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Le cardinal Parolin au chevet des chrétiens “héroïques” du Mozambique

4 min de lecture
Le cardinal Parolin au chevet des chrétiens « héroïques » du Mozambique

Crédit : Diego Menjíbar/ACN

Le cardinal Parolin s'est rendu au Mozambique début décembre. Un voyage qui a permis d'apporter à l’Église locale la proximité du Saint-Père, dans la recherche de la paix.

<em>Le Secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a effectué du 5 au 10 décembre une visite au Mozambique pour marquer la célébration du 30ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et ce pays, dont la région Cabo Delgado souffre de l’impitoyable terrorisme djihadiste.</em>

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C’est un voyage qui a permis d'apporter à l’Église du Mozambique la proximité du Saint-Père, dans la recherche de la paix. La visite de six jours que le cardinal Pietro Parolin y a effectué du 5 au 10 décembre a été marquée par la commémoration des 30 décennies des relations diplomatiques et, sur le plan pastorale, par la participation du Secrétaire d'État du Saint-Siège à plusieurs événements marquant la vie de l’Église locale, notamment la clôture des troisième journées nationales de la jeunesse, et par une visite de consolation à la province meurtrie de Cabo Delgado, le 10 décembre. 

Bien que le Mozambique soit un pays majoritairement chrétien, la province du Cabo Delgado, au Nord-Est, est majoritairement musulmane. Elle est frappée depuis 2017 par une violente insurrection djihadiste, qui a fait plus de 6.300 morts et un million de déplacés. Plus de 300 catholiques ont été tués ces huit dernières années, 34 rien qu’en 2025, la majorité ayant été décapités.

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"Vous n’êtes pas seuls !"

Le secrétaire d’Etat du Vatican n’a pas caché son émotion face aux témoignages de ceux qui ont vu leurs vies bouleversées par la violence au Cabo Delgado, parmi lesquels un chrétien qui a perdu trois frères et un oncle, tombés aux mains des terroristes, et de plusieurs religieux qui mènent à bien leur mission dans les zones les plus dangereuses, risquant leurs vies pour servir Dieu. "Je suis venu vous dire, à tous, hommes et femmes du peuple de Dieu qui vivez au Cabo Delgado, que vous n’êtes pas seuls. Vous n’êtes pas seuls ! Le Saint-Père et l’Église unie et universelle sont avec vous. Vos souffrances, vos peurs, mais aussi vos espérances sont dans le cœur de la Mère Eglise et occupent une place particulière dans le cœur du successeur de Pierre", a déclaré le cardinal qui s’exprimait en portugais. Et d’évoquer les "héroïques témoignages de foi de tant de nos frères et sœurs qui sont restés fidèles au Christ en ces temps de douleur et de conflit, ainsi que de ceux qui ont été assassinés sans renier le nom de Jésus." Il a ensuite salué les déplacés un par un, leur serrant la main et bénissant leurs enfants. "C’était comme s’il voulait embrasser chacun d’eux et toucher leurs blessures les plus profondes, afin de pouvoir partager leur souffrance et leur espérance", a raconté Mgr António Juliasse, évêque de Pemba, diocèse qui couvre le Cabo Delgado. 

Quand vous êtes dans une mission comme celle-ci, avec autant de violence, de menaces, il est important de sentir que l’Église est présente.

Signe que l’Eglise se soucie d’eux, qu’elle les accompagne et les protège, cette visite a également apporté au clergé local et aux catéchistes la force morale de savoir qu’ils ne seront jamais seuls. "Quand vous êtes dans une mission comme celle-ci, avec autant de violence, de menaces, il est important de sentir que l’Église est présente, qu’elle vous soutient et que vous n’êtes pas seul. C’est crucial", a confié le Père Eduardo Roca, responsable du dialogue interreligieux dans le diocèse de Pemba.

Cet accompagnement s’inscrit aussi dans l’engagement de longue date d’Aide à l'Eglise en Détresse (AED) aux côtés du diocèse de Pemba depuis le début de l’insurrection au Cabo Delgado, à travers des soins post-traumatiques, une aide d’urgence et un appui constant aux agents pastoraux. Un engagement salué par le cardinal Parolin, qui a exprimé sa reconnaissance pour le travail accompli et rappelé la coopération déjà vécue avec la fondation. En les exhortant à poursuivre leur action, il a souligné combien ce soutien incarne, de manière concrète, la solidarité indispensable de l’Église universelle envers des populations en grande détresse.