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Autriche : les religieuses “rebelles” peuvent rester au couvent, sous conditions

Soeur Rita, soeur Bernadette et soeur Regina dans leur couvent de Goldenstein.

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Cécile Séveirac - avec AFP - publié le 01/12/25
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Trois religieuses octogénaires, médiatisées après avoir quitté leur maison de retraite pour regagner leur ancien couvent de Goldenstein près de Salzbourg, sont désormais officiellement autorisées à y résider. Cette décision, annoncée vendredi 28 novembre par les autorités ecclésiastiques autrichiennes, s’accompagne de conditions comme le retrait des sœurs des réseaux sociaux.

Leur histoire avait amusé le monde entier : en septembre, trois religieuses avaient fugué de leur maison de retraite pour regagner leur ancien couvent de Salzbourg (Autriche). Elles sont officiellement autorisées à y rester, ont annoncé vendredi 28 novembre les autorités ecclésiastiques.

"La solution élaborée leur offre la possibilité de vivre au monastère et de mener leur vie spirituelle jusqu'à nouvel ordre", a déclaré dans un communiqué leur supérieur, le prévôt Markus Grasl. Dernières sœurs du couvent de Goldenstein qui abritait depuis 1877 à la fois une communauté religieuse et une école privée pour jeunes filles, les sœurs Rita (82 ans), Regina (86 ans) et Bernadette (88 ans) affirment qu'elles ont été contraintes de quitter leur lieu de vie.

En 2022, l’archidiocèse de Salzbourg et l’abbaye de Reichersberg avaient repris la gestion du site. Les trois religieuses avaient obtenu un droit de résidence à vie, à condition que leur santé le permette, avant d'être finalement transférées dans une maison de retraite catholique.

Le château de Goldenstein à Elsbethen - près de Salzbourg (centre) -, qui abrite le couvent, va être partiellement réhabilité et les dons qu'elles ont reçus de toute part seront reversés à une association. Cependant, cette proposition de leur hiérarchie, qui avait dénoncé une violation des vœux d'obéissance, s'accompagne de conditions non négociables. Une place leur sera réservée dans une maison de retraite proche, qu'elles devront rejoindre sans rechigner si leur état de santé se dégrade trop "et ne peut être pris en charge" correctement au couvent.

Refus des religieuses

Elles devront aussi mettre fin à leur activité sur les réseaux sociaux, où les vidéos publiées fréquemment par leurs soutiens sont regardées par des dizaines de milliers de personnes. Le compte Instagram des sœurs est suivi par plus de 180.000 abonnés. "C'est une proposition unilatérale" qui "n'a pas été discutée avec les sœurs" ou "ceux qui les aident", ont indiqué leurs soutiens dans un communiqué publié vendredi soir, la décrivant comme une nouvelle tentative de la hiérarchie ecclésiastique "d'embobiner" les religieuses.

"Les trois sœurs ont unanimement décidé, pour des raisons légales, de ne pas signer cet accord", a indiqué la porte-parole des religieuses, Christina Wirtenberger, citée par l'agence de presse autrichienne APA. Les religieuses et leurs soutiens affirment avoir été transférées dans une maison de retraite sans leur consentement, et pointent des irrégularités financières empêchant les sœurs d'avoir accès à leurs propres comptes.

Sur les réseaux, une majorité d'utilisateurs se sont émus de leur situation, leur apportant du soutien et des dons pour permettre aux religieuses de vivre confortablement dans leur couvent. Mais leur notoriété n'a pas fait qu'une bonne publicité à l'Eglise autrichienne, qui rappelle par ailleurs le vœu d'obéissance formulé par les religieuses lors de leur profession. La région a, par exemple, réclamé au prévôt, selon le groupe audiovisuel ORF, le remboursement de l'aide sociale qu'il aurait reçu au profit des trois religieuses, soit 64.000 euros. "Dieu nous invite à être miséricordieux", écrit M. Grasl à la fin de son communiqué. "Au regard de certaines actions des sœurs et des rumeurs médiatiques diffusées à mon sujet, cette maxime de vie chrétienne me guide."

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