separateurCreated with Sketch.

Mission parlementaire sur la baisse de la natalité : au moins une bonne nouvelle !

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Mathilde de Robien - publié le 12/12/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
30.000 Français ont répondu au questionnaire de la mission parlementaire sur les causes de la baisse de la natalité dont les résultats ont été dévoilés par le Figaro ce 12 décembre. La bonne nouvelle ? Plus de la moitié (52%) considère encore la famille nombreuse comme un idéal.

"Trop de Français renoncent à leur projet d’enfant", déplore auprès du Figaro Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur de la mission d’information sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France dont le Figaro dévoile ce 12 décembre les principaux résultats. Contre toute attente, au regard de la courbe de la natalité, le désir d’enfant reste profondément ancré chez les Français.

Le rapporteur se réjouit du nombre de participants au questionnaire : 30.000 personnes ont répondu, signe selon lui d’un "intérêt majeur" pour le sujet. En outre, plus de la moitié des répondants considère encore la famille nombreuse comme un idéal. La famille à trois ou quatre enfants et plus continue de faire rêver 52 % d’entre eux. Un attachement à la famille nombreuse qui se révèle encore plus fort que celui mis en évidence par l’enquête de l’Unaf réalisée en janvier 2024. L’étude dévoilait que l’idéal d’une famille nombreuse (3 enfants et plus) séduisait plus d’un tiers des personnes de plus de 18 ans. Le questionnaire de la mission parlementaire démontre qu’elles sont plus de la moitié. Le modèle de la famille avec deux enfants est quant à lui encore bien ancré : 32 % des Français désirent deux enfants. 7% des sondés déclarent vouloir un seul enfant. Enfin, malgré la médiatisation du mouvement "no kids", seuls 5 % disent ne pas vouloir d’enfant du tout.

Décalage croissant entre désir d’enfant et fécondité

"La première chose qui frappe dans les réponses des Français est le décalage croissant entre le désir d’enfant qui reste important et l’indice de fécondité qui baisse", fait remarquer le rapporteur. En effet, en 2024, 660.800 bébés sont nés sur le territoire français et un point de bascule a été atteint en mai 2025 où le nombre de décès enregistrés en France sur douze mois consécutifs a excédé celui des naissances sur la même période. L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit en 2024 à 1,62 enfant par femme, soit le niveau le plus bas observé depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

Quels sont les obstacles soulevés par les Français ? Les réponses diffèrent selon qu’il s’agisse d’une première naissance ou des suivantes. Pour un premier enfant, la crainte du coût financier d’un enfant est la plus prégnante, suivie par les inquiétudes liées à l’avenir de la société, mais aussi les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Pour un deuxième ou un troisième enfant, trois obstacles dominent : le coût de la vie, les modes de garde chers et trop peu nombreux, et le coût du logement. 

Outre l'aspect financier qui domine clairement, un autre frein transparaît : la fragilité des couples. "Nous assistons à une véritable crise de la conjugalité", constate le rapporteur. "Beaucoup de Français vivent sans partenaire stable ; d’autres sont en couple mais dans des relations fragiles. Or, la stabilité affective demeure un facteur essentiel lorsqu’on envisage d’avoir un enfant." Un sujet qui est apparu à de nombreuses reprises dans les auditions et dans les témoignages des Français et sur lesquelles des études se sont déjà penchées. En 2021, une étude du think tank VersLeHaut démontrait l'impact du conseil conjugal sur la bonne santé du couple. Les auteurs avaient démontré combien la politique familiale avait tout intérêt, pour le bonheur privé comme pour l’économie publique, à soutenir des dispositifs promouvant la stabilité conjugale, comme c’est le cas au Danemark, par exemple, où la grande majorité des communes s’impliquent dans les politiques de soutien à la conjugalité en offrant des séances de thérapie de couple gratuites.

La mission d’information sur la dénatalité doit rendre fin janvier un rapport dans lequel elle fera des propositions pour réduire l’écart entre le désir d’enfant des Français et leur réalisation. 

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !