Un cru linguistique surprenant. Le 8 décembre, le dictionnaire Le Robert a publié les 10 mots dont la consultation a le plus progressé sur son site en 2025, dans les pays francophones. Ces noms consultés sur la page internet gratuite "Dico en ligne Le Robert" recoupent "les temps forts de l'actualité" et illustrent "les pics d'intérêt des internautes, souvent révélateurs des sujets les plus questionnés dans le débat public", indique Le Robert, qui revendique plus de 50 millions de pages vues entre le 1er janvier et le 1er décembre. Au milieu de termes plus ou moins attendus comme "masculiniste", "subversion" ou encore, "wesh", s’est glissé un mot que les lecteurs d’Aleteia connaissent bien : "conclave", qui se hisse à la deuxième place du podium.
"Une année exceptionnelle"
Le mot "conclave" a "connu une année exceptionnelle", selon Le Robert, qui l'explique par deux faits d'actualité. L’ancien Premier ministre François Bayrou a d’abord annoncé, le 14 janvier, l’organisation d’un "conclave" de trois mois pour réviser la réforme des retraites. Puis, évidemment, la mort du pape François le 21 avril a remis sur le devant de la scène le fameux terme désignant l’assemblée de cardinaux chargée d’élire le nouveau pape. Hérité du latin signifiant "pièce fermant à clef" (de cum "avec" et clavis "clef"), le mot désignait d’abord l’appartement du Vatican où les cardinaux élisent le pape, puis par métonymie, le cercle des cardinaux lui-même. Une appellation vieille de sept siècles.
À noter que le film américain Conclave, sorti à la fin de l’année 2024 en France, et qui a cumulé plus d’un million deux cent mille entrées, a peut-être aussi participé à cette abondance de recherches. Le film, qui retrace l’élection d’un nouveau souverain pontife, avait vu ses visionnages en streaming grimper de 283 % le jour de l’annonce de la disparition du pape François, selon le média britannique The Guardian.
Un panel bigarré
D’autres termes comme "eugénisme", "entrisme", "séditieux", "submersion" et "vassal" ont également vu des hausses notables de consultation. Parmi eux figure le désuet "gougnafier", désignant une personne rustre, "bonne à rien". Cet adjectif a connu un bref coup de projecteur le 11 juin dernier, au Sénégal, lorsqu’un haut responsable l’a utilisé pour critiquer l'actuel président Bassirou Diomaye Faye.











