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Guillaume, Mathilde… Ces “Monsieur et Madame Tout-le-monde” qui changent le monde

MATHILDE-BENEVOLE

Mathilde.

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Hortense Leger - publié le 04/12/25
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Alors que le 5 décembre marque la Journée mondiale du bénévolat, Aleteia vous propose de partir à la rencontre de Mathilde, Guillaume ou encore Mathieu, engagés bénévoles en France. Leur mot d’ordre ? Servir, gratuitement, et découvrir que donner, c’est aussi recevoir.

Une respiration vitale. Le 5 décembre marquant la Journée mondiale du bénévolat, Aleteia a décidé de donner la parole à celles et ceux qui transforment le quotidien par leur engagement discret. Au chevet des plus vulnérables, au cœur des camps d’été ou dans la chaleur d’une maison partagée, volontaires de tous âges incarnent une fraternité qui donne du sens à notre société. Mathilde, Guillaume, Marie-Martine, Mathieu et Mathilde témoignent d’une même conviction :  le service de l’autre est source de joie profonde.

1Mathilde : trouver sa place au service des plus petits 

Mathilde Allard

Les notions "d’engagement et de service", Mathilde les a découvertes à travers le scoutisme au cours de son enfance nantaise. À 28 ans, cette juriste en droit de la santé à Paris, poursuit son chemin auprès des plus vulnérables. Et ce depuis un événement qui a marqué sa vie, il y a quelques années de cela. Lourdes, 2019 : Mathilde participe à un rassemblement où elle accompagne des personnes pauvres. "Ça a planté une petite graine", témoigne-t-elle. Quand elle voit, en 2023, que l’association Fratello prépare le Jubilé des pauvres à Rome, elle se lance sans hésiter : "Je savais que j’avais envie de filer un coup de main, peu importe le format." Fratello met les plus petits au cœur de l’Église et organise chaque année, depuis 2017, un événement autour de la Journée mondiale des pauvres, confiée par le pape François. Mathilde y trouve un lieu où l’on sert simplement, avec confiance. "Je me suis rendue disponible. Je leur ai dit : faites ce que vous voulez de moi."

Elle se retrouve ainsi responsable de l’hébergement de 600 pèlerins, petite main des réseaux sociaux, ou même guide improvisée : "Je n’aurais jamais pensé faire ça, et pourtant je me suis prise au jeu." Ce qui la marque : les visages, les joies simples, les rencontres fortes. Comme ce moment où deux compagnons de la rue lui demandent d’écrire leurs intentions de prière et les présentent ensemble devant le Saint-Sacrement, ou quand cette responsable venue de Suisse pleure d’émotion en parlant de la Porte sainte. Pour Mathilde, le bénévolat est vital : "L’engagement, c’est une respiration. Les relations y sont gratuites." Elle en est convaincue, "la société ne peut pas fonctionner sans ce tissu d’associations." Et elle encourage ceux qui hésitent : chercher l’endroit où l’on se sent utile, persévérer, oser. Car, dit-elle, "quand chacun trouve sa place, on goûte quelque chose du Royaume des cieux sur terre."

2Guillaume : "Viens voir, tu verras la joie"

Guillaume de Saint-Exupéry

À 48 ans, Guillaume dirige l’unité de secourisme des Hauts-de-Seine de l’Ordre de Malte. Marié, père de trois enfants, il s’est engagé il y a plus de quinze ans, après avoir longtemps participé aux quêtes de son enfance scout. Peu à peu, il a trouvé dans le secourisme une manière directe de servir : "On aide les pauvres et les malades, c’est un enthousiasme fort." À la tête de 60 secouristes bénévoles, il coordonne gardes SAMU, interventions auprès des pompiers de Paris et dispositifs de secours lors d’événements. Mais il continue lui-même à enfiler la tenue : "Il faut toujours montrer l’exemple." L’engagement est exigeant, mais il y voit une source inépuisable de sens : offrir son temps, son regard, sa présence. "Ne serait-ce qu’avoir un sourire d’une personne qu’on aide, c’est une joie incommensurable." Sa foi catholique n’est jamais théorique : elle s’incarne dans les gestes, parfois très simples, envers les plus fragiles. Comme ce matin où, en courant, il s’est arrêté pour vérifier qu’un homme vivant dans la rue respirait encore. "Faire le bien autour de soi, c’est primordial. Si chacun s’y mettait, ce serait atomique. Une bombe d’amour." Autour de lui, beaucoup de jeunes secouristes, motivés et généreux. À celui qui hésite, il lance une invitation : "Viens voir au moins une fois. Sers le plus faible, et tu verras la joie que ça t’apporte."

