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Enlevés en novembre, 100 élèves d’une école catholique nigériane ont été libérés

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Plus de deux semaines après l’enlèvement de 303 élèves scolarisés dans l’établissement catholique Saint Mary, 100 écoliers ont pu être libérés.

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Louis de La Houplière - publié le 08/12/25
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Kidnappés par un groupe d’hommes armés non identifiés le 21 novembre, 100 écoliers scolarisés dans un établissement catholique du Nigeria ont été libérés le 7 décembre et remis à des responsables du gouvernement local. Près de 200 élèves sont encore entre les mains de leurs ravisseurs.

Le Nigeria peut enfin respirer… un peu. Plus de deux semaines après l’enlèvement de 303 élèves scolarisés dans l’établissement catholique Saint Mary, situé dans l’État du Niger, 100 écoliers ont pu être remis à des responsables du gouvernement local ce 8 décembre, selon une source onusienne, sans préciser dans quelles circonstances cette libération a eu lieu. Celle-ci a été confirmée par le porte-parole de la présidence nigériane, à l’AFP. Malgré cela, les ravisseurs n’ont toujours pas été identifiés et 200 des écoliers enlevés, âgés de huit à 18 ans, sont toujours entre les mains de ce groupe armé.

L’attaque avait été foudroyante, brutale, menée entre 1h et 3h du matin, selon les informations auxquelles avait eu accès l’Aide à l’Église en détresse (AED). Dans le diocèse catholique de Kontagora, des hommes armés avaient fait irruption de nuit dans les écoles primaire et secondaire St Mary’s à Papiri, entraînant "l’enlèvement d’élèves, d’étudiants, d’enseignants, de membres du personnel scolaire ainsi que d’un agent de sécurité grièvement blessé par balle". Parmi les 600 élèves que comptait l’établissement, 300 avaient disparu cette nuit tragique, l’un des plus importants kidnappings de masse au Nigeria.

Une pratique courante

Le diocèse s’était immédiatement mobilisé, en étroite collaboration avec les forces de l’ordre, les leaders communautaires et les autorités gouvernementales pour obtenir la libération des victimes, précisait l’AED dans sa communication. Le diocèse exhortait alors "le public à rester calme, à soutenir les efforts de sécurité et à continuer de prier pour le retour rapide et en toute sécurité de toutes les personnes enlevées". Deux petits jours plus tard, le 23 novembre, le pape Léon XIV avait confié sa "forte douleur" face à ce drame et avait appelé à ce que "les otages soient tout de suite libérés", invitant les autorités à "prendre des décisions adéquates et rapides pour en assurer la libération". Le même jour, 50 des élèves enlevés s’étaient "échappés" selon l’Association chrétienne du Nigeria, et avaient pu retrouver leurs parents.

Bien que les circonstances de cette libération d’un tiers des écoliers enlevés ne soient pas connues, force est de constater que les multiples appels des autorités religieuses ont porté leurs fruits. Mais la pratique des enlèvements, contre rançon souvent, est monnaie courante au Nigeria, pays où la liberté religieuse est menacée par les attaques djihadistes, les conflits confessionnels et la faible protection de l’État, résumait l’AED dans son dernier rapport sur le sujet. Outre des membres du clergé, les rapts de jeunes élèves sont fréquents, dans les établissements scolaires du centre et du nord du Nigeria. Une petite semaine avant le drame de St Mary’s, 25 écolières avaient été enlevées dans l’État de Kebbi. Lors de l’assaut, le directeur adjoint de l’établissement avait été tué, précise l’AED. À quelques jours d’intervalle, un prêtre était enlevé dans l’archidiocèse de Kaduna, lors d’une attaque contre la résidence d’un curé.

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