"Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel …", c’est ainsi que commence la lettre de Mgr Ulrich adressée aux catholiques de son diocèse pour l’entrée dans l’Avent, invitant les lecteurs à chercher la volonté du Seigneur ensemble, en communauté. Pour cela, l'archevêque de Paris revient sur les deux projets qui vont animer le diocèse de Paris dans les années à venir, la "Prospective Paroisses Paris 2035", et le prochain concile provincial au sujet des catéchumènes et néophytes des diocèses d’Île-de-France courant 2027.
Moins de prêtres mais plus de catéchumènes à Paris
Mgr Ulrich soulève ainsi que parmi les inquiétudes de l’Église de Paris, se trouve la diminution importante et régulière de la population parisienne, - environ 150.000 habitants en moins en dix ans — mais aussi la forte diminution de la pratique chrétienne régulière à Paris comme dans le reste de la France. Le groupe d'études "Prospective Paroisses Paris 2035", qui réunit des prêtres et des laïcs pour réfléchir et lancer des initiatives, a évalué que le diocèse de Paris allait perdre quatre prêtres par an dans les prochaines années. L'archevêque invite donc les paroisses et les fidèles à être force de propositions, posant ce constat : "Il s’agit de rendre plus visible notre Église, certes devenue minoritaire et désormais mélangée dans une société pluraliste, multiethnique et pluriculturelle. (...) Il s’agit de ne pas être décontenancés par une situation nouvelle, parfois difficile à comprendre, mais de devenir plus réactifs dans le dialogue avec les autres".
Un vide spirituel nommé
Mgr Ulrich revient également sur la récente hausse des demandes de baptême, de confirmation et de première eucharistie par des adultes. "Aujourd’hui des centaines, jusqu’à un millier de baptisés adolescents et adultes dans le diocèse de Paris, auquel s’ajoute un autre millier d’adultes confirmés en 2025". Il explique cette tendance par "le vide spirituel", créé par le monde matérialiste et consumériste, une vie "sans goût", d’après les nombreux témoignages qu’il reçoit. "Cette demande spirituelle de nombreux adultes, parmi les plus jeunes mais aussi des moins jeunes intrigués par ce mouvement, est un événement qu’il faut regarder émerveillés, qu’il faut sonder ensemble", ajoute-t-il réitérant l’annonce d’un concile provincial d’Île-de-France sur ce sujet de mai à octobre 2027.
En plus de ses réflexions plus spirituelles sur l’importance de mettre Dieu au centre de sa vie, et dans son quotidien, et de le rendre accessible au plus grand nombre, l'archevêque de Paris exprime sa joie liée à la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Il insiste sur le fait de la laisser ouverte, gratuite, vivante et disponible à la prière sans en faire un musée, pour les 12 millions de visiteurs comptabilisés en 2025. Il en est sûr, “Notre-Dame est, en notre monde, un de ces lieux privilégiés pour la rencontre avec le Seigneur vivant”. Et de citer un analyste rencontré il y a quelques jours avec d'autres évêques , au sujet de l’Église de France, si celle-ci est en "perte d’influence" pour parler comme le monde, "dans le même temps, c’est incontestable, il y a, en elle, quelque chose de vibrant, de vivant, quelque chose qui la renouvelle".









