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[HOMÉLIE] Un grand désir de conversion

SAINT JEAN BAPTISTE

Saint Jean Baptiste et les pharisiens.

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Marc Dumoulin - publié le 06/12/25
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Curé de Notre-Dame de Vincennes, le père Marc Dumoulin commente l’évangile du 2e dimanche de l’Avent. Préparer le chemin du Seigneur qui vient, c’est choisir la pente de la conversion.

Moi, je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion, dit Jean (Mt 3, 11). Que penserions-nous d’un prédicateur qui invectiverait l’assemblée en la traitant d’"engeance de vipères" (Mt 3, 7) ? Celle-ci ne se volatiliserait-elle pas bientôt ? Voilà pourtant ce que fait Jean-Baptiste quand il voit pharisiens et sadducéens se présenter à lui pour être baptisés. Pharisiens et sadducéens, classes ferventes, castes dirigeantes, élite religieuse et civile, fine fleur de la société juive de son temps. Engeance de vipères, langue de vipère, vipère, serpent venimeux dont la morsure est mortelle. Jean voit ainsi les pharisiens et sadducéens qui tiennent sous leur coupe, avec suffisance et hypocrisie, ce qui touche au Temple et à la loi, régissant le rapport au Seigneur et à sa maison.

Ouvrir le chemin du Seigneur

Les paroles de Jean sont virulentes. Jean avait pour père un prêtre, Zacharie. Ainsi pouvait-il prétendre à devenir prêtre lui aussi, et à relever de l’aristocratie sacerdotale. Il a préféré renoncer au Temple, à ses avantages, à ses finasseries juridiques comme à ses compromissions mercantiles, pour rechercher le Seigneur, vivre au désert où rien n’entrave cette quête. Il crie l’imminence de la venue du royaume. Ses compagnons sont des chameaux pour le vêtir, et des sauterelles pour le nourrir. 

Laissons le Christ (...) ramasser le bon grain de notre vie dans le grenier préparé pour nous. Laissons-le brûler la paille de nos hypocrisies et de nos suffisances au feu de son amour, feu qui ne s’éteint pas.

Renonçant à tout bien matériel, toute carrière sociale ou politique, sa préoccupation est d’annoncer le royaume des cieux, venue du Seigneur lui-même. Son mode de vie est en pleine cohérence avec son message. Il s’adresse à tous sans distinction ni condition d’hérédité, de mérite ou de bonne conduite. Les foules l’ont compris. Elles affluent de Jérusalem, de Judée et de la région du Jourdain. Jean veut ouvrir le chemin du Seigneur à tous ceux qui éprouvent un grand désir de conversion, quand les pharisiens et les sadducéens voulaient accaparer et réserver ce chemin à quelques-uns. 

Reconnaître ses péchés

Quelle est donc cette route qu’ouvre Jean à ceux qui viennent à lui ? Qui que vous soyez, vous qui venez dans ce désert, convertissez-vous, repentez-vous, le royaume des cieux est tout proche (v. 2). Produisez un fruit digne de la conversion (v. 8). Se convertir, se repentir, engager une nouvelle pente, qu’est-ce à dire ? Jean le dit : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers (v. 3). Qui que nous soyons aujourd’hui, en ce temps qui dispose à Noël, ne considérons pas qu’il y aurait une priorité plus grande dans notre vie, sinon de préparer la venue du Seigneur dans le désert de nos cœurs. Appel radical : quiconque en interdirait la route aux autres, voire à lui-même, s’exposerait à la morsure de la vipère.

Le baptême conféré par Jean dans l’eau du Jourdain invite ceux qui le reçoivent à reconnaître leurs péchés. Il ouvre alors le chemin du Seigneur pour avancer et marcher sur une voie rendue droite. Pour ceux qui venaient jusqu’à Jean, rien n’était plus vital. C’était une question de salut.

Un baptême de réconciliation

Frères et sœurs, nous aussi, écoutons Jean : "Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion, mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu" (Mt 3, 13). Les foules venaient au Baptiste pour se réconcilier avec le Seigneur. Bientôt, Jésus, le Seigneur lui-même, viendra se réconcilier avec les hommes, les pécheurs, leur offrant un pardon immérité, inconditionnel et gratuit. Il les baptisera dans l’eau, et surtout dans l’Esprit et le feu. 

Vivons de cet Esprit incandescent qui ne désire rien sinon nous embraser, consumant l’ivraie qui gangrène nos vies.

Pensons aux catéchumènes qui s’avancent vers le baptême, et à nous aussi qui avons reçu ce baptême parfois depuis longtemps : accueillons le Seigneur. Laissons-le venir nettoyer notre aire à battre le blé. Laissons-le ramasser le bon grain de notre vie dans le grenier préparé pour nous. Laissons-le brûler la paille de nos hypocrisies et de nos suffisances au feu de son amour, feu qui ne s’éteint pas. Descendons de notre piédestal et plongeons dans l’eau du repentir.

Un feu sur la terre

Laissons Jésus venir nous sauver. Accueillons-le. Laissons-le grandir en nous et pour nous. Voilà la conversion. Vivons de cet Esprit incandescent qui ne désire rien sinon nous embraser, consumant l’ivraie qui gangrène nos vies. Prenons soin de cette grâce, feu qui nous consume de la flamme qui ne s’éteint pas. Jésus vient allumer ce feu sur notre terre. Grand brasier de l’amour de Dieu.

Lectures du 2e dimanche de l’Avent (année C) :

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