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Francisco de Paula, le “Maximilien Kolbe espagnol”

FRANCISCO DE PAULA PADILLA GUTIÉRREZ martires de la persecución religiosa España

Francisco de Paula tenía 44 años y era párroco cuando entregó su vida

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Samedi 13 décembre, en Espagne, la ville de Jaén a honoré la mémoire de 124 martyrs du XXe siècle, victimes des persécutions religieuses durant la guerre civile de 1936-1939. Parmi eux, le père Francisco de Paula Padilla, surnommé le "Kolbe espagnol", qui a offert sa vie en avril 1937 par amour du prochain, marquant l’espérance de tout un peuple.

Une veuve, un homme handicapé, un prêtre ordonné dix jours avant sa mort… Samedi 13 décembre, la ville andalouse de Jaén a accueilli la béatification de 124 martyrs, victimes des persécutions religieuses pendant la guerre civile espagnole (1936-1939). Parmi elles se trouve un prêtre, Francisco de Paula Padilla, ayant pris la place d’un père de famille condamné à mort, en avril 1937. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de saint Maximilien Kolbe, franciscain polonais assassiné à Auschwitz en 1941. 

Le "Maximilien Kolbe espagnol"

Le père Francisco de Paula, que certains surnomment à juste titre le "Kolbe espagnol", est curé de la commune d'Arjona, dans la province de Jaén, alors que pointent les derniers jours de sa vie. Le 1er avril 1937, l'aviation franquiste bombarde Jaén. La répression, dans l’église de la ville transformée en prison, est rapide. Le 3 avril, après minuit, alors que les prisonniers dorment tous, ils entendent les portes des cellules s'ouvrir. Un officier subalterne, debout au milieu de la galerie, commence l'appel, ordonnant à chacun de se mettre en rang. D'autres miliciens leur lient les mains avec du fil de fer.

"Je suis Francisco Padilla Gutiérrez. Prêtre, je n'ai ni femme ni enfants, alors je vous en prie, prenez-moi et non ce pauvre homme ."

Voilà ce que relate un homme ayant recueilli le témoignage du compagnon de cellule du père Francisco : "Quand on appela un homme nommé José (...), il pleura amèrement et refusa de partir (il disait avoir six enfants). C'est alors que notre Père Francisco se leva d'un bond et rejoignit la file, prêt à avoir les mains liées. L'officier qui faisait l'appel lui dit alors : "Ce n'est pas toi qu'on appelle ." Il répondit : "Je suis Francisco Padilla Gutiérrez. Prêtre, je n'ai ni femme ni enfants, alors je vous en prie, prenez-moi et non ce pauvre homme ."" Le prêtre est assassiné la nuit-même.

"Un don au milieu de l’Année jubilaire de l’espérance"

Dans une lettre pastorale publiée le 6 novembre 2025, l’évêque de Jaén, Mgr Sebastián Chico Martínez, a exprimé son "immense joie" face à cette reconnaissance par l’Église de ceux qui "ont scellé leur foi de leur sang" et a souligné que cette béatification arrivait  "comme un don au milieu de l’Année jubilaire de l’espérance". "L’espérance, fondée sur le Christ ressuscité, ne déçoit jamais. Son sang est devenu une semence fertile qui nourrit aujourd’hui la foi de nos paroisses et de nos communautés."

Mgr Martínez a rappelé que "le martyr n’est pas un héros humain, mais un témoin du Christ qui meurt en pardonnant". La cérémonie de béatification a été présidée par le préfet du dicastère pour les causes des saints, le cardinal Marcello Semeraro, en la cathédrale de Jaén. Ces 124 martyrs ont rejoint un grand groupe de personnes béatifiées, tuées lors des persécutions religieuses du XXe siècle en Espagne.

Des martyrs qui brillent au-dessus des ombres de l’histoire

Parmi ces martyrs se trouve aussi Obdulia Puchol Merino, créatrice d’un foyer pour les personnes pauvres qui étaient de passage à Jaén, pendant la guerre. Elle y offrait nourriture, logement et services de santé à ceux qui en avaient besoin. Tertiaire franciscaine, elle portait l’habit de Saint François lorsqu’elle fut tuée.

"Se souvenir d’eux, ce n’est pas regarder le passé avec tristesse, mais embrasser l’avenir avec courage (...)"

Y figurent également un prêtre martyrisé dix jours après son ordination, une personne atteinte d'un handicap mental connue sous le nom de "Bernabé", ainsi que deux jeunes de l'Action catholique, une religieuse, de nombreux prêtres et quelques laïcs. Pour Mgr Martínez, "se souvenir d’eux, ce n’est pas regarder le passé avec tristesse, mais embrasser l’avenir avec courage, parce que leur témoignage de martyrs brille au-dessus des ombres de l’histoire et de la fragilité du monde." 

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