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Ce lien particulier qui unit ce village de Palestine à Charles de Foucauld

Chapelle du centre Charles de Foucauld de Taybeh.

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Cécile Séveirac - publié le 30/11/25
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À Taybeh, l'hospitalité n'est plus à prouver. Déjà connu pour avoir accueilli le Christ peu avant sa Passion, le seul village entièrement chrétien de Palestine a aussi vu passer saint Charles de Foucauld, faisant du village un repère discret sur ses pas en Terre sainte.<br>

Taybeh, dernier village entièrement chrétien de Palestine, est connu pour ses qualités d'accueil et d'hospitalité. C’est sans doute cette réputation qui explique pourquoi le Christ lui-même, accompagné de ses disciples, s’y rendit après avoir ressuscité Lazare à Béthanie. Fuyant les Juifs désireux de l’arrêter, le Seigneur trouva refuge "dans la région proche du désert, dans une ville appelée Éphraïm", comme le rapporte l’Évangile selon Jean (Jn 11,54)

Avec l’arabisation progressive de la région, le nom Ephraïm s'est peu à peu transformé en الطيبة (al-Tayyiba / al-Taybeh), littéralement : "la bonne", "la vertueuse", ou "la généreuse". Une tradition répandue attribue ce nouveau nom à Saladin qui, en 1187, aurait rebaptisé le village en signe de gratitude envers les habitants chrétiens pour leur accueil et leur fidélité lors de la reconquête de la région aux dépens des Croisés.

Mais un autre personnage d'importance a bénéficié de l'hospitalité de Taybeh : saint Charles de Foucauld. Bien qu’il soit avéré que l’ermite français y ait séjourné, les sources divergent quant au nombre exact de ses visites. Selon le père Bashar, prêtre de la paroisse latine de Taybeh, il aurait demeuré trois fois à Taybeh, en 1889, 1898 et 1900. Sa première venue correspond à son pèlerinage en Terre sainte. Dix ans plus tard, il y retourna pour y consacrer huit jours à la prière et à la méditation, période spirituelle qui donna naissance à ses écrits intitulés "Huit jours à Éphrem". Cette retraite, rédigée sur une dizaine de pages, porte le titre précis : "Huit jours à Éphrem, retraite de 1898, du lundi après le 3e dimanche de Carême au lundi après le 4e dimanche de Carême" (soit du 14 au 21 mars 1898).

Un centre spirituel

Cependant, selon plusieurs écrits biographiques, Charles de Foucauld ne se serait pas physiquement rendu à Éphrem même pour faire cette retraite : "René Bazin suppose que, méditant dans sa cellule ou dans la chapelle de Sainte-Claire, à Nazareth, il se transportait simplement en esprit à Ephrem. L'idée de cette retraite est de vivre avec le Christ, en compagnie de la Vierge, des apôtres et de Marie-Madeleine, les huit jours que Notre-Seigneur aurait passés à Éphrem avant d'aller en Galilée et, de là, au Calvaire", précise ainsi un article paru en 1925 dans la Revue des sciences religieuses, qui cite la biographie de René Bazin consacrée à Charles de Foucauld.

Chapelle du centre Charles de Foucauld de Taybeh.

En 1962, 84 missionnaires en retraite au sein de la paroisse latin de Taybeh encouragèrent les prêtres à rénover la chambre où St Charles de Foucauld aurait séjourné. Les pèlerins ont continué d'affluer et pour les accueillir, les chevaliers de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ont inauguré en 1986 le centre de pèlerinage Charles-de-Foucauld, animé par les sœurs de la Sainte Croix de Jérusalem. Rénové en 2014, il abrite deux petites chapelles, une salle de rencontre ainsi qu'une dizaine de chambres.

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