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La marche turque de Léon XIV

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Le pape Léon XIV à la Mosquée Bleue (Istanbul), 29 novembre 2025.

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Fabrice de Chanceuil - publié le 04/12/25
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À Istanbul, le pape Léon XIV a marqué les esprits fin novembre par son silence à la Mosquée bleue. Avant de se rendre au Liban, il a signé avec le patriarche orthodoxe de Constantinople une déclaration en faveur d’une date commune pour la fête de Pâques. 

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Le pape Léon XIV a effectué fin novembre son premier voyage apostolique hors d'Italie au Proche-Orient, avec une première étape en Turquie du 27 au 30 novembre, suivie d'une seconde étape au Liban du 30 novembre au 2 décembre. Il s'agissait d'un voyage placé sous le signe de l’œcuménisme, avec, en particulier, la célébration du 1700e anniversaire du concile de Nicée, mais aussi du dialogue interreligieux avec l'islam.

Un voyage politique

Pour la première partie du déplacement, le pape Léon XIV s'est placé dans les pas de ses deux prédécesseurs Benoît XVI et François qui s'étaient rendus en aussi en Turquie, respectivement en 2006 et en 2014. Bien que la Turquie ne compte désormais que moins de 1% de chrétiens, elle reste une terre profondément imprégnée par le christianisme. Le patriarche de l’Église byzantine de Constantinople dispose d'ailleurs de la primauté d'honneur sur tous les patriarches orthodoxes.

Pour le Pape, qui est aussi chef d’État, cette visite revêt également une dimension politique dans un pays devenu une puissance régionale incontournable. C'est la raison pour laquelle il a atterri le jeudi 27 novembre à Ankara, capitale de la Turquie, où il a été reçu par le président Recep Tayyip Erdogan. Dès son arrivée, le Souverain Pontife a clairement expliqué le sens de sa venue en affirmant qu'"il est fondamental d'honorer la dignité et la liberté des enfants de Dieu", prenant ainsi la défense des chrétiens toujours mal acceptés dans le pays en dépit de leur nombre réduit.

Rencontre œcuménique et interreligieuse

Mais c'est le lendemain vendredi 28 novembre que s'est tenu le moment le plus fort de ce début de tournée avec la rencontre œcuménique de prière à Iznik, l'antique Nicée ou s'est tenu en 325 le concile qui a fixé le texte du Credo, l'acte de foi de tous les chrétiens. Toutefois, le Pape s'est abstenu de prononcer le "filioque" affirmant que l'Esprit saint procède du Père et du Fils, cette formule étant justement la cause principale du schisme de l’Église orthodoxe en 1054.

Le samedi 29 novembre, à Istanbul, le Pape a commencé la journée en se rendant à la Mosquée bleue, chef d’œuvre de l'architecture ottomane du XVIIe siècle, où il "a vécu sa visite en silence, dans un esprit de recueillement et d'écoute, avec un profond respect pour le lieu et la foi de ceux qui s'y rassemblent pour prier" a commenté, à l'issue, la salle de presse du Saint-Siège. Plus tard, il a rencontré comme ses prédécesseurs le patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, avec lequel il a signé une déclaration commune visant notamment à poursuivre les efforts afin d'arrêter une date commune pour la fête de Pâques, avant de célébrer la messe anticipée du premier dimanche de l'Avent à la Volkswagen Arena qui a réuni 4000 fidèles. Dans son homélie, le Saint-Père a invité l'assemblée à prendre pour l'Avent des résolutions en faveur de l'unité "afin que nos pas se déplacent comme sur un pont qui unit la terre au Ciel et que le Seigneur a jeté pour nous".

Prière avec les Arméniens

La dernière journée du dimanche 30 novembre a été consacrée à la prière. Tout d'abord à la cathédrale apostolique arménienne d'Istanbul où les mots du Pape étaient très attendus dans cette communauté profondément marquée par le génocide de 1915. Léon XIV s'est néanmoins gardé d'utiliser ce terme très fortement contesté par le gouvernement turc, préférant utiliser ceux de "circonstances tragiques". Puis Léon XIV a participé à la divine liturgie en l'église patriarcale d'Istanbul avant de s'envoler vers le Liban.

De cette première étape, forcément discrète dans un pays majoritairement musulman, on retiendra surtout la volonté du pape Léon XIV de continuer à œuvrer en faveur de l'unité des chrétiens de toutes confessions.

Au Liban, une consolation

Au Liban, dont les chrétiens, toutes Églises confondues, représentent un tiers de la population, la visite du pape Léon XIV était beaucoup plus attendue. En cette fin d'année du Jubilé de l'Espérance, elle est apparue comme une consolation pour ce pays meurtri par de multiples crises depuis de nombreuses années. Placée sous le thème "Heureux les artisans de paix", cette deuxième étape du voyage apostolique a été dominée par un appel à la fin des hostilités dans une région toujours rongée par la guerre et les divisions.

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