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De Rocamadour à Paris, La Sportelle élève la voix pour la Vierge

Ensemble La Sportelle - Messe en ut - Festival de Rocamadour

Ensemble La Sportelle - Messe en ut - Festival de Rocamadour

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Hortense Leger - publié le 03/12/25
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La Sportelle, chœur professionnel né à Rocamadour, présente ce 4 décembre à l’église Saint-Étienne-de-Mont (Paris) son nouveau disque, "Hymne à la Vierge". Entre héritage spirituel et création musicale, l’ensemble fait rayonner la musique sacrée sur les pas de la Vierge noire et de Francis Poulenc. Rencontre.

Chanter pour la Vierge noire. L’ensemble musical La Sportelle donne, ce jeudi 4 décembre, un concert à Saint-Étienne-de-Mont (Paris) pour la sortie de son nouveau disque "Hymne à la Vierge", en vente depuis le 17 octobre. Ce chœur professionnel, créé en 2017, est intimement lié à Rocamadour, sanctuaire marial emblématique du sud-ouest de la France et étape incontournable du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Il emprunte d’ailleurs son nom à la médaille en forme d’amande offerte aux pèlerins, symbole de rayonnement de la cité médiévale.

Porter la musique chorale

La vocation de La Sportelle ? Interpréter la musique sacrée, du Moyen Âge à l’époque contemporaine, en passant par différents formats : du petit ensemble de huit membres au chœur de chambre de plus de vingt chanteurs avec orchestre. L’ensemble fait partie intégrante du grand projet "Rocamadour Musique sacrée", destiné à exprimer le dynamisme de la musique sacrée par différentes composantes : le Festival de Rocamadour, créé en 2006, le Label Rocamadour inauguré en 2020 mais aussi la Fondation Rocamadour Musique Sacrée, née en 2024. "Divers projets qui ont pour mission de souligner ce que le sanctuaire marial peut apporter d’un point de vue artistique.", explique Emmeran Rollin, directeur général et artistique de la Fondation. L’ensemble La Sportelle a lui pour objectif d'aller porter ce répertoire musical partout où il est invité : majoritairement en France, mais aussi en Belgique, en Allemagne ou en Suisse. Il apporte aussi une formation vocale et musicale à tous les publics présents sur son territoire de résidence, autour de Rocamadour : ateliers hebdomadaires ou mensuels, actions dans des EHPAD et en milieu scolaire qui créent un dynamisme et un esprit de transmission. 

Un hymne à la Vierge

Le quatrième disque de La Sportelle édité sous le Label Rocamadour, "Hymne à la Vierge", est sorti le 17 octobre 2025. Un programme concocté par le chef et chanteur anglais Owain Park, invité par l’ensemble pour une collaboration de trois ans. "L’idée est qu’il puisse apporter le savoir-faire du "consort", un format de musique de chambre comprenant un ou deux chanteurs par voix, donc huit ou neuf interprètes en tout.", résume Emmeran Rollin. Pour ce premier disque, le directeur artistique de l’ensemble a laissé carte blanche au chef anglais. "Il a proposé cet hommage à la Vierge Marie, sûrement pour tisser un lien avec Rocamadour, sanctuaire marial de la Vierge noire. Il a choisi des œuvres qui créent un programme cohérent, du grégorien à la création contemporaine." Le disque présente seize pièces, de Thomas Luis de Victoria, prêtre et compositeur espagnol de la fin du XVIe siècle, à Igor Stravinsky (1882 - 1971), en passant par Sainte Hildegard de Bingen, toutes consacrées à la Vierge. L’album met aussi en lumière une composition d’Owain Park, Prière pour Marie, écrite en français. L’ensemble présentera son nouveau disque lors de trois concerts : le 4 décembre dans l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, le 5 décembre à la cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul à Troyes et le 6 décembre à la collégiale Notre-Dame à Semur-en-Auxois.  

Rocamadour, cité des arts

Mais les chanteurs de La Sportelle ne sont pas les premiers à célébrer le lien qui unit Rocamadour à l’art. Ce sanctuaire marial niché sur une falaise abrupte dominant la vallée de l'Alzou, dans le Lot, a toujours été l’endroit de l’expression de la créativité humaine. "Rocamadour est un lieu de beauté, de transcendance, qui élève, et ce depuis la Préhistoire. On trouve d’ailleurs des traces d’art pariétal dans la grotte sacrée de la cité médiévale. Depuis longtemps, les hommes ont choisi ce lieu pour exprimer leur spiritualité.", souligne Emmeran Rollin. 

Une attache intime relie d’ailleurs le sanctuaire et le compositeur et pianiste français Francis Poulenc (1899-1963). "Poulenc est l’une des facettes artistique et musicale de Rocamadour. Ce qu’il a vécu fait partie de ce qui émane de ce lieu." Le 22 août 1936, lorsqu’il se rend pour la première fois à Rocamadour, Francis Poulenc est bouleversé. Le soir-même, il compose sa première œuvre de musique sacrée : Les Litanies à la Vierge noire de Rocamadour. Dès lors, il y revient chaque année, jusqu’à sa mort, en 1963, et en fait l’inspiration de toute sa musique sacrée. Son Stabat Mater, son opéra Le Dialogue des Carmélites, ou encore son œuvre Figure humaine sont tous dédiés à la Vierge noire de Rocamadour. A un journaliste qui lui parle de sa rencontre avec le sanctuaire, Poulenc confie, en 1953 : "Vous connaissez désormais la principale source d'inspiration de ma musique." L’association Rocamadour Musique sacrée a d’ailleurs vu le jour en 2006, à l’occasion de l'anniversaire de la première venue de Poulenc au sanctuaire. "Ce lien entre Poulenc et la cité nous porte : nous sommes persuadés que Rocamadour peut transmettre la beauté et inspirer. La Sportelle en est l’une des nouvelles expressions.", conclut Emmeran Rollin. 

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