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Pourquoi sommes-nous plus bienveillants pendant la période de Noël ?

Navidad- Adviento
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Cibele Battistini - publié le 15/12/25
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La période qui précède Noël suscite généralement, de manière quasi universelle, des gestes de plus grande proximité humaine, de générosité et d'attention envers les plus pauvres. Mais pourquoi ? En cette nouvelle année liturgique, saint Matthieu apporte une lecture éclairante. 

C’est assez universel, durant les semaines qui précèdent Noël, fleurissent un peu partout dans le monde de belles initiatives empreintes de générosité. Collectes de cadeaux, repas solidaires, distributions de vêtements... Les initiatives s'intensifient en cette période de l’Avent. Mais comment l’expliquer ? Peut-être à la lumière de la lecture de saint Matthieu. L'Avent est avant tout un temps de préparation intérieure. Il ne s'agit pas seulement d'attendre passivement la naissance du Christ, mais de disposer son cœur à accueillir une présence qui transforme la vie et notre façon de voir le monde. Liturgiquement, l'Avent est marqué par trois mouvements spirituels : la vigilance – être attentif aux signes de Dieu dans la vie (Mt 24, 37-44),  la conversion – se préparer en "redressant les chemins du Seigneur" (Mt 3,1-12) et la joie pleine d'espoir – reconnaître que Dieu est proche et que cette proximité engendre une vie nouvelle (Mt 11,2-11). Chacun de ces mouvements a un impact direct sur la façon dont nous percevons l'autre, en particulier les plus vulnérables.

Vigilance, conversion et joie

L'Évangile de Matthieu, au 1er dimanche de l'Avent (année A), invite à la vigilance. La vigilance du chrétien n'est toutefois pas de la peur, mais de la sensibilité. Être attentif à la venue du Seigneur signifie aussi être attentif au visage de son frère, dans lequel le Christ se révèle continuellement. Ainsi, la spiritualité de l'Avent aiguise le regard et éveille la conscience : on ne peut attendre le Dieu qui vient en ignorant le pauvre qui est devant nous.

Jean-Baptiste apparaît le deuxième dimanche (année A) pour demander la conversion. Le mot biblique pour « conversion », metanoia, implique un changement de mentalité, d'attitudes et de priorités. Dans la lecture de saint Matthieu, la conversion authentique est liée à la pratique de la justice, au partage et à la prise en charge concrète de ceux qui sont dans le besoin. La préparation à Noël n'est donc pas seulement spirituelle, mais aussi éthique.

Au troisième dimanche de l'Avent, Jésus répond aux disciples de Jean en annonçant des signes de guérison, de libération et de bonne nouvelle aux pauvres. C'est là la marque du Messie attendu. L'Avent nous rappelle donc que la présence de Dieu se manifeste dans la restauration de la dignité humaine, en particulier de celle des personnes qui souffrent.

Pourquoi la solidarité augmente-t-elle avant Noël ?

Parmi les évangélistes, Matthieu est celui qui souligne le plus le lien entre la foi et la pratique concrète. L'année A, centrée sur cet évangile, propose plusieurs textes qui expliquent la responsabilité du disciple envers les nécessiteux. L'un des textes les plus forts proclamés à l'approche de l'Avent est la scène du Jugement dernier, dans laquelle Jésus s'identifie aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux malades et aux prisonniers. La grande révélation de Matthieu est la suivante : « Tout ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Ce passage donne un fondement théologique à la solidarité de Noël : le Christ s'approche de l'humanité dans la faiblesse d'un enfant pauvre ; le Christ continue de s'approcher de nous dans le pauvre qui est dans le besoin. Ainsi, plus Noël approche, plus le chrétien est invité à reconnaître le regard de Jésus dans les visages qui demandent de l'aide. 

La générosité devient presque une extension de la tendresse que représente Noël.

Il existe au moins trois raisons profondes — spirituelles, culturelles et humaines — qui expliquent ce phénomène. Commençons par la crèche, qui par sa simplicité et sa pauvreté, rappelle que Dieu a choisi la périphérie du monde. Entrer dans le mystère de Noël, c'est donc se confronter à la réalité de tant de familles qui, comme Marie et Joseph, vivent dans la précarité, le déplacement, le dénuement et l'exclusion. Ensuite, Noël éveille les affections, la nostalgie et les liens familiaux. Cette atmosphère favorise le désir de réconciliation, de don et d'attention. La générosité devient presque une extension de la tendresse que représente Noël. Les lectures liturgiques, les célébrations et l'atmosphère religieuse conduisent quant à elles à l'introspection et au repentir. Les gens se sentent appelés à "faire le bien" comme une forme de préparation spirituelle pour accueillir l'Enfant Dieu. Enfin, les communautés chrétiennes organisent chaque année des campagnes de solidarité pendant cette période, renforçant ainsi l'importance du partage dans la société. Même ceux qui ne sont pas croyants reconnaissent la force culturelle de Noël comme une période de générosité.

La charité ne devrait pas être saisonnière

L'augmentation de la générosité est un signe positif, mais elle soulève toutefois une question profonde : pourquoi sommes-nous plus attentifs aux personnes dans le besoin uniquement à Noël ? D'après Matthieu, le message est clair : la charité n'est pas saisonnière, c'est un critère de vie. L'Avent nous enseigne que celui qui veille voit toujours celui qui est dans le besoin, que celui qui se convertit change sa relation aux biens, et que celui qui accueille le Messie accueille son frère à tout moment de l'année. La solidarité de décembre peut donc être une porte d'entrée vers une solidarité permanente. La solidarité qui grandit pendant la période de Noël n'est pas une coïncidence : elle naît du cœur même du message chrétien.

L'Avent, en particulier dans les lectures de l'Évangile selon Matthieu, révèle que se préparer à Noël, c'est se préparer à rencontrer le Christ vivant dans les pauvres. Noël nous rappelle que Dieu s'est fait petit, fragile, dans le besoin. Et parce que nous nous souvenons de ce mystère, nous devenons plus sensibles à la douleur de ceux qui souffrent. La véritable spiritualité de Noël, cependant, invite à prolonger cette sensibilité au-delà du mois de décembre, en construisant une culture de compassion qui transforme les vies et illumine le monde de la même lumière qui a brillé à Bethléem.

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