Le reiki est une pratique de bien-être née au Japon au début du XXe siècle. Créée par Mikao Usui, elle repose sur l’idée qu’une "énergie universelle" circule dans le corps et que le praticien peut aider à la rééquilibrer, par l’imposition des mains. Après la mort d’Usui en 1926, le reiki a été exporté par Hawayo Takata qui l’a popularisé aux États-Unis entre 1940 et 1970. Cette discipline rencontre aujourd’hui un succès notable sur le territoire américain, réputé pour sa culture du bien-être et des médecines alternatives. Selon une analyse récente du National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), la proportion d’adultes américains ayant déclaré avoir utilisé au moins une approche "complémentaire / alternative" parmi les sept étudiées est passée de 19,2% en 2002 à 36,7% en 2022. De nombreux hôpitaux et centres de santé américains ont ainsi intégré le reiki comme thérapie complémentaire. En 2009, la Conférence des évêques catholiques américains a publié une déclaration sur les dangers spirituels du reiki, l’estimant incompatible avec la foi chrétienne et potentiellement source de confusion spirituelle.
Aucune preuve scientifique de guérison
Bien qu’il puisse favoriser la détente et réduire le stress, le reiki ne possède pas la crédibilité scientifique requise pour être utilisé comme méthode de guérison naturelle. Autrement dit, les méthodes employées ne reposent pas sur la science médicale, mais sur la croyance en une force spirituelle. Bien que certains croient que cette force provient de Dieu, la méthode du reiki n'est pas conforme à la guérison divine telle qu'elle est décrite dans la Bible. Dans la foi chrétienne, la guérison divine passe par la prière au Christ, là où le reiki repose sur une technique transmise de maître à élève, indépendante de la prière et considérée comme produisant des effets "fiables".
Les personnes qui ont recours à cette pratique n’ont pas trouvé de solution ailleurs.
"Les personnes qui ont recours à cette pratique n’ont pas trouvé de solution ailleurs", explique le père Baudouin Ardillier. "Leurs profils sont très différents : il peut s’agir d’un catholique n’ayant pas fait l’expérience de Jésus, d’un musulman en quête de sens ou d’un athée."
Charismes de guérison et sacrement des malades
"La pratique du reiki et de l’ensemble de ces nouvelles spiritualités sont aujourd’hui banalisées", déplore le père Ardillier. Selon lui, faute de pratiques pastorales authentiques où Dieu se manifeste, les croyants se tournent vers d’autres expériences, souvent impressionnantes mais trompeuses. "Pendant des années, l’Église a mis les charismes en pause, et ils ont été remplacés par des copies dénaturées du démon : le démon copie les charismes car ils sont efficaces et manifestes", explique le père Baudouin Ardillier. "Mais Vatican II a ouvert la voie au renouveau charismatique, qui a redonné visibilité et importance aux charismes." En réponse aux demandes de guérison corporelle adressées à Dieu, l’Église administre le sacrement des malades, qui nous unit au Christ au cœur de notre épreuve et nous permet de la vivre avec Lui.
Les praticiens créent une "religion bis"
Pour un catholique, placer sa confiance dans le reiki peut conduire à la superstition, c’est-à-dire à détourner la relation avec Dieu en se fiant à d’autres forces spirituelles. "C’est parce qu’il y a une place à prendre que la place est prise et c’est parce qu’il n’y a pas Dieu que le démon l’utilise", prévient le père Baudouin Ardillier. "Les maîtres reiki entretiennent un hyper-développement de leur sensibilité pour être traversés par les "grandes énergies cosmiques universelles". En réalité, ils font appel à des forces supérieures, qu’ils croient bienveillantes et qui sont clairement des forces démoniaques. C’est ce qu’on appelle la magie blanche : on n’invoque pas le démon directement, contrairement à la magie noire." Pour le père Baudouin, la recette est la même pour toutes les pratiques ésotériques, telles que la cartomancie ou la tarologie : sans le savoir, le praticien invoque le démon.
Le seigneur des ténèbres va lui apporter un apaisement immédiat, mais en échange il y a un prix à payer.
"Concrètement, le reiki va ouvrir nos chakras - les chakras sont des portes énergétiques qu’on a tous - pour mieux ressentir : à ce moment-là, on élimine les filtres que l’humanité, par l’intelligence et par la volonté nous donne, et on ouvre une porte que le démon utilise. Sur le moment, la personne va ressentir un soulagement : le seigneur des ténèbres va lui apporter un apaisement immédiat, dans le cas d’une dépression par exemple, mais en échange il y a un prix à payer et celui-ci est très fort : c’est l’infestation, qui donne des droits au démon sur la vie et sur les proches de la personne."
Pour le père Baudouin Ardillier, toutes ces sciences occultes ont pour conséquence de nous détourner de l’abandon à Dieu et du besoin d’être sauvé, puisqu’on cherche à être guéri. "Elles nous éloignent des sacrements, de l’obéissance à l’Église et à la volonté du Seigneur : c’est le Menu Maxi Best Of ! Les praticiens créent une "religion bis". Pour s’en sortir, il conseille d’abord d’arrêter, de se confesser, et, si besoin, de recevoir une prière de délivrance auprès d’un prêtre."










