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Léon XIV, un pape marial et prudent

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Emma Gatti - publié le 07/12/25
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Depuis le début du pontificat de Léon XIV, comme sous le pontificat de son prédécesseur François, plusieurs textes ont été émis par le dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) pour mettre en garde contre certaines dérives autour de la dévotion mariale. Le nouveau pape s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur en adoptant une ligne prudente, veillant à ce que la figure de Marie soit honorée sans jamais occulter la primauté du Christ dans la foi chrétienne.

La question mariale revient ces derniers mois au premier plan de l’Église, portée par une série de clarifications doctrinales. Le dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) a ainsi publié le 4 novembre la note doctrinale Mater Populi fidelis (La mère du peuple fidèle), faisant une mise au point sur certains titres attribués à la Vierge Marie — notamment ceux de "co-rédemptrice" et de "médiatrice". Ce document clarifie la position du magistère sur le statut et le rôle de Marie, rappelant que selon la foi catholique, "seul Dieu peut donner la grâce".

Rome met en garde contre toute considération de la Vierge qui "détourne du Christ, ou qui la place au même niveau que le Fils de Dieu". Pour autant, "il ne s’agit pas de corriger, mais de valoriser, d’admirer et d’encourager la piété du peuple de Dieu fidèle", précise la note qui souligne la "coopération" particulière de Marie au salut de Jésus comme une "maternité spirituelle" envers les êtres humains.

Si sa réception a fait couler de l’encre, Mater Populi fidelis n’a pas été impulsé par Léon XIV, puisqu’il a été écrit sous le pontificat de François. Mais le texte a été approuvé par le nouveau pape, et même, de façon singulière, par deux fois : le cardinal Robert Prevost avait approuvé ce texte en tant que cardinal membre du dicastère le 26 mars – avant la mort de François – puis en tant que pape le 7 octobre.

Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche de nous, nous aider par son intercession et son amour.

Quelques semaines avant sa publication, lors de la messe du Jubilé de la spiritualité mariale, dédié aux groupes et aux mouvements attachés à la Vierge Marie, le pontife américano-péruvien avait affirmé d’ailleurs que "la spiritualité mariale, qui nourrit notre foi, a Jésus pour centre". Des paroles qui avaient la même tonalité.

Dans son livre Léon XIV, portrait d’un pape péruvien (2025, Fayard), la théologienne Véronique Lecaros témoigne de l’"attitude très pragmatique" qu’adoptait le père Robert Francis Prevost vis-à-vis des prétendues visions et messages de l’au-delà à l’époque où il était missionnaire au Pérou. Selon un de ses proches, César Piscoya, l’Augustin avertissait : "Pense que 103 fois ces visions viennent de l’imagination, il est possible qu’à la 104e fois, ce soit un message inspiré…"

D’autres documents de mise au point ont été publiés par le Vatican ces dernières semaines. Le 9 juillet, le DDF accordait son nihil obstat aux apparitions mariales du Mont Zvir en Slovaquie, tout en mettant en garde contre certains messages ambigus attribués à la mère de Jésus. Le 12 novembre, le 'Gardien du dogme' décrétait que le phénomène des présumées apparitions survenues à Dozulé, en Normandie, "doit être considéré, de manière définitive, comme non surnaturel".

Là encore, ces verdicts ne constituent pas une nouveauté : c’est sous le pontificat de François qu’a été mise en place une nouvelle méthode d’enquête sur les phénomènes mystiques en mai 2024. Ces normes ont établi un barème de six "niveaux" d’appréciation, permettant de souligner des aspects positifs et des aspects négatifs dans un même phénomène. L’étude de ces dossiers se poursuit donc sous le pontificat de son successeur.

Un blason papal avec le lys marial

Dès les premiers instants de son pontificat, Léon XIV a exprimé son affection personnelle pour la Vierge Marie. Saluant la foule depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, juste après son élection, le nouveau pape soulignait que le 8 mai marquait le jour de la Supplique à Notre-Dame de Pompéi. "Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche de nous, nous aider par son intercession et son amour", affirmait-il avant d’inviter les fidèles à prier un Ave Maria.

Dans son ouvrage, Véronique Lecaros commente le choix du blason papal – le même que le blason épiscopal de Robert Prevost – qui reprend les symboles caractéristiques des augustins, avec notamment la fleur de lys, "le symbole marial par excellence". "La dévotion mariale, sous une forme sapientielle et méditative, s’ajuste bien à la spiritualité des augustins et elle représente aussi une dimension personnelle de Léon XIV", écrit-elle.

Au lendemain de son élection, la première sortie hors de Rome du pape Léon XIV avait aussi une tonalité mariale : il se rendait à Genazzano, pour se recueillir au sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, qui a été fondé au XVe siècle par une religieuse augustine, la bienheureuse Petruccia.

Mère de l’Église, accueille-nous avec bienveillance, afin que, sous ton manteau, nous trouvions refuge.

Lors du jubilé de la spiritualité mariale, le successeur de Pierre déclarait que "la spiritualité mariale authentique rend actuelle dans l’Église la tendresse de Dieu, sa maternité". "La spiritualité mariale nous plonge dans l’histoire sur laquelle le ciel s’est ouvert, elle nous aide à voir les superbes dispersés par les pensées de leur cœur, les puissants renversés de leurs trônes, les riches renvoyés les mains vides", avait-il ajouté en déclinant les thèmes du Magnificat.

Au terme de la célébration, Léon XIV avait prononcé cette prière au Cœur immaculé de Marie, la présentant comme "parfaite disciple du Seigneur" et lui confiant "le monde entier et toute l’humanité". "Mère de l’Église, accueille-nous avec bienveillance, afin que, sous ton manteau, nous trouvions refuge et soyons soutenus par ton aide maternelle dans les épreuves de la vie", avait-il supplié.

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