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Après des abus, le ministère recadre les contrôles dans les écoles catholiques

Contrôles dans les écoles catholiques : le ministère va "rappeler le cadre"

Ecole à Lanta, dans la banlieue de Toulouse.

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Louis de La Houplière - avec AFP - publié le 09/12/25
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L’Éducation nationale va donner des "consignes claires" pour que soit "rappelé le cadre" des contrôles dans les établissements privés sous contrat, jugés "abusifs" pour certains d’entre eux, par l’Enseignement catholique.

L’alerte, venue du secrétaire général de l’Enseignement catholique, a été entendue. Le ministère de l’Éducation va donner "des consignes fermes" pour que soit "rappelé le cadre" des contrôles dans les établissements privés sous contrat, après un rapport de Guillaume Prevost listant des "abus d'autorité" lors de ces inspections. Le 2 décembre, ce dernier avait ainsi appelé à une "mission parlementaire sur les conditions de ces contrôles et sur les graves abus d’autorité".

Le ministère "rappelle que les contrôles dans les établissements scolaires sont régis par un cadre légal, législatif et réglementaire, strict. Il est notamment exclu que des questions ayant pour objet de connaître la confession d’un élève soient posées", a-t-il indiqué dans une déclaration transmise à l'AFP. C’est de ce point précis que s’était ému début décembre Guillaume Prevost, citant des affaires où des inspecteurs "questionnent un enfant sans présence d’adultes tiers sur les convictions religieuses de sa famille et sur ses pratiques religieuses. C’est parfaitement scandaleux", concluait-il. Ces pratiques demandaient à être mieux encadrées.

Ce cadre, demandé par l’Enseignement catholique "sera rappelé ce jeudi à tous les recteurs, avec des consignes fermes sur le fond tant que sur la forme, afin qu’elles soient ensuite rappelées aux inspecteurs qui réalisent ces contrôles", a indiqué le ministère. "S'il y a eu des errements, toutes les conséquences seront tirées".

Des "méthodes de contrôle abusives"

Après les révélations de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d'autres établissements privés, l'ex-ministre de l’Éducation Élisabeth Borne avait dévoilé en mars un plan prévoyant notamment que 40% des établissements privés sous contrat (sur un total d'environ 7.500, en grande majorité catholiques) soient inspectés dans les deux prochaines années. L'actuel ministre, Édouard Geffray, avait indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et qu'on serait "comme prévu à 1.000 contrôles d'ici la fin de l'année".

Dans un rapport publié lundi, l'Enseignement catholique détaille d’autres de ces "graves abus" selon lui. Il pointe, à travers des exemples et témoignages, des "méthodes de contrôle abusives, arbitraires et anxiogènes", des "remises en cause systématiques des libertés pédagogiques", des "injonctions qui visent à neutraliser toute expression de l’identité catholique des établissements", ou encore "une suspicion généralisée à l’égard de l’animation proprement chrétienne". Le rapport fait état notamment de cas d'"insistance intrusive et préoccupante sur les questions confessionnelles" dans des entretiens avec des enseignants, élèves et parents. Dans un entretien accordé à Aleteia juste après sa nomination à la tête de l’Enseignement catholique, Guillaume Prevost s’était longuement exprimé sur le sujet délicat des abus dans l’Enseignement catholique, estimant que l’ "Église a effectué un travail profond à propos des abus et à bien des égards elle est la seule à l’avoir fait". Selon lui, des mesures ont été prises pour prévenir ces abus. "À plus long terme, il faut réfléchir à la manière dont le caractère “systémique” se traduit dans les établissements. Au fond, ce terme veut dire que nous sommes tous responsables, pour éviter la propagation, repérer, signaler, accueillir la parole des élèves, comprendre les dévoiements possibles de l’autorité."

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