separateurCreated with Sketch.

[HOMÉLIE] Jésus et Emmanuel, deux noms, un seul sauveur

jesus-sauveur-enfant-godong
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Charles Mallard - publié le 20/12/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Vicaire général du diocèse de Fréjus-Toulon, le père Charles Mallard commente les lectures du 4e dimanche de l’Avent. Laissons-nous étonner par les deux noms qui sont donnés à l’enfant qui va naître dans la nuit de Bethléem : Jésus et Emmanuel, celui qui sauve, et qui nous sauve avec nous.

Et si votre lecture allait plus loin ?

Avec l’abonnement Aleteia, recevez notre magazine trimestriel, accédez à des contenus qui prennent le temps d’approfondir, et soutenez une information qui fait grandir.

Je découvre l'abonnement

À l’approche de Noël, les lectures de ce quatrième dimanche de l’Avent nous proposent de nous souvenir de l’annonce à Joseph. Sans doute moins connu que le récit de l’annonciation que l’on trouve dans l’Évangile de saint Luc, l’histoire reste bien la même — au moins dans ses grandes lignes. En tout cas, elle confirme la conception virginale de Jésus. Il y a pourtant un petit détail qui me chagrine toujours à l’écoute de ce texte : pourquoi l’ange demande à Joseph de nommer l’enfant "Jésus" alors que l’évangéliste conclut en disant qu’on l’appellera "Emmanuel" ?

Jésus ou Emmanuel ? 

Vous allez me dire que je fais du mauvais esprit… — c’est possible ! —, qu’il y a le nom que donne Joseph et celui que donnent les disciples… Quand même, on utilise plus souvent le nom de Jésus que celui d’Emmanuel ! Vous me direz encore que j’accorde trop d’importance à un détail — peut-être —, qu’il n’est pas contradictoire d’affirmer que "Dieu sauve" et que "Dieu est avec nous" — c’est vrai — et c’est intéressant de rapprocher les deux noms du Seigneur pour méditer sur le fait que Dieu nous sauve en étant avec nous.

C’est déjà une indication sur la mission de Jésus et le type de sauveur qu’il sera. Parce qu’on n’est pas toujours sauvés en étant rejoint. Par exemple, une grâce présidentielle ne suppose pas spécialement de rencontre ! On recommande aussi, en bateau, de ne pas se mettre à l’eau pour aller chercher celui qui est tombé… sinon cela risque de faire deux noyés au lieu d’un ! Celui qui sauve en étant avec, en allant rejoindre celui qu’il sauve dans sa situation de péril, c’est le sauveur qui prend un risque, c’est un salut qui passe par un sacrifice. Que Jésus soit Emmanuel est ainsi une manière de nous faire pressentir le mystère de Pâques ! 

Attendons-nous vraiment un sauveur ?

Mais pour nous qui préparons la naissance de l’enfant, que signifient ces deux noms ? Le nom de Jésus nous rappelle que nous attendons un sauveur. Et c’est déjà une question : attendons-nous vraiment un sauveur ? Est-ce que nous n’entendons pas nous débrouiller par nous-mêmes ? Est-ce que nous acceptons de reconnaître que tout n’est pas parfait dans notre vie, et que nous avons besoin d’aide ? Se préparer à Noël, c’est déjà creuser en nous le désir du salut, c’est reconnaître nos manques et nos faiblesses, c’est accepter de s’en remettre au Seigneur, de ne pas tout maîtriser mais d’être aidés. C’est peut-être une sagesse humaine que de se résigner à ce qui nous échappe, mais l’attente d’un sauveur nous autorise à espérer plus, à être plus. Et, puisque Jésus est Emmanuel, le sauveur est Dieu avec nous. Donc nous n’attendons pas le Père Noël ou le Génie de la lampe ou je ne sais quelle bonne fée de je ne sais quel conte… les attentes que nous creusons, ce sont celles qui nous tournent vers Dieu : c’est la paix plus que la tranquillité, l’amour plus que le plaisir, la force plus que le pouvoir, le conseil plus que le savoir. 

Nous attendons une présence

Le nom d’Emmanuel nous rappelle aussi que nous attendons une présence. Et c’est une autre question : à quoi nous sommes-nous préparés pour Noël ? à des activités ou à une rencontre ? Qui est Dieu pour nous : une idée ou une personne ? Je sais bien que le Seigneur nous a promis qu’il serait avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps… donc à proprement parler, il est déjà avec nous. Mais se préparer à Noël, c’est justement se rappeler cette présence qui est tellement constante qu’on risque de l’oublier ! 

Le temps de l’Avent est autant un temps d’attente qu’un temps d’attention.

Le temps de l’Avent est autant un temps d’attente qu’un temps d’attention. Combien de fois, dans notre journée ou dans notre semaine avons-nous ignoré la présence du Seigneur avec nous ! Or l’Emmanuel est Jésus : si Dieu est avec nous, c’est pour nous sauver, pas pour nous inspecter, ou pour nous surveiller, ou pour nous observer ! La présence de Dieu est l’expression de son intérêt pour nous, de sa sollicitude, de son amour. Savons nous répondre à cet amour ? Quand on y réfléchit bien, il est plus triste de ne pas aimer que de ne pas être aimés — d’autant qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour découvrir combien nous sommes aimés, mais il faut ouvrir son cœur pour accepter d’aimer. 

Préparons-nous à la rencontre

Alors, laissons-nous étonner par les deux noms qui sont donnés à l’enfant qui va naître dans la nuit de Bethléem : ils nous disent que Dieu est avec nous et qu’il nous sauve, et cela nous dévoile le mystère de Pâques, et cela nous invite à creuser nos attentes en direction du Seigneur, à nous préparer à la rencontre de celui qui nous aime. 

Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Arche de la Nouvelle Alliance, qu’elle fortifie notre foi pour que nous puissions mieux contempler le mystère que nous allons célébrer : Dieu se fait homme pour que l’homme devienne Dieu. Porte du Ciel, qu’elle soutienne notre espérance pour que nous ouvrions en grand les portes de nos vies aux grâces que le Seigneur nous propose. Mère du Bel Amour, qu’elle nous entraîne dans la charité pour que nous demeurions en Dieu comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

Lectures du 4e dimanche de l’Avent :

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)