3Marie-Martine, une présence au seuil de la vie

Marie-Martine Georges-Loiselet
Marie-Martine Georges-Loiselet

Depuis dix-sept ans, Marie-Martine se rend chaque semaine au chevet de personnes en fin de vie. Bénévole en soins palliatifs, elle a été formée à Paris avant de poursuivre son engagement dans le Sud-Ouest, où elle est désormais présidente de la fédération Alliance, association qui propose un accompagnement des personnes en grande vulnérabilité, en fin de vie et en deuil. "La fin de vie est l’affaire de tous", aime-t-elle rappeler. Pour elle, cet engagement n’a rien d’un geste ponctuel : c’est un chemin exigeant, humble et profondément humain. Sa vocation est née d’une blessure intime. "J’ai perdu ma mère dans des douleurs terribles. Je trouvais scandaleux qu’on laisse partir des personnes dans de telles conditions." Longtemps, sa vie ne lui a pas permis de s’engager. Puis, quand la stabilité est venue, elle a franchi le pas. Ce qu’elle a découvert l’a transformée : un accompagnement où le temps se suspend, où la vérité entre deux êtres devient la matière même de la rencontre. Le bénévole, dit-elle, n’apporte ni solution ni discours, mais une présence vraie. "Il se passe quelque chose quand on ouvre la porte. Une connexion possible ou pas. Le malade, lui, est toujours en vérité." Certains accompagnements restent gravés, comme cet homme qui, pourtant opposé ce jour-là à toute visite, lui a dit en l’accueillant : "Vous avez une présence apaisante et rassurante." Puis, dans un souffle, "merci". Loin de la tristesse que l’on imagine, ce bénévolat est pour elle une source de vie. "Ça porte, ça aide à mieux vivre. Si c’était triste, on n’y retournerait pas." Ce qu’elle reçoit de ces rencontres, elle souhaite le transmettre : un regard bienveillant, une proximité vraie qui "va au-delà" des mots et des gestes.

4Mathieu, la simplicité des relations 

Mathieu Menant
Mathieu Menant

À 23 ans, Mathieu raconte son engagement au sein de l’association A fond la vie avec une émotion calme, presque lumineuse. "Après trois ans de prépa littéraire, très théoriques, j’avais besoin de me sentir vivre, de vivre avec des humains", confie-t-il. C’est une amie, Bérénice, qui lui fait découvrir l’association, où des jeunes organisent des séjours de vacances pour des personnes handicapées. Ce qui le séduit immédiatement ? "Tout le monde est en vacances : il n’y a pas ceux qui travaillent et ceux qui profitent." Animateur une première année, il devient directeur d’un camp lors de l’été 2024, sur la presqu’île de Quiberon. Une responsabilité qu’il assume avec sérieux et qui le marque : "On a la main sur absolument tous les aspects d’organisation."

Baignades, parcs d’attractions, fest-noz : le séjour est dense, joyeux, parfois "surexcité". Mais un moment le marque plus que les autres : une vacancière qui pratique la danse au sol. "Elle est descendue de son fauteuil et s’est mise à danser … C’était bouleversant. Ça assainit le rapport au corps, ça réconcilie." Aujourd’hui installé à Berlin, Mathieu mesure l’héritage intime de ces étés. "Ça m’a beaucoup décoincé dans le rapport aux inconnus. Être simple dans ses relations, c’est une énorme qualité." À ceux qui craignent de s’engager, il répond sans hésiter : "La découverte humaine est énorme."

5Mathilde : vivre au rythme de la maternité

Mathilde Tirard
Mathilde Tirard

Arrivée de Lyon pour reprendre ses études à Paris en 2024, Mathilde découvre à 27 ans l’association Marthe et Marie. Elle apprend alors que ces colocations solidaires accueillent des femmes enceintes ou jeunes mamans en situation de précarité, leur offrant un lieu stable, chaleureux, et la présence quotidienne de volontaires qui partagent leur vie. "Ce n’est pas un foyer, c’est une maison où l’on se relève ensemble", lui explique-t-on. Séduite par cette simplicité habitée, elle décide de s’engager pour un an, à partir de septembre 2024. Dès les premières semaines, Mathilde comprend que ce volontariat n’a rien d’un engagement en demi-teinte : ici, on se rend disponible, on écoute, on vit au rythme des mamans et de leurs enfants. "J’ai appris à être juste là, sans vouloir réparer", confie-t-elle. Elle prend un bébé dans les bras pour permettre à une maman de souffler, improvise un repas ou une activité simple avec les autres volontaires, offre sa présence sans attendre de résultats visibles. Cette année la transforme. "J’ai découvert la puissance des liens simples", raconte Mathilde. Les soirs de fatigue partagée, les éclats de rire à table, les confidences sur les peurs de l’avenir deviennent pour elle des moments de joie précieux dans son quotidien. Elle mesure aussi le courage discret des mères isolées, la réalité de la précarité, la fragilité de l’exil. En quittant la coloc, Mathilde repart différente : "Elles m’ont ouvert les yeux. Je croyais donner de mon temps ; j’ai reçu une manière nouvelle de regarder la vie."

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