Être parent est un rôle singulier. Sans aucun contrat, ni aucune formation, du jour au lendemain, il vous est demandé d’être à la fois cuisinier, chauffeur, thérapeute, conteur d’histoire... Sans compter que de nombreux parents doivent en plus concilier ces responsabilités avec les exigences de leur travail.
La plupart du temps, chacun se débrouille tant bien que mal, remportant quelques petites victoires, tout en espérant que personne n’ait remarqué que le dîner s’est limité à un bol de céréales. Mais il y a certains jours où l'on est à bout de forces devant la charge de travail, le linge qui s'accumule ou un adolescent grognon qui lance une remarque cinglante. Il est alors facile d’être tenté de démissionner de cette charge ingrate, puis d’être pris d’un sentiment de culpabilité, en jugeant que l’on est sûrement un “mauvais parent”.
Pourtant, il est très humain de se sentir dépassé par la charge parentale. Une étrange croyance subsiste, qui voudrait que le parent idéal soit infiniment patient, émotionnellement imperturbable et capable de réagir avec sagesse à toute heure. Au contraire, les parents, comme tout être normal, se fatiguent, se sentent débordés ou surstimulés et rêvent parfois de silence et d’une maison vide où personne ne les appelle. Se sentir fatigué d'être parent ne signifie pas moins aimer ses enfants. Cela signifie simplement que l’on a atteint ses limites du moment.
Le besoin de soutien
Ceux qui prennent soin des autres au quotidien ont, eux aussi, besoin de réconfort, de tranquillité et de repos. Il y a quelque chose de profondément rassurant dans le regard d’une personne qui vous dit : « Tout va bien. Je suis là. ». Un parent donne ce soutien émotionnel à son enfant, mais il a besoin aussi d’en avoir un lui-même. Ayez dans vos contacts et vos proches une liste de personnes-relais de confiance. Quand votre conjoint(e) n’est pas disponible et prêt à vous relayer ou à vous soutenir, il faut pouvoir solliciter un ami bienveillant qui vous écoutera sans jugement, un frère ou une sœur qui comprend le chaos ambiant ou un voisin qui pourra s’occuper des enfants une demi-heure. De même, se tourner vers Dieu et le prier un court instant apporte souvent un véritable apaisement, et aide à y voir plus clair… ou même à débloquer une situation qui semblait inextricable.
Gardez en tête que vous n’élevez pas seulement des enfants. Vous façonnez des âmes et vous semez des graines dont vous verrez les fruits plus tard.
Il est important aussi de bloquer de temps en temps dans vos agendas des journées ou demi-journées de pause, pour vous recentrer sur vous et prendre le temps de vous reposer et de prier. Ces moments privilégiés vous aideront aussi à tenir et à recharger vos batteries.
S’adapter lorsque l’on est à bout de forces
Quand les forces manquent, de petites actions peuvent déjà soulager le quotidien immédiat. Un quart d'heure de calme dans votre chambre peut suffire à apaiser un esprit surmené. Une courte promenade dans le quartier peut vous aider à relâcher les tensions accumulées. Un dîner simple, nécessitant peu de vaisselle, peut sauver une soirée. Les enfants n'ont pas besoin de repas gastronomiques ni d'une gestion parfaite de leurs émotions. Ils ont besoin de parents paisibles et aimants, même s’ils sont un peu décoiffés.

Être parent est un travail incessant, extraordinaire et profondément épuisant – et le secret que personne ne partage sur Instagram, c'est que presque tous les parents rêvent de temps en temps de déconnecter.
Le cercle vicieux de la culpabilité
Cette petite voix lancinante qui vous accuse d’être un mauvais parent se fait presque toujours entendre dans les moments d’épuisement, qu’il est facile de confondre avec l’échec. Pourtant, la culpabilité et le sentiment d’échec oublient les mille attentions dont vous avez fait preuve, et les défis et difficultés que vous avez déjà relevé dans la journée. De plus, paradoxalement, se sentir coupable prouve que l'on se soucie profondément de ses enfants.
La foi chrétienne enseigne que la culpabilité est liée à la vérité. Tout le monde fait des erreurs, mais Dieu est un Dieu de miséricorde qui ne s’étonne jamais de la faiblesse de l’homme et qui veut toujours le relever. Se complaire dans la culpabilité creuse un abîme inutile, alors que se tourner vers la vérité et vers l’amour inconditionnel de Dieu permet d’avancer.
Une grâce cachée derrière les difficultés
Les saisons passent. Rappelez-vous que les adolescents deviennent des adultes reconnaissants qui se souviennent soudain de tout ce que vous avez accompli pour tenir le foyer ensemble.
Lors de vos périodes de difficulté, souvenez-vous aussi que vous connaissez Celui qui peut le mieux vous soutenir dans vos difficultés. Il voit le labeur invisible, les respirations patientes, le courage de toujours recommencer. Vous êtes guidé et accompagné par un Père qui ne se lasse jamais de vous et vous aimera toujours.
Enfin, quand votre éducation ressemble à un échec, gardez en tête que vous n’élevez pas seulement des enfants. Vous façonnez des âmes et vous semez des graines dont vous verrez les fruits plus tard. Et croyez-le : vous vous en sortez beaucoup mieux que vous ne le pensez !











