La cité phocéenne n’aura d’yeux que pour elle. Ce dimanche 7 décembre, les Marseillais découvriront leur protectrice, la Vierge Marie, entièrement redorée après neuf mois de travaux de restauration. Une journée d’inauguration marquant la fin d’un chantier d’exception, signé par les Ateliers Gohard.
La rénovation de la Bonne Mère était attendue. Et pour cause : restaurée pour la dernière fois en 1989, elle portait sur elle 35 années d’usure, balayée par le sel et les vents marins. Réputés pour leur technicité et leur savoir-faire – on leur doit la réalisation de la flamme de la Statue de la Liberté et le chantier du Dôme des Invalides, entre autres – les Ateliers Gohard se sont chargés de sa renaissance. Pour cela, l’entreprise a suivi un protocole précis, développé il y a une vingtaine d’années.
30.000 feuilles d’or déposées
Montage de 40 tonnes d’échafaudage, revêtement d’une bâche et équipement d’une climatisation pour assurer une température constante… Pour rendre à l’imposante sculpture son éclat d’antan – elle fait tout de même onze mètres de hauteur –, le chantier s’annonçait conséquent. Le sableur fut le premier artisan à s’y aventurer. Son rôle ? "Enlever les précédentes couches de dorure et de peinture jusqu’à arriver au cuivre d’origine", explique Cyrielle d’Antoni, responsable de ce chantier d’envergure. La doreuse des Ateliers Gohard connaît la chanson sur le bout des doigts. "Après le passage du sableur, les peintres ont déposé une peinture anti-corrosion pour limiter l’oxydation, puis deux couches de peinture classiques ont recouvert la sculpture".

L’ascension des doreuses a débuté le 1er septembre dernier, casquées et équipées de chaussures de sécurité. Perchées à plus de 200 mètres au-dessus de la mer durant six semaines, les mains habiles des Ateliers ont d’abord dégraissé la statue grâce à une première couche de vernis, à base d’alcool et de résine naturelle. "12 heures après la pose du dernier vernis à base d’huile, nous nous sommes assurées qu’il avait suffisamment séché", développe-t-elle. Un "crissement sous le doigt", et c’était gagné : les quelque 30.000 feuilles d’or – d’une épaisseur de deux dixièmes de micron – pouvaient recouvrir la Vierge Marie.
Un chantier "qui a du sens"
Chaque jour, les doreuses ont délicatement déposé et lissé les feuilles d’or sur la sculpture, s’aventurant dans les recoins les plus difficiles d’accès : "Nous devions parfois dorer couchées ou nous mettre à genoux pour atteindre certains plis, c’était un peu de la contorsion", s’amuse la responsable. Mais le jeu en valait la chandelle, car chaque feuille d’or déposée faisait peu à peu renaître des volumes et des détails, disparus avec le temps.

Au total, cinq doreuses des Ateliers Gohard ont travaillé autour de cette œuvre unique. Et elles mesurent la chance de cette proximité : "Je n’avais jamais remarqué le geste maternel de la Vierge qui porte le pied de l’Enfant, ni les petites fossettes qui ressemblent à celles d’un vrai bébé", s’émeut Cyrielle d’Antoni, face aux remarquables subtilités de l’œuvre. Pour la jeune Hermance qui compte déjà de remarquables chantiers à son actif, ce dernier a eu une saveur particulière : "En tant que catholique, c’est chouette de travailler sur des monuments qui font sens dans notre vie de tous les jours." Dimanche, les Marseillais découvriront le remarquable travail de ces métiers d’art. Et il faudra être au rendez-vous : les Ateliers Gohard se portent garants d’un éclat qui durera au moins 40 ans.

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