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Léon XIV souligne le “lien intrinsèque entre le christianisme et l’histoire européenne”

5 min de lecture
DRAPEAU; EUROPE

Crédit : © Marian Weyo- Shutterstock

Le pape Léon XIV a reçu au Vatican le 10 décembre une délégation du groupe européen ECR, appelant ses membres à défendre le bien commun, à préserver les racines judéo-chrétiennes de l’Europe et à maintenir un dialogue respectueux malgré les divergences politiques.

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Le pape Léon XIV a reçu en audience ce 10 décembre 2025 des membres du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) du Parlement européen, parmi lesquels les députés français Marion Maréchal et Nicolas Bay du parti Identité-Libertés. Il les a exhortés à promouvoir "le bien commun" sans "jamais perdre de vue" ceux qui se trouvent aux marges. Comme l’avaient martelé Jean-Paul II et Benoît XVI, il a rappelé le lien entre "l’identité européenne" et les "racines judéo-chrétiennes" du Vieux continent.

Une délégation d’élus européens a été reçue ce matin dans la Salle Clémentine du palais apostolique du Vatican. À Strasbourg et Bruxelles, le groupe ECR représente 79 députés provenant de 18 pays et prônant la souveraineté nationale et un conservatisme sociétal. Quatre députés français en font partie, dont Marion Maréchal et Nicolas Bay, l’ancien porte-parole de Marine Le Pen et "numéro 2" Rassemblement national.

Dans le sillage de ses prédécesseurs, le pape américain a souligné que "l’identité européenne ne peut être comprise ni promue qu’en référence à ses racines judéo-chrétiennes". Dans un discours prononcé en anglais, il a cité les "trésors culturels" de la "civilisation occidentale", comme ses "cathédrales, son art et sa musique sublime", mais aussi les "progrès scientifiques" et la "diffusion des universités" permis par les communautés chrétiennes.

"Ces réalisations créent un lien intrinsèque entre le christianisme et l’histoire européenne, une histoire qui doit être chérie et célébrée", a-t-il assuré devant ces parlementaires qui assurent défendre les valeurs chrétiennes de l’Europe.

Je vous encourage tout particulièrement à ne jamais perdre de vue les oubliés, ceux qui se trouvent aux marges, ceux que Jésus-Christ a appelés ‘les plus petits’ parmi nous.

Au début des années 2000, le pape Jean-Paul II avait ardemment souhaité que la nouvelle Constitution européenne intègre une référence aux "racines chrétiennes de l’Europe". Le Saint-Siège avait fait part de ses "regrets" après l’adoption en 2004 d’un texte qui ne contenait pas ces termes. Une semaine après son élection survenue le 19 avril 2005, Benoît XVI avait pris soin de citer dans sa première audience générale place Saint-Pierre les "incontournables racines chrétiennes" de l’Europe.

Dans son discours prononcé ce matin, Léon XIV a aussi insisté sur "la richesse des principes éthiques et des modes de pensée" qui constituent "le patrimoine intellectuel de l’Europe chrétienne". Ces principes sont "indispensables pour sauvegarder les droits conférés par Dieu à toute personne humaine et sa valeur intrinsèque, de la conception jusqu’à la mort naturelle". Plus largement, a-t-il ajouté, ils sont "fondamentaux pour répondre aux défis posés par la pauvreté, l’exclusion sociale, la précarité économique, ainsi que par la crise climatique persistante, la violence et la guerre".

Le Pape a expliqué à son auditoire que faire entendre la voix de l’Église ne signifie pas "restaurer une époque révolue". Mais cela consiste à "garantir que les ressources essentielles à la coopération et à l’intégration futures ne soient pas perdues".

Promouvoir le bien commun et respecter les divergences

Dans les premières lignes de son discours, Léon XIV a souligné la responsabilité des élus à "promouvoir le bien commun". "Je vous encourage tout particulièrement à ne jamais perdre de vue les oubliés, ceux qui se trouvent aux marges, ceux que Jésus-Christ a appelés ‘les plus petits’ parmi nous", a-t-il confié d’emblée à ces parlementaires qui avaient salué son élection en mai dernier.

Le pape Léon XIV a aussi pris le soin de souligner "ce qui caractérise toute société civilisée", alors que les discours politiques en Europe ont tendance à se radicaliser. Pour le Pape, "la courtoisie" et le "respect" doivent permettre l’expression des divergences. La capacité à "entrer en dialogue avec ceux que nous pouvons considérer comme des adversaires témoigne de notre respect pour la dignité donnée par Dieu à tout homme et à toute femme", a-t-il ajouté.

Depuis mardi et jusqu’à vendredi, les eurodéputés du groupe ECR sont réunis à Rome et réfléchissent notamment sur "les fondements conservateurs et chrétiens de l’Europe". Ce mercredi, après leur rencontre avec le Pape, les élus devaient participer à une séance de travail consacrée au modèle italien et ses "approches novatrices pour lutter contre l’immigration clandestine".