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Avent : choisir l’espérance des prophètes

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Michel Martin-Prével, cb - publié le 07/12/25
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Chaque semaine de l’Avent, le père Michel Martin-Prével, prêtre de la Communauté des Béatitudes, propose une réflexion sur la vertu d’espérance.

Le temps de l’Avent est profondément ancré dans la Parole prophétique, qui s’appelle Promesse divine. Les prophètes, Isaïe, Michée, Jérémie, Jean-Baptiste, ont parlé à des peuples éprouvés, dispersés, souvent découragés. Leur espérance n’était pas abstraite : elle annonçait une présence, un Messie, une restauration. Jean-Baptiste était-il un prophète de malheur ou d'espérance ? Son monde enchanté n’était pas celui d’un Dieu qui doit régler tous nos problèmes. Son monde allait s'écrouler, Jérusalem serait envahie, mais pour engendrer le monde chrétien promu à un bel avenir. 

Il y a bien des fausses espérances et des faux prophètes, comme il y a des fausses croyances et des hérésies. On a beaucoup espéré du Progrès des Lumières, qui devait éradiquer la misère, arrêter les conflits, supprimer les inégalités, le futur étant forcément meilleur. Aujourd’hui la science et la technologie arriveraient à tout contrôler et à tout améliorer (libéralisme et transhumanisme). Il est ancien de penser que le bonheur est quiétude et consiste à ne plus souffrir (stoïcisme et bouddhisme). La sagesse populaire est persuadée que le bien matériel apporte le plaisir et la paix. Et l’amour romantique serait le seul à assurer le bonheur conjugal. Où sont les prophètes du bonheur ? « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4, 6) La réponse du psalmiste, c’est que seul le Seigneur "fait lever sur nous la lumière de sa face, met en notre cœur la joie…et nous établit en sureté". 

Transformer l’attente en chemin intérieur

Il n’y avait pas grand monde à la crèche de Bethléem ? Ils seront des foules à Jérusalem ! Nous manquons de prêtres ? Il y en a assez pour les croyants du petit reste que nous sommes et il en aura de nouveaux pour les nombreux croyants de demain. Nous voyons trop de musulmans ? Ils sont là pour découvrir le Christ que nous leur présenterons et seront peut-être les nouveaux prophètes ! La définition de l’espérance ? Revenons-y. Pas un optimisme béat, mais le courage et la confiance en Dieu, maître de l’histoire et des cœurs. Quittons l’espoir en l'Homme et ses prophéties pour s’abandonner au Christ, et renonçons aux faux dieux. Certains voudraient revenir en arrière dans les délices de la nostalgie qui cachent le poison du découragement. D’autres, comme Pierre à Gethsémani, prônent la violence de l’épée. D’autres se victimisent et rêvent de martyre, pour émouvoir l'ennemi, mais le mal ne peut être notre légitimité.

Les grandes images prophétiques de l’Avent (le rameau qui surgit, la lumière sur le peuple qui marchait dans les ténèbres, la paix messianique à construire) invitent à une conversion du regard pour voir les germes du salut là où tout semble perdu. L’art d’attendre est de transformer l’attente en chemin intérieur. L’attente est souvent vécue comme une frustration. L’Avent propose une autre manière de la comprendre : un espace fertile, un lieu de transformation, un utérus qui prépare la vie. Quand nous acceptons de ne pas tout maîtriser, un espace s’ouvre en nous pour accueillir l’inattendu.

L’espérance devient alors le geste de se tenir ouvert, sans savoir exactement ce qui viendra, de se préparer intérieurement à accueillir du neuf, de laisser mûrir en soi un désir, non pas d’avoir, mais d’être davantage. La femme enceinte peut être occupée mais non préoccupée, prête à souffrir mais pour donner la vie. Attendons avec Marie et Joseph cet enfant dont ils ne connaissent que le sexe et le nom, comme tous les parents de la terre. Au milieu d’un monde qui ne la connaissait pas, ils étaient habités par une sacrée Promesse !

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