separateurCreated with Sketch.

À Rome, deux jeunes sculpteurs français exposent leur crèche à l’ombre du Bernin

À Rome, deux jeunes sculpteurs français exposent leur crèche à l’ombre du Bernin

En tout, deux semaines auront été nécessaires pour façonner cette crèche commandée par les Pieux établissements de la France à Rome.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Hugues Lefèvre - publié le 16/12/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
L’exposition internationale "100 crèches au Vatican" se donne à voir jusqu'au 8 janvier sous la colonnade du Bernin de la place Saint-Pierre de Rome. Les milliers de visiteurs peuvent admirer notamment une crèche réalisée par deux jeunes sculpteurs français soucieux "d’évangéliser par le beau". Rencontre avec l’un d’entre eux place Saint-Pierre.

À l’ombre de la colonnade du Bernin, des danseurs mexicains esquissent quelques pas de danse traditionnelle devant les visages amusés des touristes et pèlerins. En ce mois de décembre, la place Saint-Pierre célèbre la nouvelle édition de l’exposition des 100 crèches du Vatican - qui en compte même 132 cette année. Cet événement initié à Rome en 1976 a pris ses quartiers il y a cinq ans sous les arcades de la colonnade façonnée par le maître incontesté du Baroque. Sur les pavés de la place, Augustin Thomas embrasse d’un œil pétillant les deux bras monumentaux du Bernin qui semblent accueillir le monde entier dans la basilique Saint-Pierre. "C’est l'un de mes sculpteurs favoris, avec Michel-Ange et Rodin", confie le Français de 24 ans, très honoré de voir l’une de ses réalisations être abritée par l’œuvre de l’illustre artiste italien. 

La crèche qu’il a conçue avec son collègue et ami sculpteur Amaury de Gastines repose sur quatre piédestaux en bois de chêne. Sur le premier se trouve une Vierge Marie tenant l’enfant Jésus, sur le deuxième un saint Joseph contemplant la scène, le troisième supporte deux petites colombes qui rappellent l’Esprit saint et invitent à la rencontre. Le dernier pilier présente un pastoureau dont les traits ressemblent à ceux de Carlo Acutis, le jeune Italien "millénial" canonisé en septembre par le pape Léon XIV. 

Une crèche itinérante

En tout, deux semaines auront été nécessaires pour façonner cette crèche commandée par les Pieux établissements de la France à Rome, une fondation qui gère notamment les cinq églises françaises de Rome. "Notre crèche est destinée à circuler ensuite à travers ces églises romaines", explique Augustin Thomas. D’où l’idée des quatre blocs séparés qui permettent à l’œuvre de s’adapter aisément aux réalités des édifices. 

Pour modeler cette œuvre réalisée en résine acrylique, Amaury de Gastines a délaissé son atelier parisien de Saint-Sulpice pour rejoindre à Florence son ami Augustin Thomas. Formé à l’école Boulle en sculpture sur bois et design, ce dernier s’est installé il y a trois ans dans la cité toscane pour un master à l’École d’Art Sacré. Durant ses études en Italie, il façonne une œuvre, un saint Joseph, pour l’offrir en cadeau de mariage à deux amis. Il sent alors que ce qu’il a produit de ses mains pourrait intéresser au-delà du cercle amical. Son diplôme en poche, l’artiste ouvre son atelier, accomplissant un "rêve d’enfant". 

CRECHE-AUGUSTIN-VATICAN

"Je me rappelle encore ma babysitter qui m’apprenait à dessiner", sourit celui qui a noirci de dessins bon nombre de ses cahiers d’écolier. Au collège, l’adolescent avait d’ailleurs rejoint un atelier de dessin et de peinture, puis s’était dirigé vers un bac arts appliqués. C’est dans ces années qu’il avait fait la découverte du modelage en argile. "Cela a été une révélation pour moi. Et c'était tout à fait corrélé avec ma redécouverte du Christ", se souvient-il. Sur les routes du pèlerinage de Chartres, Augustin a en effet réalisé lors d’une messe que "la beauté ferait partie de [sa] vie". En la modelant et en la travaillant, il se rapprocherait du Christ. "Dans le même temps, j’ai pris conscience que ce serait un moyen d’évangéliser par le beau", ajoute-t-il. 

Désormais, Augustin exprime "par la matière quelque chose du mystère spirituel de l’Homme". Il vend ses créations originales ou en reproduction et parvient à vivre de ce métier. "Je dois tenir ma comptabilité, vendre, communiquer à travers les réseaux sociaux… À Florence, je me sens un peu comme les artistes de l’époque qui allaient démarcher tel client ou tel galeriste pour se présenter et se faire connaître", raconte-t-il. "Pour moi, Instagram est une chance inouïe pour montrer à des milliers de personnes le fruit de notre travail", ajoute-t-il. Le jeune artiste se voit travailler encore quelques années à Florence, la ville où sont passés les grands maîtres italiens, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël… Et pour la suite ? "À la grâce de Dieu !". 

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)