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Désir d’enfant : ce que révèle une nouvelle enquête sur les 20-35 ans

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Mathilde de Robien - publié le 19/12/25
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Selon une enquête du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) publiée le 17 décembre, 83% des 20-35 ans se projettent dans une vie de parents.

Si les mesures politiques prises en faveur de la natalité sont encore bien timides, le désir d’enfant des Français, lui, est scruté à la loupe : étude nationale de l’Ined sur la natalité, statistiques mensuelles de l’Insee, enquête de l’Inserm sur la fécondité, étude de l’Unaf sur le désir d’enfant, sans compter la récente consultation nationale lancée par la mission parlementaire d’information sur les causes de la baisse de la natalité. Afin de compléter ce corpus, le Conseil de la famille du HCFEA a publié ce 17 décembre les résultats d’une enquête portant sur les projections, à court ou long terme, des jeunes adultes sur la parentalité. L’objectif ? Comprendre les raisons pour lesquelles les jeunes adultes de 20 à 35 ans souhaitent, ou ne souhaitent pas, avoir d’enfant.

Cette enquête, réalisée par Toluna Harris Interactive auprès d’un échantillon de 2.000 personnes (dont 40% sont déjà parents), montre que les contraintes matérielles sont un élément central dans la réflexion d'accueillir un enfant, qu’il s’agisse d’un premier enfant ou d'un enfant supplémentaire. Toutefois, elles n’expliquent pas à elles seules les comportements des jeunes adultes. L’importance accordée au fait d’avoir des enfants est aussi marquée par le genre et l’histoire familiale. L’appartenance à une religion et l’orientation politique constituent également des facteurs importants.

Devenir parent a moins d’importance pour les femmes

Sur l’ensemble des personnes interrogées, 83% se projettent dans une vie de parents : 39% le sont déjà et 44% pensent le devenir, quand 12% envisagent de ne pas l’être et 5% ne savent pas. Parmi les personnes n’ayant pas d’enfant (61% des personnes interrogées), 20% ne pensent pas devenir parents au cours de leur vie et 8% déclarent ne pas savoir. La plupart se projettent dans une situation de futurs parents (72%).

Si devenir parent "apparaît comme un accomplissement important pour beaucoup", notent les auteurs de l'enquête, cela n’est pas "incontournable", notamment pour les femmes. Contre toute attente, les hommes de 20 à 35 ans accordent plus d’importance au fait de devenir parent au cours de leur vie que les femmes du même âge. Ils sont davantage sensibles au fait de se conformer à un modèle de société, tandis que les femmes ont en moyenne une vision "contraignante" de la parentalité. Parmi les raisons invoquées pour ne pas envisager de devenir mère, ou ne pas souhaiter avoir un autre enfant, près de 70% des femmes n’ayant pas d’enfant évoquent la peur de la grossesse et de l’accouchement (contre 40% des mères). 

L’impact de l’histoire familiale et de la religion

Les personnes sondées ont dû attribuer une note entre 1 (peu important) et 10 (très important) à l’importance de devenir parent au cours de sa vie. La note moyenne sur l’ensemble des répondants est de 7,3 sur 10. Cette moyenne varie sensiblement selon la situation familiale et les appartenances idéologiques ou religieuses. Ainsi, ceux qui attribuent une note plus élevée à l’importance de devenir parent sont ceux qui considèrent que leur situation matérielle est favorable, qui ont grandi dans une fratrie de trois enfants ou plus, et qui déclarent une appartenance religieuse. 

En effet, les personnes qui déclarent une appartenance religieuse attribuent systématiquement une note plus élevée que celles qui n’en déclarent pas, et ce de manière significative (+ 0,7 point). Enfin, les personnes se déclarant proches de l’extrême droite donnent une note plus élevée (+ 0,4 point) que celles qui ne déclarent aucune orientation politique. A l'inverse, les personnes se sentant proches des écologistes attribuent une note plus faible que les autres.

A l’encontre des idées reçues

Certains résultats de cette enquête vont à l’encontre des idées reçues. Ainsi, ne pas vouloir d’enfants n’est pas majoritairement lié à une posture carriériste. Les personnes qui n’envisagent pas de devenir parent attribuent des notes plus faibles à l’importance du travail dans la vie (6,2 et 6,5 sur 10) que les parents et les personnes qui envisagent de devenir parents (7,4 et 7,5 sur 10).

S’agissant de l’histoire familiale individuelle, le fait d’avoir connu la séparation de ses parents durant l’enfance ou l’adolescence n’a pas d’influence sur la note attribuée à l’importance de devenir parent au cours de sa vie.

Insatisfaction des politiques publiques

Qu’ils soient parents ou sans enfants, les sondés considèrent de manière générale que les politiques familiales ne sont pas assez généreuses et que cela constitue un frein pour vouloir devenir parent. Au total, 49% des personnes interrogées estiment que les politiques publiques n’aident pas suffisamment les parents, 40% considèrent que ces politiques sont efficaces et 11% ne se prononcent pas. 

Dans le détail, si les politiques publiques en matière de santé des enfants, d’école, d’accès aux loisirs et d’accueil périscolaire sont majoritairement jugées satisfaisantes, l’accueil du jeune enfant, les congés parentaux ou encore les aides financières versées aux familles sont estimées insatisfaisantes.

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