Malgré ses airs de cathédrale ressuscitée flambant neuve, Notre-Dame de Paris n’a pas fini de panser ses plaies. Sa restauration n’est pas entièrement achevée. La Fondation Notre-Dame, qui encourage et finance chaque année près de 200 projets "empreints de valeurs chrétiennes", a lancé une nouvelle levée de fonds pour financer des travaux extérieurs et des projets intérieurs à Notre-Dame. L’objectif ? Récolter 6 millions d’euros, dans le cadre du programme "Notre-Dame 2030", qui consiste en "la dernière grande campagne pour restaurer les parties méconnues de la cathédrale", explique Sylvie Bretones, déléguée générale de la Fondation Notre-Dame.
A la mi-avril 2019, à peine l’incendie était-il maîtrisé que des milliers d’anonymes et de grandes fortunes s’empressaient de faire un don pour la sauvegarde rapide de Notre-Dame. Un véritable "tsunami de générosité", se souvient-on à la Fondation Notre-Dame. "Des familles entières, modestes, s’étaient cotisées pour nous envoyer des chèques de 100 euros." Si bien qu’en quelques jours, plus de 850 millions d’euros, une somme colossale, étaient récoltés. 150 millions étaient immédiatement utilisés pour sécuriser rapidement l’édifice, qui avait bien failli s’écrouler, fragilisé par les flammes et gonflé par l’eau. Puis, 550 millions étaient répartis pour ces longues années de restauration de la cathédrale, qui ont donné le résultat que tous les visiteurs peuvent observer aujourd’hui. "Il reste aujourd’hui 150 millions, qui sont destinés au renforcement du chevet (à l’extrémité est de l’édifice, au fond du chœur) et aux arcs-boutants. On n’est plus sur des travaux qui résultent directement de l’incendie", précise Sylvie Bretones.
Pourquoi l’édifice est-il encore si gourmand financièrement ? "Le gros des travaux, comme le chevet ou les arcs-boutants, avait besoin d’être consolidés bien avant l’incendie. Malheureusement, entre 2000 et 2016, l’Etat, propriétaire de la cathédrale, finançait seul les travaux de restauration, et n’y avait mis qu’un million d’euros par an. C’est dérisoire. D’où ces besoins encore très importants."
"Prendre notre part"
Résultat : aujourd’hui, il faut trouver d’autres fonds pour la phase finale de la restauration. "La renaissance de Notre-Dame de Paris n’est pas terminée. Il reste encore à parachever ce qui garantira sa pérennité pour les générations futures." De quoi parle-t-on exactement ? De 6 millions d’euros, divisés équitablement entre la restauration des "élévations latérales, des extérieurs de la sacristie et du presbytère, ainsi que les grandes roses de vitraux" et de projets intérieurs initiés depuis la réouverture : "création artistique, aménagement de chapelles, médiation culturelle et dispositifs d’accueil pour le public".
La Fondation Notre-Dame existe depuis 30 ans. Elle était présente bien avant l’incendie. "Nous voulons prendre notre part, plaide Sylvie Bretones. Récolter cette somme sera un vrai défi. Dans l’esprit de tous les visiteurs, la restauration est terminée. Ce sera difficile de convaincre nos fidèles donateurs." La Fondation espère malgré tout dépasser son objectif de 6 millions d’euros. Pour cela, elle peut compter sur plus de 62.000 donateurs qui s’étaient mobilisés dès avril 2019 et à qui elle communique régulièrement l’avancement des projets à Notre-Dame. La nouvelle phase de travaux pourra débuter dès que les fonds nécessaires seront rassemblés. "Nous accueillons tous les dons", soutient Sylvie Bretones, qui a bien conscience que le contexte économique est aujourd’hui différent d’il y a six ans. Avec l’équipe qui travaille à Notre-Dame, La Fondation tente de sensibiliser les visiteurs lorsqu’ils déambulent dans les transepts de l’édifice. Un moyen parmi d’autres pour ressusciter une bonne fois pour toutes Notre-Dame.











