separateurCreated with Sketch.

À Paray-le-Monial, une affluence inattendue après la diffusion du film “Sacré-Cœur”

A Paray-le-Monial, une affluence inattendue après la diffusion de Sacré-Cœur

Des pèlerins se recueillent dans la chapelle Saint Jean, au sanctuaire de Paray-le-Monial.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Louis de La Houplière - publié le 05/12/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Des dizaines de personnes affluent au lieu d’apparition du Sacré-Cœur de Jésus, certaines particulièrement éloignées de l’Église, après avoir vu le film "Sacré-Cœur", affirme le sanctuaire de Paray-le-Monial.

"Je goûte au silence, je goûte à cette présence, je découvre le Sacré-Cœur de Jésus. Je ne pensais pas rester aussi longtemps car je devais travailler, mais je rentre bouleversée." Geneviève Rey, bénévole à l’accueil des pèlerins au sanctuaire de Paray-le-Monial, en Saône-et-Loire, est encore remuée par le témoignage que lui a laissé cette femme de 35 ans, arrivée tout droit de Suisse. "Je viens de voir Sacré-Cœur au cinéma", lui a-t-elle confié. "Je ne suis pas catholique. Dans la salle, il y avait 350 personnes. J’ai dû attendre la séance d’après pour le voir. Aujourd’hui, je suis à Paray et je voudrais voir tout ce que j’ai vu sur internet et dans le film de mes propres yeux." Aux dires de Geneviève, qui écoute patiemment de nombreux visiteurs, son témoignage n’est pas isolé. Le film Sacré-Cœur, sorti en salles le 1er octobre 2025, a semé quelque chose dans le cœur de nombreuses personnes qui sont allées le voir.

Sacré-Cœur cumule début décembre plus de 460.000 entrées en France. Un succès inespéré pour ce film à petit budget, qui s’est exporté, avec ses deux réalisateurs, au Liban, pour quelques avant-premières. "C’était complètement fou ! Près de 6.000 tickets vendus pour les avant-premières. Les Libanais, on vous aime !", s’est enthousiasmé Steven Gunnell sur Facebook. Après avoir été comblé par la visite du pape Léon XIV fin novembre, le pays du Cèdre pourra visionner à partir du 18 décembre ce film-documentaire qui ne laisse pas indifférent.

Au point qu’en France, qu’ils soient croyants ou non-croyants, nombreux sont ceux qui ont eu envie de se rendre sur les lieux des apparitions du Sacré-Cœur de Jésus, en Bourgogne, à Paray-le-Monial. Comme cette Suisse venue du Valais, ils sont "plus d’une centaine" depuis début octobre à avoir fait le déplacement, selon Béatrice de Bastard, qui travaille au sanctuaire… et à l’avoir fait savoir à leur arrivée sur les lieux. "Ils viennent de toute la France et ont souvent fait des centaines de kilomètres pour visiter le sanctuaire, précise-t-elle. Certains prennent même des Blablacar de nuit et repartent le lendemain. Ils ont une soif de découvertes étonnante." Tous ont vu ce film-documentaire, qui met en scène des témoignages de foi très forts, autour de ce cœur du Christ qui aime de manière inconditionnelle. Le lieu le plus visité ? "La chapelle des apparitions", répond tout-de-go Béatrice de Bastard, qui précise que beaucoup viennent avec le désir de se confesser. "Dans le film, Paray-le-Monial est présenté comme un lieu de consolation, de conversion, où l’on retrouve la paix. D’où ces dizaines de demandes de confession. Certains ne l’ont pas fait depuis des décennies."

Aux périphéries de l'Église

"Un certain nombre de ces visiteurs se trouvent aux périphéries de l’Église, analyse Geneviève Rey, qui échange beaucoup avec eux. Ils restent devant la chapelle des apparitions et n’osent pas y entrer, alors qu’il y a écrit "Jésus vous attend"." Dès le 3 octobre, deux jours après la sortie de Sacré-Cœur, elle a remarqué une affluence plus importante au sanctuaire, de jeunes, notamment. "Aujourd’hui, on est en hiver, et il y a vraiment plus de monde que les années précédentes." Le sanctuaire reçoit des dizaines d’appels de visiteurs, désireux de rencontrer un prêtre ou de se procurer une Sauvegarde du Sacré-Cœur (une représentation du Sacré-Cœur sur une étoffe de petite taille), dont les commandes ont explosé depuis la diffusion du film. Pour répondre au mieux à ces appels, le sanctuaire a organisé une petite réunion avec les bénévoles et l’office du tourisme de la ville pour "leur donner les bons éléments de langage" sur les apparitions et le sanctuaire.

"C'est tellement fort !"

Depuis cette affluence inattendue constatée au sanctuaire, Geneviève ne perd pas une miette des témoignages qu’elle reçoit et les envoie régulièrement au recteur des lieux. Le 12 octobre par exemple, une femme d’une cinquantaine d’années l’aborde, au sortir de la chapelle Saint-Jean. Elle est allée voir Sacré-Cœur quelques jours auparavant. "J’ai voulu venir ici voir de mes yeux. C’est encore plus fort que dans le film ! Qu’est-ce que tout le monde regarde, sur cette table ?", lui demande-t-elle en désignant le Saint-Sacrement. "Je voudrais rester ici tout le temps, c’est tellement fort !, reprend-elle. Je voudrais que Jésus me remplisse tout entière !"

Un couple est venu du Creusot, début octobre, motivés par leur fille qui était allée voir Sacré-Cœur. "Nous ne sommes pas pratiquants, ont-ils expliqué. Voyant la transformation de notre fille, nous avons voulu vivre ce qu’elle vit. Nous sommes allés à la messe tous les trois ce dimanche à Autun. Et nous venons découvrir le sanctuaire." Cette visite les a bouleversés, ils y ont découvert un message "plus doux qu’au cinéma". Une jeune fille de 24 ans, venue de Lille et peu pratiquante, s’est dite renforcée dans sa foi après sa visite : "Ici, j’ai compris qu’il fallait que j’aille à la messe tous les dimanches, au moins. Cela va m’aider." Des fioretti que Geneviève garde bien précieusement, signes qu’ "il se passe quelque chose".

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !