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Qui sont ces martyrs du XXe siècle, victimes de la barbarie nazie ? 

Barbed wire in Auschwitz concentration camp
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Hortense Leger - publié le 10/12/25
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Saint Etienne, Sainte Blandine, Sainte Cécile… Nombreux sont les martyrs des premiers siècles à être vénérés par les catholiques. Mais moins connus sont ces hommes et ces femmes ayant plus récemment connu le martyr sous le joug nazi, durant la Seconde Guerre mondiale. Cinquante d’entre eux, religieux et laïcs français, seront béatifiés le 13 décembre 2025 à Notre-Dame de Paris.

Dans la mémoire chrétienne, le visage des premiers martyrs reste associé aux catacombes et aux persécutions antiques. Pourtant, l’Église contemple aujourd’hui une autre constellation de témoins : ceux qui, au cœur du XXe siècle, ont affronté la barbarie nazie. Parmi eux, cinquante martyrs français vont être béatifiés le 13 décembre 2025 à Notre-Dame de Paris. Leur histoire rejoint celle des origines par la constance de leur foi et leur fidélité qui va jusqu’au don de la vie.

Le martyr, dans la tradition chrétienne, n’est rien d’autre que celui qui témoigne : témoin de l’espérance, témoin du Christ, jusque dans la mort. L’Église réserve ce titre à ceux dont la parole et les actes ont conduit au sacrifice suprême. Si seuls trois d’entre eux ont été canonisés comme martyrs du nazisme, plus de deux cents ont été reconnus bienheureux, formant une immense procession de prêtres, religieux, laïcs, familles entières, venus de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche, des Pays-Bas, d’Italie, de France, de Tchéquie ou de Slovaquie. On estime aujourd’hui entre 200 et 250 le nombre de martyrs du nazisme béatifiés par l’Église catholique.

Les saints martyrs du nazisme

L’Eglise a canonisé trois saints victimes de la barbarie nazie. Saint Maximilien Kolbe (1894-1941), fondateur de la Mission de l’Immaculée, est arrêté pour avoir protégé des juifs et diffusé la foi. À Auschwitz, il offre sa vie à la place d’un père de famille et meurt, en 1941, achevé par une injection de phénol. Il est canonisé en 1982 à Rome par le pape Jean Paul II comme "martyr de la foi". Sainte Edith Stein (1891-1942), philosophe juive convertie devenue carmélite sous le nom de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, est déportée et gazée à Auschwitz en 1942 pour avoir partagé le sort de son peuple. Canonisée en 1998 par Jean Paul II qui la nomme "Philosophe crucifiée", elle est faite co-patronne de l’Europe. Saint Titus Brandsma (1881-1942), carme néerlandais, journaliste et professeur, est déporté à Dachau pour avoir défendu la liberté de la presse catholique ; il y meurt d’épuisement. Il est canonisé par le pape François en 2022. 

De nombreux bienheureux

Derrière ces figures canonisées s’étend une foule de témoins béatifiés. Beaucoup sont prêtres ou religieux : le bienheureux Rupert Mayer, jésuite allemand, prédicateur inlassable contre le nazisme, Mgr Michał Kozal, évêque polonais arrêté dès l’invasion, soutien spirituel de ses compagnons de Dachau, mort du typhus après une injection forcée, ou encore Bernhard Lichtenberg, chanoine berlinois, mort pour avoir prié publiquement pour les juifs persécutés. D’autres, comme Antoni Leszczewicz, brûlé vif en Biélorussie après avoir refusé d’abandonner ses paroissiens, partagent le même sort.

Des laïcs aussi ont payé le prix du témoignage : Marcel Callo, jociste déporté pour avoir voulu "former des chrétiens", Franz Jägerstätter, paysan autrichien exécuté pour avoir refusé de servir dans l’armée hitlérienne, ou encore la famille Ulma, parents et enfants, fusillés en 1944 pour avoir caché des juifs, un martyre familial unique, béatifié en 2023.

Les groupes béatifiés 

Certains martyrs ont été reconnus en groupes. Le plus important est celui des 108 martyrs polonais béatifiés en 1999 : évêques, prêtres, religieux, religieuses, séminaristes, laïcs, victimes d’une politique visant à détruire la foi catholique, pilier de l’identité polonaise. Aux Pays-Bas, de nombreux religieux furent tués à Auschwitz ou Dachau pour s’être opposés à l’antisémitisme. En Allemagne, les martyrs de Lübeck (1943), trois prêtres catholiques et un pasteur luthérien, incarnent une fraternité œcuménique nouée dans la résistance spirituelle.

La France elle-même s’apprête à honorer ses témoins de la barbarie : 50 martyrs français du nazisme seront béatifiés le 13 décembre 2025 à Notre-Dame de Paris, lors de la première cérémonie de béatification depuis la réouverture de la cathédrale. Et l’histoire se poursuit. Lors de l'audience accordée le 21 novembre 2025 au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des Saints, Léon XIV a autorisé la promulgation des décrets concernant le martyre, en haine de la foi, de deux jeunes prêtres italiens, Don Ubaldo Marchioni (26 ans) et Martino Capelli (32 ans), exécutés en 1944 pour avoir refusé d’abandonner leurs communautés menacées. D’autres causes sont encore en cours, comme celle du journaliste Fritz Gerlich, assassiné à Dachau pour avoir dénoncé le nazisme dès les années 1930.

Ainsi, de la Pologne à l’Allemagne, de la France aux Pays-Bas, de l’Autriche à l’Italie, se tisse la même trame : celle d’une fidélité vécue jusqu’au bout dans le martyre, qu’il soit individuel, familial ou communautaire.

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