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L’enseignement catholique “alerte” sur “de graves abus” lors des contrôles

Une école primaire catholique à Lyon.

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La rédaction d'Aleteia - avec AFP - publié le 03/12/25
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Auditionné par la commission des affaires culturelle et de l’éducation de l’Assemblée nationale le 2 décembre, Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, a demandé à ce qu’une mission parlementaire soit consacrée aux "graves abus d’autorités" lors des contrôles effectués dans les établissements privés.

Le secrétaire général de l'enseignement catholique, Guillaume Prévost, a affirmé mardi 2 décembre lors d'une audition parlementaire que "de graves abus d'autorité" avaient eu lieu lors de contrôles dans des établissements privés sous contrat, appelant à "une mission parlementaire sur les conditions" dans lesquelles ils se déroulent.

"J'alerte solennellement votre attention de parlementaires sur les graves abus d'autorité qu'occasionnent [...] les contrôles de l’Éducation nationale dans nos établissements à l'heure actuelle", a-t-il déclaré lors d'une audition devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale. "J'appelle solennellement à une mission parlementaire sur les conditions de ces contrôles et sur les graves abus d'autorité", a-t-il ajouté.

Une "instrumentalisation éhontée des contrôles"

Après les révélations de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d'autres établissements privés, l'ex-ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, avait dévoilé en mars un plan, "Brisons le silence". Il prévoyait notamment que 40% des établissements privés sous contrat (sur un total d'environ 7.500, en grande majorité catholiques) seraient inspectés dans les deux prochaines années.

Son successeur Édouard Geffray a indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et qu'on serait "comme prévu à 1.000 contrôles d'ici la fin de l'année et 40% du privé sous contrat (...) contrôlé d'ici 2027". Guillaume Prévost, qui a évoqué "900 contrôles", a indiqué qu'il y avait une "instrumentalisation éhontée des contrôles" pour "insécuriser les personnels, fragiliser nos écoles et fermer nos petites écoles rurales mixtes".

"Des postures complètement inadaptées"

"Je prends un exemple qui m'a particulièrement choqué: des inspecteurs qui questionnent un enfant sans présence d'adultes tiers sur les convictions religieuses de sa famille et sur ses pratiques religieuses. C'est parfaitement scandaleux", a-t-il ajouté. Ce n'est pas la première fois que le secrétaire général de l'enseignement catholique évoque ce sujet. Dans un entretien avec l'AFP fin août, il avait fait état de "remontées de certains contrôles qui se passent très mal", avec "des postures complètement inadaptées".

Lors de sa nomination à la tête de l’enseignement catholique, Aleteia avait interrogé Guillaume Prevost au sujet des mesures prises : "Des mesures ont été prises et nous allons les améliorer, avancer grâce aux décisions de mon prédécesseur : audit des internats qui sont des lieux de prévalence, référentiel de certification avec un contrôle de qualité. À plus long terme, il faut réfléchir à la manière dont le caractère “systémique” se traduit dans les établissements". Avant d’ajouter, plus nuancé : "Sur la question des abus, la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale a, du reste, été décevante : pas d’enquête de victimation, pas de réflexion sur la place de l’élève, sur l’autorité et la manière de l’exercer".

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