, il prépare aussi à la venue quotidienne du Christ dans nos vies et à sa venue future. Après Noël, le Christ sera là pour nous rendre toujours pratiquant de l’espérance. Espérant… mais pas pratiquant, comme on dit croyant et pas pratiquant ? L’espérance ne se mérite pas, mais se renforce en se pratiquant. Il s’agit de voir au-delà des difficultés immédiates de l’année qui vient. L’espérance est à la fois un don et une pratique : quelque chose que nous recevons mais que nous cultivons également par un effort intentionnel. Ainsi le temps de Noël n’est pas la fin du calendrier de l’Avent, mais une espérance qui ne fait que commencer : il devient un état intérieur, une manière de marcher vers la lumière et de l’offrir aux autres.

Pèlerinage au présent vers soi-même

L’espérance, comme force de transformation, me pousse à agir contre le découragement, parce que j’ai la certitude que Dieu continue d’entrer dans mon histoire. Je ne cours plus partout et je ralentis pour chercher l’essentiel, plus important que l’urgent. Ma prière se fait régulière, plus simple, dans la patience, vertu qui me fait coller au temps de Dieu. J’allume une bougie dans ma vie intérieure et décide de la protéger du vent ! Et je deviens alors reflet-porteur de lumière sans le savoir. Je deviens dans le quotidien capable de poser un regard bienveillant sur quelqu’un, de donner une parole qui relève, un geste simple qui crée un peu de chaleur autour de moi, une présence qui transforme l’atmosphère.

Il existe d’autres choses concrètes pour vivre l’espérance : saisir des mots d’espérance chaque jour, versets bibliques, paroles d’espérance reçues des autres et notées sur mon smartphone ; prendre souvent une résolution pour le lendemain, la semaine, avec un petit projet qui enclenche l’espérance ; remarquer chaque jour un signe positif, une grâce, un motif de joie, en remplir un « cahier de gratitude » ; chercher quelqu’un pour trouver de l’encouragement, ou à l’inverse en donner à quelqu’un ; se faire une « ancre d’espérance » avec un rituel établi, prière, messe, pratique spirituelle.

L’espérance de l’Avent aura pris la forme d’une naissance intérieure accompagnant celle de l’Enfant-Jésus, avec une promesse que je choisis de nourrir. Dans le temps de Noël qui commence bientôt, chacun peut devenir porteur d’une lumière simple mais vraie, celle qui dit : le monde n’est pas condamné à la froideur ; la bonté peut encore prendre racine.

Pèlerin de l’espérance, cela va continuer !

Pour l’Église, « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle », a promis le Seigneur, car seule compte la porte de l’avenir, le Christ, qui a dit : « Je suis la Porte ! » Aujourd’hui, des murs entiers s’effondrent en faisant beaucoup de bruit, mais de l’herbe continue à pousser en silence. Le bateau peut couler, comme le Titanic, des chaloupes sont là sur l’océan avec les sauvés, et le capitaine est dans la barque.

L’espérance est moins une prospective qu’une alternative, une prophétie qu’une éclosion, comme la potentialité d’un œuf, un abandon à la grâce et une décision de conversion pour qu’advienne le Royaume. « Le découragement est encore de l’orgueil », disait Thérèse de Lisieux, car c’est croire à ses propres forces et non à la promesse de Dieu. « N’ayez pas peur d’entrer dans l’espérance », dirait saint Jean Paul II, et « c’est l’espérance qui nous rend chrétiens », disait saint Augustin.

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