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Benjamin Védrines, du record du K2 au sauvetage héroïque de deux alpinistes

Benjamin Védrines

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Hortense Leger - publié le 10/12/25
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Quelques heures après avoir battu le record d’ascension du deuxième sommet le plus haut du monde, le K2, en juillet 2024, l’alpiniste Benjamin Védrines est intervenu pour secourir deux grimpeurs italiens en grave difficulté. Un témoignage prenant qu’il a partagé au cœur du documentaire "K2 : Chasing Shadows", sorti récemment sur France TV.

Une prouesse peut en cacher une autre. Au sommet du K2, deuxième pic le plus haut du monde culminant à 8.611 mètres, au Pakistan, Benjamin Védrines bat un record de vitesse que l’on croyait inaccessible, le 28 juillet 2024. Pourtant, à peine redescendu au camp-2 avec son cameraman Seb Montaz, c’est un tout autre défi qui l’attend : sauver deux alpinistes italiens en détresse. L’athlète français de 33 ans livre un témoignage poignant de ce sauvetage dans le documentaire "K2 : Chasing Shadows", sorti sur France TV, le 13 novembre 2025. 

"Toutes les valeurs de l’alpinisme s’expriment"

"On était très fatigués, pas du tout équipés", se souvient Benjamin Védrines. Deux jours après avoir atteint le sommet du K2, l’alpiniste et son cameraman, Seb Montaz, redescendent au camp-2 pour ne pas laisser de trace de leur passage. Ils reçoivent alors un message alarmant : deux Italiens sont dans une situation critique au camp-3. Malgré l’épuisement et le manque de matériel, l’instinct prévaut. "Deux gars vont peut-être y passer. Toutes les valeurs de l’alpinisme s’expriment, donc on ne peut pas échapper à cet engagement-là." Pour l’alpiniste, l’engagement ne se discute pas. "Je ne me vois pas y échapper, ni dire non", confie-t-il. Les deux Français rejoignent le camp et découvrent une scène angoissante : l’un des Italiens souffre d’un œdème cérébral et d’une épaule luxée. La nuit tombe, la température chute. Benjamin Védrines reste auprès des blessés, serrés dans une minuscule tente. "Un est à peu près en forme mais l’autre est au bout de sa vie. C’est assez intense."

"Une énergie se décuple entre humains"

Malgré la fatigue et le froid, une motivation inattendue se manifeste. "Une énergie se décuple du fait qu’instinctivement, entre humains, on a cette capacité à aller sauver les autres et à tout donner pour les sauver." Dans l’extrême altitude, la fraternité devient le moteur de la survie. Le sauvetage se joue sur un fil. À minuit, Seb Montaz rejoint la tente avec une précieuse bouteille d’oxygène. "En cinq minutes, l’Italien refait surface", raconte Benjamin. C’est le soulagement. 

Célébration après la descente

Une fois la descente entamée avec l’ensemble du groupe, c’est une véritable communion qui réunit tous les rescapés. "Tout le monde était là pour nous aider et célébrer autour d’un bon repas", se souvient l’alpiniste. Pour Benjamin Védrines, le véritable exploit consiste à "ne pas se dérober devant l’urgence humaine". Et s’il garde une immense fierté de son record, c’est ce moment de fraternité, vécu dans l’extrême, qui restera gravé comme le sommet ultime.

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