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Augustin, atteint de la maladie de Charcot : “Mes Jeux olympiques, c’est mon quotidien”

Atteint d’une maladie neurologique dégénérative, Augustin, 22 ans, voit ses capacités physiques diminuer au fil des années. Alors pour s’en sortir et avancer, il choisit le sport. Présent sur les réseaux sociaux, il montre aux internautes que le handicap n’est pas un frein mais plutôt un moteur. Un beau parcours de résilience alors que la Journée mondiale des personnes handicapées, célébrée le 3 décembre, veut rappeler la dignité et la force des personnes en situation de handicap. 

4 min de lecture

Source: ©handicape_evolution

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Depuis sa naissance, Augustin est atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une maladie neurologique dégénérative. Mais lorsqu’il est hospitalisé à cause d’une infection pulmonaire à ses 7 ans, il apprend qu’il ne pourra plus vivre comme avant. Il perd la moitié de l’usage de ses mains et de ses jambes et doit désormais se déplacer en fauteuil roulant. Sa famille l’entoure avec bienveillance mais à l’école, la solitude s’installe. "À l’école et au collège, je voyais le regard insistant des élèves, je recevais des insultes, je n’avais pas d’amis. Un jour, on a crevé la roue de mon fauteuil roulant", confie le jeune homme aujourd’hui âgé de 22 ans à Aleteia. Pourtant, au cœur de cette épreuve, Augustin découvre un talent inattendu : la magie. "Je m’entraînais à faire mes tours de magie dans ma chambre et je parcourais les plages pendant les vacances pour glaner des sourires", raconte-t-il.

Le vélo et Augustin, une histoire de roues adaptées et de volonté illimitée

"On a tous un moment où notre vie bascule. Personnellement, j’ai choisi de suivre mes rêves." A 12 ans, un objet attise sa curiosité sur une plage bretonne. Augustin rencontre un homme sur un handbike, un vélo adapté aux personnes en situation de handicap. Fasciné, il rêve d’en avoir un lui aussi mais les 3.000 euros nécessaires sont hors de portée. "J’ai imaginé la liberté que ce vélo pouvait m'apporter alors deux ans plus tard, j’ai créé une cagnotte en ligne et imprimé des prospectus que je distribuais aux commerçants. Un jour, un restaurant m’a donné l’équivalent de 3 jours de pourboire", explique-t-il. En une semaine, il réussit à récolter plus de 2.000 euros : une véritable victoire.

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Le handicap, un moteur pour avancer

"Mes Jeux olympiques, c’est mon quotidien : ramper, marcher quelques mètres, porter des objets lourds, …", décrit Augustin. En 2019, ce jeune de 16 ans décide de se mettre au sport, contre l’avis de son médecin. Ses trois séances par semaine l’aident à rester en forme, à empêcher sa maladie de s’aggraver et à devenir plus autonome : "Grâce au sport, j’ai une plus grande stabilité, j’arrive à me mettre debout et à marcher entre 10 et 20 mètres dans un environnement que je connais bien". 

Si Augustin perd entièrement l’usage de ses jambes quatre ans plus tard, il continue néanmoins ses séances de sport, et intensifie même le rythme : "Le sport me mène à mes limites. J’apprends à me donner et à sortir de mes zones de confort." Sa devise ? Entraînement difficile, guerre facile. À la salle de sport, nombreux sont ceux qui le remercient pour son sourire et sa motivation : "À partir de ce moment-là, j’ai pris conscience que ma présence dans ces lieux pouvait avoir un réel impact sur les autres". Ce conseiller commercial actuellement en alternance à Angers devient, sans le chercher, un témoin de ténacité, d’espérance et de joie.


Depuis novembre 2025 Augustin ouvre un nouveau chapitre : organiser des conférences auprès d’entreprises ou de centres de formation. La première à Limoges, avec pour thème " avancer dans sa vie : l’engagement comme moteur ", rassembla plus de 180 personnes. "Je ne veux pas faire des discours motivants préfabriqués. Je veux partager un message simple : ce n’est pas le corps qui décide de ta vie, c’est ton engagement personnel. On ne choisit pas ce qui nous arrive, mais on choisit toujours comment on y réagit", détaille-t-il. Car si Augustin voit du beau dans son quotidien, c’est qu’il a réalisé combien la vie est précieuse : "demain n'est pas un jour banal, il ne nous est pas dû. Ce jour s'offre à nous : un jour magnifique s'ajoutant à notre vie." Sa plus grande fierté restera de s’être relevé à chaque fois et de toujours avancer, même lentement : "Peu importe ta vitesse, tu peux choisir chaque soir de passer la ligne d’arrivée".