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Des icônes aux santons sur galet, l’univers tout en douceur de Martine Gaussen

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Mathilde de Robien - publié le 13/12/25
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Martine Gaussen, 72 ans, a changé de vie il y a une trentaine d’années pour se consacrer à sa passion : l’écriture d’icônes et la confection de santons sur galet. Un univers original baptisé "La Vie en douce" qui s’éveille à l’approche de Noël.

Martine Gaussen donne littéralement vie aux cailloux. Sous ses pinceaux, de simples galets gris, noirs ou blancs deviennent de fabuleux santons qui se jettent des regards complices, qui chantent à pleine voix ou qui prient. Sous les traits de ses personnages transparaissent parfois les lignes d’une icône byzantine. Rien d’étonnant à cela : Martine Gaussen est également formée à l’écriture d’icônes. Une passion vers laquelle elle est revenue après vingt ans de vie professionnelle dans le secteur de la formation.

"J’ai travaillé pendant vingt ans dans la formation professionnelle, puis je suis revenue à mes premières amours », explique celle qui a commencé ses études aux Arts Décoratifs de Nice, s’excusant presque de son "parcours incohérent". Depuis toute petite, Martine Gaussen, élevée dans la religion protestante, est passionnée par l’art religieux sous toutes ses formes. Mais ce qui la fascine par-dessus tout, ce sont les icônes et leur lumière.

À 40 ans, elle change de vie et se consacre à sa passion. Elle apprend la technique de l’iconographie et ouvre son atelier-boutique baptisé "La vie en douce" en 1996, dans l’arrière-pays niçois, à Tourrettes-sur-Loup (Alpes-Maritimes). "Je nourris une vraie fascination pour les icônes, je peux rester des heures dans une église ou un musée à les observer, elles me regardent, elles me parlent", confie-t-elle. Une passion qui a surpris ses proches : protestante, elle ne vénère pas les saints ou la Vierge, et pourtant elle aime à les représenter. "C’est une autre incohérence de mon parcours", s’amuse-t-elle. "Je suis originaire des Cévennes, ma famille avait une foi protestante très vivace, j’adorais l’école du dimanche, la lecture de la Bible… Aujourd’hui ma foi est devenue fluctuante, mais je suis bien en présence des icônes, ce symbolisme, dans le processus d’écriture, d’aller du sombre vers la lumière est très beau, et aussi très prenant ! Je devais mettre un réveil pour ne pas oublier d’aller chercher mon fils à l’école !", se souvient-elle.

Des santons aux airs byzantins

Un style qu’elle reproduit inconsciemment sur ses santons sur galet. Lorsqu’elle se promène, Martine Gaussen guette les pierres qui semblent prêtes à raconter une histoire. Chaque galet est soigneusement choisi et sa base est coupée par son mari pour le rendre stable. "Quand j'étais enfant, Noël était un moment très important, j’aimais composer la crèche avec ma mère. Je voulais quelque chose de moins fragile que les santons d’argile que l’on n’avait pas le droit de toucher", souligne-t-elle. Elle peint les santons à la caséine, une peinture naturelle mélangée à des pigments, puis les vernit.

Sa famille de santons sur galet compte une cinquantaine de sujets, de la Sainte Famille aux anges en passant par les personnages traditionnels de la crèche provençale. "En choisissant et en peignant les galets, j’imagine des histoires entre les personnages, assemble ceux qui vont bien ensemble, qui se regardent, je joue sur la complicité des couples de santons", explique-t-elle. Au point de reprendre, lorsque des clients lui montrent sa crèche une fois installée, la position des santons !

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