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Licenciements chez les géants : l’algorithme prend-il le pas sur l’humain ?

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La rédaction d'Aleteia - publié le 02/12/25
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Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA), des géants comme Amazon et HP annoncent des suppressions massives d’emplois, suscitant l'inquiétude. Entre optimisation des organisations et risques de déclassement des salariés, comment les entreprises et les travailleurs peuvent-ils s’adapter à cette transformation majeure du monde du travail ?

Quand l’algorithme remplace le collègue : cette crainte est devenue tangible pour des milliers de salariés chez des géants comme Amazon ou HP, qui ont récemment annoncé des suppressions massives d’emplois au nom de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.

Le 28 octobre, Amazon a annoncé ainsi la suppression de 14.000 postes "de bureau" à travers le monde. L'objectif : "organiser de manière plus fluide, avec moins de niveaux hiérarchiques et plus de responsabilités, afin d’évoluer au plus vite pour nos clients et notre activité", a justifié la vice-présidente en charge des ressources humaines et de la technologie du groupe, Beth Galetti. À peine un mois plus tard, fin novembre le géant de l'informatique HP procédait lui aussi à une taille conséquente dans ses effectifs. L'entreprise prévoit ainsi la suppression de 4.000 à 6.000 emplois d’ici à fin 2028 dans le cadre d’un plan d’adoption de l’intelligence artificielle (IA), assumant pour la première fois un lien direct entre des réductions de personnel et la mise en place d’outils IA.

Réduction de la “bureaucratie”, optimisations, redistribution des ressources vers des projets stratégiques... Les explications des entreprises avancées pour justifier de telles coupes d'effectifs sont nombreuses et ne manquent pas de provoquer une onde de choc chez les salariés concernés et dans l’opinion publique. Chez Amazon, les licenciements ont généré un mélange d’inquiétude, de colère, mais aussi de résignation, certains employés dénonçant un choix purement économique, justifié par la montée en puissance de l’IA et des logiciels automatisés. Les syndicats et associations de défense des travailleurs dénoncent quant à eux une "déshumanisation" du travail, où les salariés deviennent de simples variables d’ajustement dans une course à la productivité.

L’IA est-elle en train de devenir la “broyeuse d’emplois” annoncée par certains ? "Les grandes entreprises s'appuient sur des phénomènes de société pour prendre des décisions radicales en termes d’optimisation. Pendant le Covid, elles supprimaient des locaux pour réduire les coûts ; aujourd’hui, l’IA offre un nouvel effet d’aubaine", analyse auprès d'Aleteia Pierre Guillet, président des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC).

Former et sensibiliser

L'IA constitue l'un des enjeux les plus cruciaux du XXIe siècle. Sa prise en compte, selon Pierre Guillet, repose d'abord sur la formation : "Il faut s’y intéresser, sensibiliser et former dirigeants comme collaborateurs. C'est un outil qui peut optimiser et valoriser le travail de l’ouvrier, à condition de le familiariser à son usage."

Nombre de métiers — y compris manuels — vont être transformés, parfois complétés par l’IA, avance ainsi Pierre Guillet. Les dirigeants ont alors un devoir de vigilance : accompagner les salariés pour éviter le risque de déclassement. Pierre Guillet invite aussi à regarder au-delà du seul impact de l’IA sur l’emploi pour comprendre ce qui se joue réellement. En investissant ainsi dans l'IA, une entreprise comme Amazon impose une concurrence féroce aux plus petits commerces. Mais cette même dynamique pourrait aussi rebattre les cartes, et devenir une opportunité : "Aujourd’hui, le petit commerce peut accéder à son tour à ces outils d’IA pour proposer plus de services et devenir incontournable."

"Le phénomène de l'IA est là. Il est présent et il a une influence sur la manière dont les entreprises considèrent la main d'œuvre", a récemment déclaré le vice-président de la Réserve fédérale américaine Philip Jefferson. Le cabinet McKinsey estime ainsi que 30% des emplois américains seront automatisés d'ici 2030. De son côté, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, avertissait dans une interview au printemps que 50 % des emplois de "cols blancs" (de bureau) sont menacés par l’IA. Inversement, Gartner prévoit que l'IA créera plus d'emplois qu'elle n'en supprimera d'ici 2027, montrant l'incertitude qui entoure cette évolution technologique.

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