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Derrière Lucy des “Chroniques de Narnia”, une mystique du XVIe siècle ?

Lucy Pevensie - Chroniques de Narnia

Lucy Pevensie - Chroniques de Narnia

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Hortense Leger - publié le 20/12/25
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Première à entrer dans l’armoire magique, Lucy Pevensie est le cœur battant des Chroniques de Narnia. Et si cette figure de foi enfantine n’était pas née seulement de l’imagination de l’auteur britannique C.S. Lewis, mais aussi de la mémoire d’une sainte bien réelle du XVIe siècle, la bienheureuse Lucie de Narnia ?

Quand les saints inspirent la fiction. Lucy Pevensie, la plus jeune des enfants des Chroniques de Narnia, succès mondial du romancier anglais C.S Lewis (1898-1963) publié en 1950, est sans doute l’un des personnages les plus aimés de toute la littérature jeunesse. Première à entrer dans l’armoire magique, dernière à douter d’Aslan, elle incarne une foi lumineuse, persévérante et joyeuse. Mais saviez-vous que cette héroïne de fiction pourrait avoir été inspirée par une véritable sainte ? Son nom : la bienheureuse Lucie de Narnia.

Une coïncidence… pas si fortuite

C.S. Lewis a toujours affirmé avoir choisi le nom "Narnia" après l’avoir découvert enfant dans un atlas de l’Italie antique. Narnia, aujourd’hui Narni, est une petite ville d’Ombrie, située entre Rome et Assise. Or, cette même ville est le lieu de vie et de mort d’une mystique dominicaine du XVIe siècles : la bienheureuse Lucie de Narnia, de son vrai nom Lucie Brocadelli, béatifiée en 1710 par le pape Clément XI.

C.S Lewis connaissait-il cette sainte ? Impossible à affirmer avec certitude. Mais pour son secrétaire et biographe Walter Hooper, la ressemblance est troublante. Dans un texte de 2009, il écrit que le personnage de Lucy Pevensie présente une telle proximité spirituelle avec la bienheureuse Lucie de Narnia (foi intérieure, persévérance héroïque, pureté du cœur) que le choix du prénom ne peut être totalement accidentel : "Après des années d'étude, il me semble que le personnage de Lewis, Lucy, ressemble tellement à [Sainte Lucie de Narnia] (...) que je ne crois pas le choix de nommer ainsi son personnage le plus remarquable autrement que intentionnel.(...) Et si je me trompe ? Eh bien, disons-le ainsi. J'imagine qu'au Ciel, nous serons accueillis par C.S. Lewis en compagnie de la Bienheureuse Lucie de Narnia. Que nous diront-ils ? Révéleront-ils si Lewis s'est inspiré de [cette] sainte pour créer Lucy ? Je pense que la Bienheureuse Lucie de Narnia et C.S. Lewis riront (...)."

Voir avec les yeux de la foi

La bienheureuse était connue pour ses visions mystiques, notamment du Christ et de la Vierge Marie enfant. De son côté, Lucy Pevensie est celle qui "voit" Aslan avant tous les autres, même lorsque ses frères et sœurs doutent ou refusent de croire. Chez l’une comme chez l’autre, cette capacité à voir plus loin que les apparences est le fruit d’une proximité confiante avec Dieu. Lucy ne raisonne pas Aslan : elle lui fait confiance.

D’autre part, les deux Lucy ont connu l’incompréhension et l’épreuve. La bienheureuse Lucie de Narnia a dû affronter l’opposition de son entourage, notamment un mari hostile à sa vocation spirituelle. Lucy Pevensie, quant à elle, est régulièrement ignorée ou contredite par ses frères et sœurs, alors même qu’elle est certaine de suivre la volonté d’Aslan. Dans les deux cas, la vérité finit par s’imposer, non par la force, mais par la persévérance humble et patiente.

Une sainteté de l’enfance spirituelle

Lucy Pevensie incarne ce que C.S. Lewis appelle la "foi enfantine" : non pas naïve, mais totalement donnée. Cette attitude rappelle profondément la spiritualité de la bienheureuse Lucie de Narnia, marquée par la virginité consacrée, l’abandon confiant et l’amour total du Christ. Dans La Dernière Bataille, le septième tome des Chroniques de Narnia, Lucy entre finalement dans le "pays d’Aslan", lieu figuré du Paradis. D’une certaine manière, la fiction rejoint ici la réalité : Lucy devient une sainte… dans son monde.

L’attachement personnel de Walter Hooper au nom de "Lucy de Narnia" éclaire encore davantage cette filiation spirituelle. Le biographe et secrétaire de C.S. Lewis avait affectueusement baptisé l’un de ses chats de ce nom. Il terminait d’ailleurs souvent ses courriels par ces mots : "La bienheureuse Lucy de Narnia se joint à moi pour vous envoyer tout mon amour". Un joli clin d'œil qui rappelle que Lucy (ou Lucie), qu’elle soit sainte, héroïne ou simple chat, continue de toucher les cœurs.

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