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Pourquoi offrir à une petite fille des produits de beauté n’est pas une bonne idée

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Mathilde de Robien - publié le 13/12/25
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Il peut être tentant, pour Noël, d’offrir à une petite fille une crème hydratante, un parfum ou du vernis à ongles. Barbara Duplouis, infirmière puéricultrice, explique pourquoi...ce n’est pas une bonne idée.

Il n’y a plus d’âge pour les produits de beauté. L’avènement des réseaux sociaux, dont les "influenceuses beauté" sont devenues les reines incontestables, a fait voler en éclat les limites d’âge. Leurs vidéos touchent des utilisatrices de plus en plus jeunes, et de plus en plus perméables à l’injonction de consommation de produits cosmétiques. La société les a surnommées les "Sephora Kids", ces petites filles qui dès 10 ans courent les enseignes de parfumerie à la recherche de fonds de teint, d’autobronzants ou de sérums en tout genre pour parfaire leur "routine beauté". Une pratique encouragée parfois par les parents eux-mêmes qui trouvent amusant cette nouvelle complicité mère-fille. Pourtant, elle n’est pas anodine. 

"Plusieurs dangers sont à relever", alerte Barbara Duplouis, infirmière puéricultrice et porte-parole du Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice (CJSIP). "La peau des enfants est une barrière cutanée très fine et en formation, donc sensible aux parfums, aux perturbateurs endocriniens, aux substances cancérigènes, aux substances chimiques à dérivés pétrolés contenus dans ces produits", explique-t-elle. "Selon la provenance du produit, les composants sont plus ou moins contrôlés et limités. Tout dépend du dosage et de la durée d’exposition mais ils peuvent provoquer des allergies cutanées, des modifications du système endocrinien ou encore des réactions dermatologiques inexpliquées."

L'injonction à paraître toujours plus belle

Un autre risque est de renvoyer à l’enfant un message négatif sur son apparence naturelle et d’engendrer une dysmorphophobie - trouble psychologique caractérisé par une idée obsessive et permanente de défaut corporel. "Le danger est alors de rendre l'enfant addict à ces produits pour paraître toujours plus belle", met en garde l’infirmière. 

Outre les dangers pour la peau et l’injonction à "être belle", offrir des produits de beauté à une enfant revient aussi à la priver des jeux de l’enfance. C’est ce que dénonçait notre chroniqueuse Jeanne Larghero dans une tribune publiée dans nos colonnes. "Les petites filles perdues dans l’imitation des routines beauté des influenceuses sont des enfants privés d’enfance, privés des jeux de l’enfance. En donnant des smartphones, nous croyons donner de la distraction, du ludique ; en réalité nous les privons de jeux", regrettait-elle. "Plus profondément, cela nous renvoie encore et toujours aux adultes que nous sommes : prenons-nous vraiment soin de nos enfants ?"

Alors, à partir de quel âge ?

À quel âge offrir un produit cosmétique ? Si "cela reste globalement une mauvaise idée", affirme Barbara Duplouis, "à partir de 15 ans, les données du corps humain se rapprochent de celles de l'adulte". L’infirmière recommande néanmoins de choisir un produit naturel, biologique, et de se renseigner sur la composition grâce aux listes d'ingrédients. "En prêtant attention au nombre de produits et aux marques, - c’est mieux de privilégier les laboratoires fabricant des cosmétiques biologiques français car notre réglementation est souvent plus restrictive que celle d'autres pays -, 15 ans est un âge où l'exposition peut être tolérée." 

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